‹ La vie et les œuvres de Jean Jacques RousseauChapitre 20 sur 184 · Lettre à M^e de Graffenried (hiver de · texte numérisé non relu

Lettre à M^e de Graffenried (hiver de

est des plus soumises, quoique passablement étudiée et déclamatoire. « Quels que soient, dit-il, les justes sujets de haine que vaus devez avoir contre moi , le titre de fils mallieureux et repentant les efface... Les infortunes qui m'accablent depuis longtemps n'expient que trop les fautes dont je me sens coupable ; et s'il est vrai qu'elles sont énormes, la pénitence les surpasse encore. » Enfin, pour en venir au fait, il est à Neuchâtel ; il y a d'abord prospéré , a eu quelques écoliers ; est parvenu , à force d'économies, à acquitter des dettes qu'il avait laissées. à Lausanne. Mais ayant eu l'imprudence de faire une absence, il a eu toute sorte d'aventures malheureuses , qu'il ne raconte pas , et à son retour, n'a plus retrouvé ses élèves ; de sorte qu'il s'est vu forcé de contracter de nouveaux emprunts, et se trouve placé entre la misère et le déshonneur. Comme conclusion, il assure son père que ses connaissances en musique le mettent à même de se suffire à luimême ; qu'il ne lui manque pour cela que les moyens de sortir honorablement de l'impasse où il s'est témérairement engagé ^ Nous ignorons le résultat de cette lettre ; nous sommes tenté de croire que Jean-Jacques en fut pour ses phrases ; son père en effet ne l'avait pas habitué à compter sur sa générosité.

Il aurait fini peut-être par mener à Neuchâtel une existence assez douce , si une nouvelle étourderie et son humeur voyageuse ne l'en avaient éloigné. Un jour donc qu'il faisait une de ces longues promenades qui lui plaisaient tant, il rencontra dans une auberge un homme à grande barbe et à l'air assez

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