CHAPITRE VUI
Du mois de mai 1743 à la fin de 1744 ^
Sommaire : I. Départ pour Venise. — Le lazaret de Gênes. — Rousseau exerça-t-il les fonctions de secrétaire d'ambassade? — Manière dont i! s'acquitta de ces fonctions. — Ses premières difficultés avec Montaigu. — Rousseau quitte l'ambassadeur.
II. L'affaire de Rousseau avec Montaigu est portée au ministère à Paris. — Vie privée de Rousseau à Venise, — Son retour à Paris. — Sympathie universelle qui l'accompagne à Paris. — Inutilité de ses efforts pour obtenir justice. — Intimité de Rousseau et d'Altuna.
Jean-Jacques regrette que la guerre, l'état de sa bourse, l'impatience de l'ambassadeur l'aient privé du bonheur d'aller par Chambéry, pour embrasser en passant sa pauvre maman. Ses regrets sont ici de trop : il y alla en effet et le voyage de Chambéry figure sur la note de frais qu'il présenta plus tard à Montaigu ^ Il est difficile d'admettre que cette erreur soit involontaire et que cette visite si désirée, dit-il, n'ait pas laissé dans son cœur un souvenir plus profond. Les Cofifessions ne seraientelles donc en définitive qu'un roman plus ou moins historique, dans lequel Fauteur se serait préoccupé de littérature beaucoup plus que de vérité ?