‹ La vie et les œuvres de Jean Jacques RousseauChapitre 85 sur 184 · Discours, Préambule. — 2. Id., Préambule · texte numérisé non relu

Discours, Préambule. — 2. Id., Préambule

doute, on pourrait rejeter simplement les résultats auxquels il est arrivé comme non prouvés ; mais son système a eu un tel retentissement qu'il n'est pas inutile d'en considérer les détails.

Toute l'école spiritualiste regarde la distinction du bien et du mal, les notions de justice, de devoir, de vertu comme des idées fondamentales et primitives. Elle voit dans ces principes les suprêmes régulateurs et les juges en dernier ressort de nos actions, et aussitôt que deux hommes sont réunis, elle en fait la base des relations qui les unissent. De là les rapports d'époux, de père et d'enfants, de frères, d'amis ; de là tous les liens sociaux. Rousseau, qui n'a jamais été matérialiste; Rousseau, qui a dit ces belles paroles : « Ce qui est bien et conforme à l'ordre est tel par la nature des choses et indépendamment des conventions humaines : toute justice vient de Dieu; lui seul en est la source ^ ; » Rousseau qui prodigue sur tous lestons et en toute occasion les mots de vertu, de morale, de conscience ; Rousseau, dans son Discoiii's sur l'Inégalité, s'est inspiré de tout autres maximes. La justice, loin de s'y montrer la cause des causes, n'est plus qu'un effet éloigné, auquel on arrive à travers mille détours et mille expériences. L'homme et la société s'en sont passés longtemps ; ils auraient mieux fait de s'en passer toujours.

« Dans le principe, dit Rousseau, les hommes n'ayant entre eux aucune sorte de relations morales ni de devoirs connus, ne pouvaient être ni bons, ni méchants, et n'avaient ni vices, ni vertus; à moins que, prenant ces mots dans un sens physique.

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