PREMIERE PÉRIODE
ANNÉES d'enfance ET DE JEUNESSE
(eisenach et ohrdruf. IfiSd-lTOO)
Nous avons vu dans les Prcïlminrn'rrs que Jean- Ambroise Bach vint s'établir, en 1071, comme musicien de ville et de cour à Eisenach, petite ville thuringieiine, dont la physionomie n'a guère chaigé depuis 150 ans. Sa vieille église est toujours debout; les tilleuls séculaires lui apportent encore l'ombre de leur feuillage, et en face, sur la colline qui domine la ville, on aperçoit la fameuse Wartburg, cette forteresse des orgueilleux landgraves, jadis témoin de la célèbre lutte du Tannhaeiiser.
Le 8 avril IGHS, Joan-Ambroise avait épousé Elisabeth Laemmerliirt, dont il eut huit enfants : deux filles et six fils. Jean-Sébastien fut le dernier de ces huit enfants. Cet admirnble artiste, auquel, selon
l'heureuse expression de Schumann, « la musique doit autant qu'une religion à son fondateur, » l'un des plus grands musiciens, sinon le plus grand, qu'ait produit l'Allemagne, vit le jour à Eisenach, le 21 mars I680. Il n'avait pas plus de neuf ans lorsque, le 3 mai IGOi, il perdit sa mère, et le 27 novembre suivant son père convolait en secondes noces avec Barbara-Margaretha Bartholomaï, veuve (l'u.i oiacre d'Arnstadt. Pour excuser la précipitation de ce second mariage, M. Spilta' dit qu'il ne faut pas considérer cette hâte comme de l'indifleronce d'Amhroise Bach pour sa première femme, mais comme une nécessité provoquée par l'éducation de ses huit enfants. Il est difficile d'accepter cette explication, attendu qu'en 1694, six au moins des enfants étaient déjà ou élevés, ou en état de se suPIre à eux-mêmes. Quoi qu'il en soit, cette union ne fut pas de longue durée, car le 31 janvier 1696; Ambroise cessait de vivre et laissait orphelirt' son jeune fils Sébastien, qui avait encore besoin de son appui et de ses leçons. A la suite de ce funeste événement la famille se dispersa, et Sébastien fut confié aux soins de son fi^ère aîné Jean-Christophe, organiste à Ohrdruf, de quatorze ans plus âgé que lui. Il avait commencé l'élude du violon avec son père et reçut sans doute aussi des leçons de clavecin de son oncle Jean-Christophe, l^ grand artiste, oï'-