Ankitwuj zur Musik-Gc/a/irt/ieit, p
VIE ET ŒUVRES DE J.-S. UACII o'J
œuvres de Jean -Sébastien Bach, et surtout se?» fugues pendant son installation à Arnstadt, la part qui revient à ces deux maîtres dans ses conceptions est évidente ; on y retrouve même plusieurs de leurs formules.
Il.y avait peu de jours que Bach était revenu à Arnstadt lorsque, le 21 février, il reçut une invitation à comparaître devant le consistoire. Dhabitude on n'exigeait pas des fonctionnaires une stricte exactitude dans l'accomplissement de leurs devoirs; mais faire durer seize semaines un congé qui n'en permettait que quatre, c'était dépasser toute mesure, et cette infraction à la discipline aurait lassé la patience du plus indulgent des hommes. A côté de cela, l'autorité ecclésiastique n'était pas satisfaite des services de Bach et avait sujet de ne point l'être, car si aujourd'hui nous le trouvons excusable d'avoir considéré son art comme le but essentiel, unique de sa vie, si nous tenons pour secondaire son application au service de l'église, ses chefs hiérarchiques ne pouvaient, par égard pour une génialité encore dans les limbes, lui permettre de manquer au respect qu'il devait à la communauté. De plus, Sébastien, en accompagnant les offices à l'orgue, agrémentait la mélodie d'arabesques qui changeaient tellement le chant habituel que les fidèles ne savaient plus où ils en étaient.
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fl détonnaient abominablement. Ajoutons encore que ses façons despotiques et son caractère emporte l'avaient brouillé avec les écoliers auxquels il ne donnait plus de leçons de chant, ce qui était cause que Ion n'exécutait [)lus de chœurs dans l'église. Nous possédons de cette époque déjà lointaine un intéressant morceau qui peut jeter une vive lumière sur la manière dont Bach accompagnait les chorals : c'est la cantate \ Wer nun den lleben Gott lussl wallen, dans laquelle il a prodigué les agréments et les ornements, et que l'on reconnaît sur-le-champ comme ayant été écrite pendant les années passées à Arnstadt, car le style de Boehm perce, pour ainsi dire, dans chaque phrase, et la pédale y est peu employée. Cette manière d'accompagner ayant déplu aux anciens de l'église, le surintendant Olearius lui signifia d'abréger ses improvisations et de modérer ses arabesques. Il tomba aussitôt dans l'excès contraire, et avec si peu de ménagements que l'on crut à une préméditation ; ce n'était pourtant qu'un excès de susceptibilité, un trait d'amourpropre froissé et un signe caractéristique du tempérament des Bach.
Il est certain qu'en négligeant l'instruction des choristes, il répondait mal à la confiance placée en lui ; mais il était difficile à un maître de vingt ans
1. Voyez Appendice II, 22o auuée, t. X des Cantates rcliijicuscs.
à peine d'inspirer beaucoup de respect à des écoliers presque du même âge. Treiber, l'ancien recteur, les avait gouvernés avec fermeté, mais Gottfried Oiearius, son successeur, manquait d'énergie et laissait les élèves faireàjDeu près ce qu'ils voulaient. On en a la preuve dans un rapport du conseil communal au consistoire, en date du 16 avril 1706, qui formule en ces termes ses griefs contre les écoliers :
« Ils n'ont aucune crainte de leurs maîtres; ils se chamaillent en leur présence et les traitent d'une façon scandaleuse. Ils portent la rapière, non seulement dans les rues, mais encore dans l'école; ils jouent à la balle pendant le service divin et les heures d'étude ; enfin ils n'ont pas honte de fi'équentcr des lieux inconvenants et suspects. »
L'escapade de Bach lit comprendre au consistoire qu'il était temps d'intervenir ; mais au lieu de se montrer sévère, les membres de cette assemblée usèrent d'indulgence lorsqu'il comparut devant eux. Les protocoles de ces séances ont été conservés et offrent assez d'intérêt historique jiuur être reproduits ici.
« Actu77î des 21 Febv. 1706.
» L'organiste de l'église neuve, Bach, est inter-
1. Uh'worm-Bciti'aye zur Geschich/.e des Gijinnasiuin zii Arnstadt, 111° parLie. — Voyez aussi Spitta, ouvrage cité, t. 1, p. 309.
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rogé. On lui demande où il a demeuré si longtemps et qui Fa autorisé à agir ainsi,
ILLE
» Il est resté à Lûbeck pour apprendre ce que d'autres ont fait dans l'art qu'il professe, et en a demandé la permission au surintendant.
DOMINUS SUPERINTEiNDENS.
» Il n'avait demandé qu'un congé de quatre semaines, et son absence a duré quatre fois plus longtemps,
ILLE
» Il pense (jue son suppléant n'a pas manqué de jouer l'orgue aux oflices et qu'aucune plainte ne s'est élevée contre lui.
NOS
» On lui reproche d'avoir fait trop de variai ions dans les chorals, d'y avoir mêlé beaucoup de sons étrangers, ce qui a considérablement troublé {confuadlrcl) la communauté. A l'avenir, il voudra bien s'abstenir d'introduire un tonum percgriinwi^ et ne pas passer trop vite à une autre mélodie, ou, comme il l'a fait jusqu'ici, jouer dans un tonum contrarium-. On trouve étrange aussi que depuis longtemps il n'ait rien musique {muslciret) et qu'il ne se