ïou qui présupi)ose une autre barmouie
VIE ET ŒUVRES DE J.-S. BACH Cî
comporte pas bien avec les écoliers. Il doit déclarer s'il veut joLier tant figurai que choral (sic). S'il refuse de le faire, qu'il le dise caletjorlce^ afin que l'on prenne des mesures en conséquence.
ILLE
» Qu'on lui donne un Dlrector convenable et il jouera.
RESOLVITUR.
» On lui accorde huit jours poui' s'expliquer.
» Eodem. — Comparaît l'écolier Rambach (préfet du chœur) auquel on reproche également les désordres (sic) qui se sont passés jusqu'à ce jour dans l'église neuve entre les écoliers et l'organiste, leur professeur.
ILLE
» Selon lui, l'organiste Bach a joué d'abord trop longtemps, et après que le surintendant lui en a fait l'observation, il est tombé dans un autre exlrenium (sic) en jouant trop peu.
.\os.
» On lui reproche de s'être introduit dans la cave au vin pendant le sermon du dimanche précédent.
ILLE
» Il en est repentant et ne le fera plus; dli rdâté.
messieurs les ecclésiastiques l'en ont sévèrement puni. Quant à l'organiste, il n'a rien à lui reprocher, puisque c'est le jeune Schmidt qui dirige le chœur, et non pas lui.
NOS
» A l'avenir s'il ne se conduit pas mieux, on lui retirera tous les avantages qu'on lui a concédés. S'il a à se plaindre de l'organiste, qu'il s'adresse à qui de droit et ne se donne pas raison à lui-même. Il promet que désormais on sera content de lui. Le consistoire enjoint à l'huissier de la chancellerie de mettre quatre jours de suite Rambach en carcer (sic) pendant deux heures. »
Bach répondit aux observations faites sur sa manière de jouer et l'on reconnut que, dans son différend avec les écoliers, les torts étaient égaux des deux côtés. On pensa que la situation changerait avec le temps et on laissa passer les huit jours accordés pour qu'il s'expliquât, dans l'espoir qu'il se réconcilierait avec les choristes. Mais les choses demeurèrent In statu quo, et Bach, quitrouvait insupportables les grossièretés et les tracasseries de ses élèves, ne fît pas la moindre démarche pour regagner leurs bonnes grâces.
Les huit jours se prolongèrent Aï«'^ mois sans que le désir exprimé par le consistoire touchant le chœur des écoliers se fût réalisé. On jugea qu'un second interrogatoire était nécessaire. En voici le protocole :
« Acfum des 11 novemb. 170ij.
» On rappelle à l'organiste Bach qu'il doit déclarer, ainsi qu'on le lui a ordonné, s'il veut musiquer fmiisicirenj, oui ou non, avec les écoliers. Puisqu'il ne voit point d'inconvénient à être dans l'église et à toucher son traitement, il n'en doit pas ti'ouver davantage à musiquer avec les écoliers, tant qu'il n'en sera pas autrement décirlé. Il sait parfaitement qu'il faut exercer les élèves si l'on veut faire de la meilleure musique.
ILLE
» Il s'expliquera par écrit sur ce sujet.
NOS
)) On lui représente encore que, dernièrement, i fait entrer dan gère qui a chanté.
il a fait entrer dans le chœur de l'église une étran
ILLE
» Il en avait parlé au magister Uthe. » Ecrivit-il sa déclaration ? On peut le supposer, car le consistoire n'aurait pu décemment laisser l'afTaire en suspens. On ne possède malheureusement plus cette pièce dans laquelle il a expliqué les motifs de son conflit avec les écoliers. Il s'y plaignait de leur inexactitude, de leur paresse, de leur insolence et de leur peu de capacité pour la musique, ce qui réduisait à néant tous ses efforts. Il semble que déjà i
ait cherché à quitter Arnstadt et à se créer d'autres relations, non pour se procurer de plus grands avantages matériels, car il était satisfait de sa position, mais pour avancer dans son art.
On vient de voir que le protocole parle d'une « étrangère » que Bach aurait fait chanter dans l'église neuve. Bien certainement il ne se serait pas permis un acte aussi insolite sans en demander d'abord la permission au magister Uthe, pasteur de l'église. Il n'est pas admissible non plus que la chanteuse se soit fait entendre pendant l'office divip, car la tentative d'introduire des voix de femmes dans le sanctuaire ne pouvait alors réussir. Ce ne fut qu'après l'admission dans les cantates religieuses de nouvelles formes résultant de l'opéra italien que l'on put abroger la prescription de saint Paul : Taceat mul'ier in ecclesia. Donc, sans chercher si Bach se serait prêté à ime telle innovation *, que Uthe n'aurait certainement pas autorisée, il ne peut être question ici que d'une séance toute privée dans l'église. Si, ftiaiiltenant, l'on demande quelle fut cette chanteuse-, on peut répondre à cette question d'une façon, sinon catégorique, du moins satisfaisante.
Une cantatrice de l'opéra de Brunswick, ou de Woifenbuttcl, n'aurait pu venir à Arnstadt sans la
1. Ou attribue cette inuovatioii à Mattliesou, ou plutôt il ce l'attribue.