‹ La vie et les œuvres de Jean-Sébastien BachChapitre 29 sur 122 · VII-: HT iiH:r viîKs n .i.s. isach se · texte numérisé non relu

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plaisir qu'éprouvait le duc à l'entendre jouer, dit le Nécrologe S le stimulait et il faisait tout ce qui dépendait de lui pour traiter le plus artistiquement possible la musique religieuse. C'est à Weimar qu'il a composé la majeure partie de ses morceaux d'orgue. »

En 1716, Mattheson écrivait- : «J'ai vu du célèbre organiste de Weimar, M. Jean-Sébastien Bach, des pièces pour l'orgue et pour le clavecin écrites de telle sorte qu'il faut grandement estimer l'homme. » C'est alors que Mattheson s'adressa à Bach, pour lui demander des détails auto-biographiques à insérer dans son Ehrenpforte (Portes de l'honneur), qui ne parut que vingt-quatre ans plus tard, mais dont il avait déjà conçu le plan.

Dans l'emploi des pédales, Bach avait acquis une sûreté, une hardiesse et une dextérité inconnues jusqu'à lui. Il possédait de si vastes connaissances techniques dans la facture des orgues qu'il passait pour le juge le plus compétent en cette matière. Personne ne savait comme lui combiner les registres et en tirer do plus beaux effets. On n'a pas oublié qu'il avait promis de surveiller la réparation de l'orgue de Miihlhausen; il tint parole et s'y rendit souvent. Ces travaux furent terminés en 1709. Lors de la réception de l'instrument, il fit entendre son

1. Cf. Mizior, {or. cil., p. IG.J. Cf. aussi Forkel, ouvr. cité, p. (î.

2. Dan heschi'itztp Orrliester. Hambourg, 1717, p. 222, uoto.

choral : Ein feste Burg ist unser Gott (notre Dieu est un rempart), qu'il avait composé pour la fête de la Réformation et il le développa dans tout son éclat.

^ Préciser les morceaux composés par Bach pendant la période que j'appellerai W eimar lenn e, 'r.o'ii en cantates religieuses, soit en musique de chambre, n'est pas chose facile, car les traces d'origine font défaut; on peut cependant citer ses compositions d'orgue et de clavecin, ce que nous allons essayer en suivant les indications de M. Spitta, qui a fait des œuvres de Bach une étude aussi approfondie que

consciencieuse.

Les productions qui ouvrent la marche sont trois préludes en î// majeur, en /a mineur et en i/i majeur. Le premier doit remonter à 1708 pour le moins; on y trouve une sorte de développement thématique dont l'objet essentiel a été sans doute de donner un libre cours au torrent de musique qui débordait de l'ùme du jeune auteur. Le deuxième est écrit avec plus de clarté et de circonspection; ces qualités se dégagent de la matière thématique dont chaque partie constituante marche en inversions ingénieuses et en parfaite harmonie à travers toutes les voix. Vient ensuite une fantasia en ut majeur pour le clavecin qui vise à donner de l'indépendance et de la vélocité aux doigts. Elle est suivie de huit petits préludes et fugues, mais on ne comprend pas trop pourquoi on les a classés parmi les premiers travaux de Bach,

car leur facture porte la marque d'une maturité déjà avancée. On devine cependant qu'ils ont été écrits à un moment où leur auteur n'était pas encore entièrement affranchi de l'influence d'autres maîtres ; on y reconnaît l'action des concertos de violon de Vivaldi, que précisément alors Bach transcrivait pour l'orgue et le clavecin. Il faut citer ensuite une fugue en sol mineur admirablement développée, puis un prélude et une fugue en ml mineur, qui portent le cachet de mélancolie sublime par lequel se distinguent la plupart des productions de Jean- Sébastien Bach.

La culture de la musique instrumentale, dite de chambre, fut d'autant plus active à la cour de Weimar, entre 1708 et 1715, qu'un neveu du duc, le prince Jean-Ernest, montrait de grandes dispositions pour le violon et la composition qu'il étudiait avec Walther. Il avait eu pour professeur de violon son valet de chambre Eilenstein, et il est probable que les conseils de Bach l'aidèrent aussi à développer son talent. La passion du jeune prince pour la musique était si forte que, pendant ses moments de souffrance, trop fréquents, hélas ! il voulait que Walther passât la nuit auprès de lui pour faire de l'art ou en causer. Les leçons de ce maître portèrent de bons fruits, car le prince a composé dix-neuf morceaux de musique instrumentale, entre autres six concertos de violon que Telemann a gravés et édités en 1715, année de la mort de ce jeune homme,

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qui expira le 1" août à Francfort-?iir-Mein, dans sa dix-neuvième année. Mattheson ^ a dit à ce sujet : '< Le célèbre M. Telemann a fait graver et publier autrefois six concertos qui ont été conriposés par feu le prince Ernest do Saxc-Weimar et écrits de sa main. Le cinquième, en ml majeur, est un des plus beaux. On ne rencontre pas tous les jours des princes capables de composer et d'écrire de semblable musique , et c'est heureux pour les artistes. »

La prédilection que Ton témoignait alors aux concertos de violon des maîtres italiens se comprend aisément, car c'est à eux que l'on doit les meilleures productions en ce genre. Pour complaire au prince, les musiciens de son entourage durent s'y intéresser, et dès lors il semble naturel que Bach et Waltherse soient appliqués à transcrire pour l'orgue et le clavecin les concertos de violon italiens. Walther *^ translata pour l'orgue eeux d'Albinoni, de Manzia, de Gentili, de Torelli, de Taglietli, de Gregori et de quelques Allemands : treize en tout. Bach arrangea seize concertos de violon de Vivaldi pour le clavecin et trois pour l'orgue.

Si nous en croyons Forkel (loc. cit.), ce ne serait pas seulement pour plaire au duc de Weimar que , Bach aurait entrepris cette transformation des concertos de Vivaldi. Ses premiers essais en composi-

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