LES ANCÊTRES ET LA FAMILLE
On ne se ferait qu'une idée imparfaite du caractère et du génie de Jean-Sébastien Bach, si l'on ne connaissait aussi ses ascendants, car, en lui se résume toute sa race avec ses qualités et aussi ses défauts. Sébastien est le pivot, le point central vers lequel ont convergé les rayons émanés de ses ancêtres; il les a tous absorbés et éclipsés dans son éblouissante rotation. Il semble avoir épuisé la sève de la descendance des Bach, car, après lui, ses fils, malgré leur incontestable valeur, n'ont plus jeté que de pâles lueurs qui se sont affaiblies insensiblement pour s'éteindre avec sa deuxième génération.
Cette famille, illustre dans l'histoire de la mu-
sique, est originaire de la Thuringe, où, déjà au XVI'' siècle, le nom de Bach était largement répandu. Pendant près de deux cents ans, elle a donné naissance à une suite non interrompue d'artistes de mérite, et l'on ne connaît pas un second exemple d'une telle accumulation de facultés musicales dans une seule souche. L'attachement de tous ses membres pour leur patrie thuringienne fut si grand, qu'une seule branche s'en détacha pour aller s'établir en Franconie. Durant une longue série d'années, Eisenach, Arnstudt, Erfurt et lieux circonvoisins n'eurent que des Bach pour canlors, organistes et musiciens de ville fStadtpfeifer, Kunsipfeifer).
En Allemagne, depuis le xv^ siècle environ, on appelait musiciens de ville des aiHistes privilégiés appartenant à une sorte de confrérie et placés sous la direction d'un chef. Ils devaient faire la musique requise dans tou es les occasions municipales ofticielles. On donnait autrefois le nom de canlor au chantre d'une église. Dans les basiliques où l'on entretenait un chœur, le chef ou directeur de ce chœur recevait le titre de canior, particulièrement lorsque, à cette église, étaient rattachés une école et un pensionnat destinés à former des choristes comme dans celle de Saint-Thomas à Leip/.ig. Les maîtrises en France avaient une certaine analogie avec ces pensionnats; c'est pourquoi la position de maître de chapelle français ressemblait en quelque sorte à celle du cantor allemand.
VIE ET ŒUVRES DE J.-S. BACll {
Oii comprend sans peine que cette concentration de toute une race dans un périmètre peu élendu, a dû produire entre ses membres un vigoureux sentiment fàmil al.
Non seulement ils trouvèrent dans leur cercle tous les éléments d'éducation et de perfectionnement, mais encore ils se marièrent ti'ès fréquemment entre eux. Ils suivirent ponctuellement leur tradition de se réunir tous les ans à jour fixe dans une des villes de la Thuringe, afin de conserver et de renforcer le lien patriarcal ; ils nommaient ces jours-là Fainilientage, c'est-à-dire, jours réservés à la famille. Cet usage se perpétua jusqu'au milieu du xviii'^ siècle, et Ch.-Ph. -Emmanuel se souvenait d'avoir assisté, dans son enfance, à plusieurs de ces assemblées. Le but de ces agapes fraternelles était de raviver l'homogéii i é de la parenté, d'échanger leurs idées sur différents sujets les intéressant, et de passer quelques heures agréables à faire de lamusi(jue. Ils commençaient par un choi-al ou un hymne religieux, puis ils passaient à des improv sations sur des chansons populaires qu'ils variaient à quatre, cinq et six parties et auxquelles ils donnaient le nom de quodllbets ou quolibets. La finesse de ces plaisanteries musicales consistait dans la juxtaposition de différentes mélodies hété ogènes, soit par leur caractère, soit par leur texte. Jean-Sébastien en a donné un délicieux spécimen dans la dernière de ses trente variations sur un air en sol majeur, dont il sera question plus loin.
i Vie et œuvres De j.-s. bach
Pour apprécier dignement les qualités qui distinguaient la race des Bach, il faut savoir que les ancêtres vécurent pendant la malheureuse époque de la guerre de Trente ans, au milieu du bouleversement général de l'Allemagne, au milieu de i'indifférentisme moral et de l'abaissement intellectuel qui caractérisa cette période funeste aux Saxons et aux Thuringiens, alors que Ferdinand II, l'élève des Jésuites, confisquait les biens des réformés, les tuait sans pitié, et chassait d'un seul coup trente mille familles dissidentes de la Bohême. Plus que toutes les autres classes du peuple, celle des musiciens s'était laissée aller au relâchement des mœurs et à l'abrutissement que le contact avec la soldatesque grossière et ses excès entraîne toujours après lui. Dans la seconde moitié du xvii" siècle, ceux qui, parmi les artistes, avaient conservé un reste de dignité personnelle et de sens moral, firent d'énergiques efforts pour ramener à leur corporation l'honneur et la considération. Dans ce but, les musiciens de ville de l'Allemagne du nord et du centre fondèrent, en 1633, une association destinée à relever la situation générale des artistes et lui donnèrent le titre de : « Collège de musique instrumentale des Cercles de la Haute et Basse Saxe et autres lieux qui s'y intéressent'. » Les statuts, que les membres de la Confrérie s'obligèrent à suivre à la lettre,
1. Instrumental- Musikalischen Collegium in dem Ober-und Nieder-sacfisischen Kreisc und anderer interet>sirter œrter.
vil- KT ŒUVRES DR J.-S. liACII :i
furent confirmés par l'empereur Ferdinand II et imprimés. Cependant, les Bach ne paraissent pas avoir fait partie de cette société; il est vrai qu'ils n'en avaient pas besoin, puisque chez eux la moralité et l'honnêteté ne firent jamais défaut. En outre, étant pour la plupart au service des églises et des écoles en qualité de Cantors et d'organistes, et représentant ainsi dans leur art une branche do la plus haute civiUsation du moment, ils ne ressemblaient probablement en rien à leurs confrères déchus, lesquels justifiaient trop bien la boutade d'un contemporain disant que « dans cent musiciens de ville, c'est à peine si l'on en trouverait un capable d'écrire dix mots sans faute * ». Les Bach occupèrent ces emplois pendant des générations consécutives, et l'on y était si bien accoutumé, qu'à Erfurt on appelait les musiciens de ville les Bach, longtemps après qu'ils eurent cessé d'y demeurer.
Nous avons une source précieuse qui confirme pleinement ce qui vient d'être dit du sentiment familial si vivace dans cette race : c'est sa généalogie commencée par Jean-Sébastien et 'erminée par son fils, Ch.-Ph. -Emmanuel. Elle contient les noms de cinquante-lrois membres mâles, avec leur origine, les dates de leur naissance et de leur mort, ainsi que les principaux événements de leur existence. Cette
1. Cf. Cothala, Dpr wohlgeplagle, V, p. 3. — Cf. aussi Mattheson, Neuei-offneten Orchester, p. 14 et 15.
Il VIF. ET ŒfVRKS i)r. J.,;<. IJACII
table généalogique entièrement écrite de la main d'Emmanuel, se trouve aujourd'hui d.,ns la bibliothèque royale de Berlin.
Je n'ai mentionné ici, comntie ancêtres et précurseurs de Jean-Sébastien, que ceux qui embrassèrent la carrière musicale. J'ai laissé de cùté les autres, de même que les filles, qui n'ont pas eu d'influence sur la vie et les travaux de notre héros '.
Les plus anciens documents généalogiques remontent au commencement du xvi" siècle et indiquent quatre branches distinctes. Nous ne nous occuperons que de la dernière, parce que c'est celle dont est descendu Jean-Sébastien. Cette branche vécut à Wechmar, petite localité de la Thuringe, non loin de Gotha.
Celui que l'on croit être la souche de la famille, c'est Hnns Bach, né vers 1506, à Graefenrode, village sjtué à deux milles d'Arnstadt. ]Hais le premier représentant de la branche à laquelle appartient Jean-Siîbastien fut, d'après les données mêmes de ce dernier :
Ve\t Bach, probablement fds du précédent, né à Wechmar, entre loaO et 1560. Ce nom de Ve'it pro-
1. Voyez cette généalogie à l'Appendice IV^ à la fin de ce volume.
vient de celui de saint Vitu?, patron de régli.«e de cette commune, qui répond en français à celui de Vaientin. Il exerçait, dit-3n, le- professions de boulanger et de meunier, et pour échapper aux persécutions religieuses de l'époque, il se rendit en Hongrie, en compagnie d'autres réformés. Mais la réaction catholique, sous l'empereur Rodolphe II, ayant donné la suprématie aux jésuites, Veit retourna à Wechmar, où il reprit son ancienne profession. « Son plus grand plaisir », dit son illustre rejeton, « était de jouer de la cithare [Cythrmgen), même pendant qwQ son moulin tournait. Il doit avoir eu beaucoup de talent sur cet instrument. C'est de lui, sans doute, que ses descendants tinrent leur amour pour la musique. » — Il mourut en 1619. Il eut beaucoup d'enfants, mais on ne connaît le nom que d'un de ses fils, qui s'appelait Hans.
Celui-ci naquit vers 1680 à Wechmar. Il pratiquait le métier de tisseur de tapis, auquel il renonça pour se faire musicien de ville, car, dans le registre paroissial de Wechmar, son nom est toujours accompagné de la qualification de spielmann (l'artiste, le musicien). On croit même qu'il fut attaché à la chapelle du duc de Gotha. Il passe pour avoir été un joyeux compère, plein d'esprit et dejoviilité. Ch.-Ph. -Emmanuel possédait son portrait, qui le représentait jouant du violon avec une cloche sur l'épaule et à ses pieds un écu portant un
s VIE ET tJEUVRKS Dli J.-S. BACH
bonnet de fou. Il voyagea continuellement en Thuringe pour faire de la musique et partout on l'aima. Hans mourut de la peste en 1626. De ses nombreux enfants, nous ne citerons que trois fils, Johannes, Christophe et Henri, qui furent d'habiles musiciens, les autres ne nous important pas.
Johannes, né en 1604, alla faire ses études musi cales à Suhl, chez le musicien de ville; après y avoir tenu temporairement l'orgue, il devint organiste de l'église de Schweinfurt. Au milieu des horreurs et des agitations de la guerre de Trente ans, il fut appelé en 1635, à Erfurt, comme musicien du conseil [Raths Musikanten) et y fonda une société musicale qui prospéra et qui fut encore en pleine vigueur sous ses fils. En 1647, les autorités de l'église paroissiale le choisirent pour organiste. Quelques compositions qu'il a laissées en manuscrit témoignent de son mérite. Johannes est l'ancêtre des Bach d'Erfurt,où il mourut en 1673. Il eut pour lils Jean Christian et Jean Egidius.
Christophe, second fds de Hans Bach deWechmar, né en 1613, fut l'aïeul de Jean-Sébastien. Après avoir occupé quelque temps un emploi musical à la cour de Weimar, puis à Prettin (Saxe), il s'établit à Erfurt, en 1642, comme membre de la musique du conseil. En 1634, il quitta cette ville pour Arnstadt où il devint musicien de ville et de cour [Stadt und Hof-Musikus) du comte de Schwarzbourg. Contrairement à son frère Henri qui ne porta son attention
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que sur la musique d'orgue, Christophe ne s'occupa que de musique mondaine {Kunsf-Pfeifert hum) . On manque de plus amples renseignements sur sa vie. Il eut pour fils George-Christophe, Jean-Christophe et Jean-Ambroise. Il mourut à Arnstadt, en 1661. Henri, troisième fils de Hans, naquit à Wechmar, en 1615. Dès son jeune âge il manifesta un goût des plus vifs pour l'orgue, et comme Wechmar n'en possédait point, il se rendait le dimanche dans une des localités voisines pour entendre résonner l'instrument qui le charmait. Son père commença son instruction musicale que continua son frère aîné Johannes. Le comte de Schwarzbourg-Arnstadt, enchanté du talent précoce de Henri, l'envoya se perfectionner en Italie et se chargea de tou? les frais de son déplacement. A son retour en 1641, il obtint la place d'organiste à Arnstadt, où il mourut en 1692, après avoir occupé ce poste pendant plus d'un demi-siècle. Avec lui commence la lignée des Bach d' Arnstadt. Il hérita non seulement des qualités musicales de son père, mais encore de son humeur enjouée; il y joignait une piété profonde et une bonté parfaite qui l'aidèrent à supporter patiemment les désastreux effets de la guerre de Trente ans, et à élever convenablement ses fils, qui occupent des places très honorables dans l'histoire de la musique. L'Orgelfreund * de Ritter,
i. Vol. VI. n" 14.
cojitienl une pièce pour orgue sur le choral : Christ lacf in Todesbanden, « le Christ gisait dans les liens de la mort », qui est attribuée à Henri Bach. On ne connaît rien de ses autres productions, qui consistèrent en pièces d'orgue et en musique de cantiques. L'importance artistique des prédécesseurs de Jean- Sébastien atteignit son apogée avec les fils de Henri, Jean-Christophe et Jean-Michel. Pour résumer en peu de mots la carrière des trois fils de Hans Bach, nous dirons que Christophe et ses enfants représentaient exclusivement la corporation séculière des musiciens de ville et de cour; que Henri et ses fils, au contraire, adoptèrent comme organistes, cantors, et compositeurs, la position plus avantageuse et plus considérée de serviteurs de Féglise, et que Johannes se distingua dans ces diverses situations. GEORGE-GiiniSTOPïiE, fîls aîné de Christophe Bach, naquit à Erfurt, en 1642. — D'abord chantre et compositeur à Schweinfurt, il devint, en 1668, maître d'école etcantoràThémar, prèsMeiningen. Vingt ans après, il retourna en la même qualité à Schweinfurt, et y mourut en 1697. Les archives des Bach, doni Ch.-Ph. -Emmanuel fut le dernier détenteur, contenaient un motet de la composi ion de Georges-Christophe sur le texte : Siehe ivïe fein und liebllch, etc., « Vois, combien est beau et aimable, etc., » pour deux basse ^ et ténor, avec accompagnement d'un violon, trois gambes et une basse. H ne reste rien de ses autres œuvres.
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Jean Christophe et jean-ambroisi: (frères jumeaux), nés à E furt eu 1645, se ressemblaient tellement, qu'on les prenait l'un pour l'autre ; leurs femmes mêmes s'y trompaient et ne les reconnaissaient qu'à la couleur de leurs habits. Leur amitié était des plus tendres; si l'un tombait malade, l'autre ressentait aussitôt le même mal; enfin ils moururent à peu d'intervalle. Après le décès de leur père, qui leur avait enseigné le violon, les deux frères voyagèrent en Thuringe ; puis Jean-Christophe entra au service du comte de Schwarzbourg, à Arnstadt. comme musicien de cour. Des discussions qui s'éle- A'èrent entre les music ens de ville et ceux de cour amenèrent la suppression de ces derniers, mais Jean-Christophe ne larda pas à être rétabli dans son emploi. Il se consacra à la musique religieuse, que l'on avait fort négligée jusque-là et seconda, avec un rare désintéressement, son oncle Henri dians l'accomplissement des devoirs de sa charge. Il mourut en 16!)3.
Jean-Ambroise demeura jusqu'en 1667 avec son frère, qu'il quitta alors pour devenir musicien du Conseil à Erfurt. Sa profession de violoniste ne l'empêcha pas d'acquérir un talent distingué sur l'orgue ; mais sa plus grande gloire est d'avoir été le père de l'immortel Jean-Sébastien. En 1671, Ambroise quitta Erfurt pour aller s'établir à Eisenach, OLi il mourut en 169o. Nous le retrouverons quand nous nous occuperons de Sébastien.
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Jean-Christian, fils aîné de Johannes Bach d'Erfurt, né en 1640, fut d'abord membre de la société musicale fondée par son père, puis partit pour Eisenach. Il est le premier de la famille qui soit allé habiter cette ville; toutefois, en 1668, nous le trouvons de nouveau à Erfurt, où il succéda à son père dans la direction de sa société. Après la mort de Jean-Chri?tian en 1682, son frère Egidius le remplaça dans cette direction. Un de ses fils, Jean-Christophe (1673-1727), est mentionné comme organiste à Gehren, près Arnstadt, et comme successeur, en cette qualité, du célèbre Jean-Michel, dont il sera question plus loin. Jean-Christophe avait étudié la philosophie, mais son naturel querelleur et son orgueil le mirent souvent en conflit avec ses supérieurs. La ténacité, ou plutôt l'obstination, se fait remarquer chez presque tous les Bach; on dirait qu'ils la reçurent en héritage du chef de leur race, et nous en verrons des exemples frappants chez Jean-Sébastien, qui, sous ce rapport, ne fut pas en reste avec ses ancêtres.
Jean-Egidius, le plus jeune fils de Johannes d'Erfurt, né en 1645, devint organiste de l'église Saint-Michel de cette ville, en 1682, succéda à son frère Jean-Christian comme directeur de la musique du conseil, et mourut à Erfurt en 1717. Il a laissé quelques compositions pour l'église, entre autres un motet à neuf voix, en deux chœuts, sur le texte de Unser Leben ist ein Schntte, « Notre vie est une
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ombre », écrit en 1696, et conservé dans les archives des Bach. Deux fils seulement lui survécurent : Jean- Christophe, qui lui succéda et
Jean-Bernard, né en 4676. Celui-ci fut d'abord organiste de l'église des Marchands à Erfurt, puis à Magdebourg, et enfin à Eisenach, où, en 1703, il succéda au célèbre Jean-Ckristophe. Les emplois qu'il occupa, surtout le dernier, donnent une très avantageuse idée de son habileté comme virtuose et comme compositeur. Il existe encore de lui des préludes pour chorals, ainsi que des pièces de clavecin, et des suites d'orchestre, ou, comme on les appelait alors, « des ouvertures à la manière de Telemann », c'est-à-dire, dans le style français du temps. Emmanuel en possédait cinq : une en mi bémol, une en sol majeur, deux en so/ mineur, et une en re majeur. Elles sont aujourd'hui dans la bibliothèque royale de Berlin. Jean-Bernard est mort en 1749. Un autre Jean-Bernard, neveu de Sébastien, né en 1700, succéda à son père Christophe, comme organiste à Ohrdruf et mourut en 1742. Adlung ' dit que ses ouvrages sont en petit nombre, mais excellents.
Jean-Christophe, le plus célèbre de tous ceux qui portèrent ce nom si commun dans la famille Bach, était le fils aîné de Henri, et naquit à. Arnstadt en 1643. Ce fut incontestablement un des plus grands musiciens qu'ait produits l'Allemagne, et, quoiqu'il