‹ La vie et les œuvres de Jean-Sébastien BachChapitre 51 sur 122 · I. SpilLa, nuvraf/c cilr, U. ]». .'î · texte numérisé non relu

I. SpilLa, nuvraf/c cilr, U. ]». .'î

Tôglise de l'Université de Leipzig, ainsi que les émoluments et le casuel [accidentia] ont été réunis au cantorat de Saint-Thomas, pendant l'existence de mon prédécesseur. Après son décès, et pendant la vacance, on a confié cette place à Gœrner, organiste de Saint-Nicolas. Lorsque j'ai pris possession de mon emploi, on m'a, il est vrai, rendu le directoniun, mais on m'a retenu une partie du traitement pour l'appliquer audit organiste, et malgré mes justes réclamations, je n'ai pu obtenir de l'honorable Université qu'elle me rendît l'intégralité des douze florins qui constituent mon salaire, dont elle m'a retranché la moitié.

» L'honorable Université m'ayant chargé de l'ancien et du nouveau service avec le salarium y attaché, je ne voudrais pas entrer en discussion avec l'organiste de Saint-Nicolas, mais il me serait très pénible que l'on ne me rendit pas l'intégralité de mon traitement, surtout que depuis deux ans, et avant l'installation du nouv^eau service, je n'ai cessé de remplir mes obligations avec l'ancien.

» J'ose donc supplier Votre Majesté de vouloir bien ordonner que l'honorable Université de Leipzig, qui m'a chargé du directorium de l'ancien et du nouveau service, devra me verser la totalité de mes appointements et du casuel.

» De Votre Majesté, le très fidèle sujet,

» Jean-Sébastien Bach.

» Leipzig, 14 septembre 1"25. >«

Son attente ne fut pas trompée. Le 17 septembre, le ministre d'État enjoignit par une ordonnance royale à l'Université de Leipzig de faire droit à la réclamation du requérant. On mit tant de promptitude à cette affaire qu'il semble que l'on ne prit pas le temps de lire attentivement la pétition de Bach, car dans le rapport fait sur cette pétition s'étaient glissées plusieurs inexactitudes qui dénaturaient la demande. L'Université ne manqua pas de s'en apercevoir et voulut se justifier; Bach, de son côté, reconnut que l'on n'avait pas examiné sa cause sous son véritable jour. Voulant prévenir une décision défavorable, il adressa au roi la requête suivante :

« Sire,

» Lorsque Votre Majesté a bien voulu signifier ses ordres à l'Université de Leipzig au sujet de mes réclamations, ladite Université a envoyé à Votre Majesté un rapport auquel je crois nécessaire de répondre. Je viens donc supplier Votre Majesté de vouloir bien me faire remettre une copie de ce rapport et de consentir à retarder sa résolution {sic) jusqu'après que je me serai expliqué. J'accélérerai autant que possible ma réponse et serai toute ma vie,

» De Votre Majesté, le très respectueux et très fidèle sujet, » Jean-Sébastien Bach.

» Leipzig, 3 novembre 1723. »

Sa demande fut bien accueillie. Il reçut copie du rapport universitaire auquel il fit une réponse dans laquelle il le réfuta de fond en comble. Voici la traduction aussi exacte que possible de ce document qui prouve la force de son intelligence et de sa dialectique. Malgré sa longueur, on ne le lira pas sans intérêt *.

« Sire,

» Plaise à Votre Majesté d'agréer l'expression de ma reconnaissance pour m'avoir permis de répondre au rapport de l'Université de Leipzig touchant mon placet sur les directoria miisices de l'ancien et du nouveau service dans l'église de l'Université, et les salaria qui m'ont été retenus. Bien que je croie l'Université assez équitable pour faire droit à ma juste demande, je me considère néanmoins comme tenu de répondre aux objections qu'elle a pris la peine de formuler.

» Ainsi, elle prétend :

» 1". — Que je soutiens sans raison que le c^eVec^orium de la musique de l'ancien et du nouveau service est nécessairement attaché à l'emploi de cantol'is Sancti Thomœ ; qu'au sujet des d'wectorïa l'Université se trouve in libertate naturali et qu'elle n'a pas à discuter avec moi sur le directorium de l'ancien service et de son honorarium ;

» 2° — Que mes prétentions d'avoir jusqu'ici

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