‹ La vie et les œuvres de Jean-Sébastien BachChapitre 57 sur 122 · Revue et Gazette musicale du 8 mai 1853, u · texte numérisé non relu

Revue et Gazette musicale du 8 mai 1853, u

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formes, qu'il modifia ensuite. La manière de traiter ce sujet lui est toute particulière; on y recoimaît une sorte de poésie religieuse tendre et touchante dont, musicalement, il a donné l'expression la i)lus parfaite.

L'élément dramatique qui se fait jour dans les cantates d'église dès la fin du xvii" siècle dénoie leur relation intime avec la cantate italienne de chambre {di caméra) que l'on commença à cultiver en Italie dans les premières années du même siècle et qui conduisit à l'opéra. Lorsqu'ils écrivaient leurs cantates, Buxtehude et les oncles de Bach ne se doutaient certainement pas de cette connexion qui apparaît clairement dans les compositions de Jean-Sébastien. Il est manifeste que ces œuvres furent écrites conformément aux ressources d'exécution dont pouvait disposer le compositeur, et, à cet égard, l'orchestre variait autant que la forme même de l'œuvre. Quelquefois ce sont les instruments à cordes seuls qui viennent se joindre à l'orgue; quelquefois aussi Un orchestre complet de cordes, de bois et de cuivres l'accompagnent. Quand les moyens le permettaient, la cantate comprenait les anciennes et les nouvelles formes; elle commençait par une introduction instrumentale appelée assez im[)ropremeid symphonie, ressemblant presque en tout à la sonate instrumentale commune en Italie et dans les églises du culte calhnlique. Cette manière de faire semble avoir été plus générale avant Bach

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que de son temps, car, à en juger par ses })r()(luctions, on voit que l'introduction instrumentale flans les cantates est chez lui une exception. Dans la grande quantité qu il en a laissée, il était inévitable qu'elles ne fussent pas toutes de même valeur; cependant elles sont pour la plupart d'une beauté presque sublime et d'une étonnante profondeur de conception. Les richesses artistiques accumulées dans celles qui nous restent sont incalcidables; la force du récitatif, dont on a fait honneur à Gluck, s'y montre dans la plus haute expression; les mélodies sont neuves, originales, expressives surtout, et parfaitement adaptées aux paroles. Mieux on connaîtra ces cantates, plus grande deviendra la renommée de ces monuments im[iérissab1es du génie de ce puissant artiste.

« Lisez sans arrière-pensée les cantates de Bach, a dit Robert Franz', el je ne doute pas un seul instant que l'inspiration dont elles débordent ne parvienne à vous émouvoir. Approchez-vous du grand maître dans la simplicité de votre àme, et le charme pénétrant de son œuvre trouvera le chemin de votre cœur. Je serais bien heureux si je pouvais vous faire aimer davantage ce beau génie. Quand vous vous serez enveloppé de son style comme d'uu manteau, il enchaînera votre àme comme il a (ail

i. Voir sa lettre à Hausiick. Voir uUiîsi l'clix Grouii'i'. Traduction française de Forliel, p. 24

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de celles de nos grands compositeurs , Mozart , Beethoven, Mendelssohn et Schumann. Il ne les a entourés de liens que pour leur permettre de s'épanouir avec plus de liberté. »

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