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VIK KT ŒUVRES 1» I-: J.-S. iiACII l.iW
inolet sur les paroles : Singet dern Hervti <'iii ncucH Lied (Chantez au Seigneur un nouveau ca(iti({ue) qu'il étudia sur les partiesséparées, et qui provoqua son étonnement autant que son admiration.
Ce motet en ré majeur et en mesure à 3/4 commence par une entrée du premier chœur qui débute avec un chaleureux élan. Le second chœur arrive ensuite en reprenant les mêmes motifs; puis survient un second thème, dans lequel les deux chœurs, alternant, entonnent un nouveau cantique au Seigneur en imitations superbes sur ces mots : hracl freue d'ich (réjouis-toi Israël).
Cet admirable chœur est suivi d'un andante sostenuto dit par le premier chœur, appuyé par une inélodie chorale du deuxième, sur laquelle se développent les oppositions les plus inattendues.
La conclusion du motet: Amen, allehnja, constitue une fugue à quatre voix, pleine de grandeur et de majesté.
Il n'était pas possible qu'une aussi belle œuvre ne fit pas une impression profonde sur l'âme sensible de l'auteur de Don Juan.
Après la visite de Mozart on revint pour quelque temps aux motets de Bach à Leipzig et dans d'autres parties delà Saxe; mais les cantates n'eurent pas cette chance: on les oublia, et l'on ne connut plus le maître que comme organiste et claveciniste. Pourtant ses cantates constituent l'œuvre collective la plus importante de sa vie de compositeur ! !..
-lio' vin ET (EL VUES DE J.-S. UACH
On ne sait i)as le nombre des motels produits par l'inépuisable génie de ce grand artiste, et il est probable qu'on ne connaîtra jamais tout ce qu'il a écrit en ce genre. Hilgenfeldt* n'en compte que 17, dont sept à huit voix, mais il en existe encore d'autres, tant à la bibliothèque royale de Berlin que dans des collections particulières. La plupart de ces motets renferment de grandes beautés et sont remarquables par l'art avec lequel Bach fait dialoguer les deux chœurs lorsqu'il écrit à huit voix.
Nous allons maintenant examiner les compositions profanes de J.-S. Bach qui appartiennent au domaine de la musique de chambre dramatisée. On sait déjà que, aussitôt son entrée en fonctions comme directeur de musique de l'Université, il s'efforça de prendre un pied solide dans la faveur des étudiants. Parmi les maîtres les plus aimés et les plus honorés de cette jeunesse, se trouvait alors Muller {Aug.- Frédéric), docteur en philosophie, dont le jour de naissance tombait le 3 août. En 1725 ses élèves voulurent fêter son anniversaire, et Bach composa la musique d'une cantate tirée par Picander de la fable antique. C'est celle intitulée : JEolus zufrie-
1. Joh. Sch. Bachs Lp.ôcii, Wirken iind Werkc, Leipzig, 1850, IK 111 tit 112.
vil'] ET ŒUVRES DE J.-S. BAC H 211
dengcstcllt (Kole calme), déjà citée '. Pour hduorer le savant docteur, Pallas veut donner avec les muses une fête sur l'Hélicon, mais elle craint les mauvais temps de l'automne. Déjà les vents violents sont en pleine rumeur dans leur antre, et leur maître, Eole, a promis de les mettre sous peu en liberté. Zéphir, dieu des souffles tempérés, et Pomone, la protectrice des vergers, ont vainement supplié Eole de retarder la sortie des tempêtes ; ce n'est que lorsqu'il entend Pallas prononcer le nom de Muller qu'il promet de ne point troubler la belle saison : il fait rentrer les ouragans dans leur tanière et les oblige à se calmer. Bach a traité magnifiquement le chœur des vents et le récitatif d'Eole; l'air de Zéphir appartient aux plus gracieux que le maître ait écrits, et. comme opposition, il a fait d'Eole un lourdaud sauvage et grossier. Neuf ans plus tard (17 janvier 1734) il fit réexécuter cette cantate pour le couronnement, à Gracovie, de Frédéric- Auguste II comme roi de Pologne, sous le nom d'Auguste III. Pour célébrer ce grand événement certains changements furent apportés à cette œuvre qui, au lieu de s'adresser à Muller, dut fêter le roi de Pologne, grand-électeur de Saxe.
Le 3 mai 1727, le père de ce souverain, Auguste II, s'était arrêté à Leipzig, où il séjourna pour assister au jubilé de la Réformation. Son anniversaire de
1. Appendice u» 2, ouziéuie année. Musique vocale de chambre.
-Ui VIE ET ŒLVKES DE J.-S. BACH
naissance tombait le 12 mai. Au commencement de l'année il avait été gravement malade à Bialystock (Pologne), et, pour manifester la joie que leur causait son rétablissement , les habitants de Leipzig voulurent donner un éclat inaccoutumé à la fête de son jour natal. Le matin, dans la grande salle de l'Université, on récita une ode latine de Gœrner, puis on chanta un Te Deum, accompagné de salves d'artillerie et du carillon des cloches sonnant à toute volée. Le soir, à huit heures, devant la résidence royale, les étudiants, sous la direction de Bach, exécutèrent une cantate de sa composition, dont, malheureusement, la musique est perdue.
Bach a écrit aussi des cantates profanes', et dans cette catégorie il faut compter celle dite du Café. Au xvii" siècle, la société européenne avait trouvé dans le café une nouvelle source de jouissances gastronomiques. Puisque Ton a chanté le vin et le tabac, pensèrent les artistes, on peut chanter aussi le café. Les Français le firent les premiers. Dans un recueil de cantates françaises - le café est chanté sous une forme plaisante. Les Allemands ne tardèrent pas à les imiter, et déjà en 1716 Ki^ause (Jean Gottfriedi avait composé le texte d'une cantate « sur le café ». Entre toutes les villes de l'Alle-
1. Appendirr ii" ■}. ti'i'iziijuiL' uiiii«Jl' : Cunlutes de jianrailles.