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Cependant la confiance que Bach avait placée dans l'effet que produirait le titre de compositeur de la chapelle royale qui venait de lui être accordé fut en partie trompée. Le conflit avec Ernesti n'en continua pas moins, et le conseil ne fit pas mine de s'en préoccuper. Le consistoire même ne put amener une conciliation. Enfin, le roi étant venu à Leipzig pour les fêtes de Pâques de 1738, il exigea que cette situation prit fin et se prononça en faveur de Bach. La contestatiiui durait déjà depuis plus de deux ans. Toute querelle publique cessa, mais une animosité sourde n'en subsista pas moins entre les deux adversaires. Flatté dans son amour-propre de pouvoir ajouter à son nom les titres de compositeur de la cour et de maître de chapelle des princes de Weissenfels et d'Anhalt-Gœthen, Bach se consola d'être, en quelque sorte, mis au ban de l'école de Saint-Thomas et se livra plus ardemment que jamais à la culture de son art.
On a vu précédemment que, dès les premières années du xvni^ siècle, les sociétés musicales d'étudiants avaient acquis une importance incontestable à Leipzig, surtout celle fondée, en 170-4, par Telemann et dirigée plus tard par Sébastien Bach. On ne peut méconnaître en cela un effort réel tenté pour donncià la pratique de la musique en général, une Atrme
plus large et plus libre, car s'il y eut des exécutants, il y eut aussi des auditeurs. Toutefois, ces sociétés se bornaient aux cercles de la jeunesse académique. Ce n'est que quarante ans plus tard que l'on voit la bourgeoisie s'intéresser à ces concerts. En 1741, un membre de la riche famille commerciale des Zehmisch conçut le projet de fonder une nouvelle société musicale et le réalisa en 1743. L'entreprise réussit au delà de toute espérance et prit un tel essor, que, le 9 mars 1711, on célébra l'anniversaire de sa fondation par une cantate de fête. Au bout de quelques années, il fallut installer les concerts dans un local plus vaste et de cette société est sortie celle si florissante et si célèbre aujourd'hui sous le nom bien conna de Société des concerts du GewandhausK A côté de cette institution, les réunions musicales des étudiants perdirent leur ancienne splendeur. Gœrner, il est vrai, maintint son collegium musicum avec la ténacité qui lui était propre ; mais la société Telemann tomba en décadence et Bach en abandonna la direction, qui fut reprise, en 1746, par Gerlach, et continuée, en 1747, par Jean Trier, étudiant en théologie et musicien expérimenté. Trier conserva cette direction jusqu'en 1754, année où il quitta Leipzig. On n'a pas découvert le motif de la retraite de Bach ; tout ce que l'on sait à cet égard, c'est qu'elle se produisit entre 17;]6 et 17 iG. Peut-être ne