‹ La vie et les œuvres de Jean-Sébastien BachChapitre 95 sur 122 · NéfrolncfC p · texte numérisé non relu

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dV'lite, il était exempt de vanité et indulgent pniu' les autres. Quand il se donnait en exemple à ses élèves, il ne leur recommandait que son assiduité à l'étude, comptant pour peu de chose les dispositions naturelles. Avec un travail acharné, persévérant et consciencieux, disait-il, on arrive à tout et on renverse tous les obstacles. Il ne détestait pas l'éloge, mais dédaignait la flatterie. Un jour que l'on exaltait en termes excessifs son admirable talent sur l'orgue, il dit avec un calme presque glacial * : « Il n'y a rien là qui soit digne de tant d'admiration; il suffît de frapper les touches à la juste place et au moment voulu; alors l'instrument va tout seul. » Il était toujours disposé à jouer quand on le lui demandait, et, chose bizarre ! il n'aimait pas de commencer par une de ses compositions. On croirait presque que la musique d'un étranger le mettait en verve, comme s'il avait eu besoin d'un excitant pour donner de l'essor à son imagination.

S'il jouait la musique des autres, c'est qu'il voulait se tenir au courant de tout ce qui se produisait. Lorsque un morceau l'intéressait, il le transcrivait, et cela, non seulement dans ses jeunes années, mais encore à l'époque où son talent avait acquis toute sa maturité. Des copies de compositions vocales de Lotli, Caldara, Christophe et Bernard Bach, H;indel, Telemann, Keyser, et des pièces de clnve-

1 . Kôhler, Hhtnria srholanini lipsiensiinn, Supplément, p. 94.

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cin de Grigny, Dieu part, et même de Hurlebnsche, écrites de sa main, existent encore ajourd'hui. Sa collection de musique imprimée ou copiée était considérable. Malheureusement , après sa mort, cette collection fut si prestement enlevée par ses fils qu'elle ne figure pas dans l'inventaire de sa succession. Son intérêt se portait aussi sur les anciens : il possédait VOrgel oder Instrument Tahulatur d'Ellias Ammerbach, de 1571, et les Florl musicali de Frescobaldi, 1635, sans compter d'autres écrits sur la musique.

Dans ses voyages, lorsqu'il s'arrêtait le dimanche dans une ville, il ne manquait pas d'aller à l'église écouter l'organiste. D'habitude, Friedemann l'accompagnait. Se présentait-il une fugue, dès l'entrée du thème il disait ce qu'allait faire l'organiste, ou ce qu'il aurait pu faire, et si ce qu'il avait annoncé se réalisait, en signe de satisfaction, il donnait un grand coup de coude à son fils ^

Envers ses élèves, il se considérait comme tenu de leur dire la vérité, et même de se montrer sévère ; toutefois, il ne se servait pas d'expressions dures ou malsonnantes, et [jamais il ne tourna en dérision les œuvres de ses confrères. Hurlelntsche (un nom prédestiné vraiment !), de Brunswick, artiste nomade, aussi remuant que vain, s'installa un jour chez Bach et s'empara du clavecin pour se faire entendre. Sébastien le laissa jouer et l'écouta

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