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VIE ET (K IVRES DE J.-S. IJACH 3i!3
avec une patience exemplaire. Quand Hurlebusche [»rit congé, il remit aux fils de Bach le recueil imprimé de ses compositions pour le clavecin, en leur recommandant de les étudier avec soin, s'ils voulaient faire des progrès. Bach, qui savait que ni Friedemann, ni Emmanuel n'avaient rien à apprendre de ce vaniteux personnage, se contenta de sourire, et n'en fut pas moins affable avec Hurlebusche.
Il n'aimait pas à faire montre de sa supériorité, et ne parlait pas volontiers de sa victoire sur Marchand, qui avait pourtant fait grand bruit en Allemagne. De son vivant même on répandit sur son compte bien des fables. On racontait très sérieusement que, vêtu en pauvre maître d'école de village, il était entré dans une église et avait prié l'organiste de lui céder sa place un moment; qu'il s'était fort amusé de l'étonnement des assistants, et que l'organiste ébahi se serait écrié « qu'il fallait que ce fùl Bach ou le Diable » I Quand de semblables contes arrivaient à ses oreilles, il ressentait de la mauvaise humeur et ne voulait pas en entendre parler '.
Le fond de son caractère était la gravité. Sa tenue fut toujours digne et respectable ; les portraits que l'on possède de lui confirment cette impression. Les traits du visage sont nobles, sévères et sinon bien formés, du moins pleins de caractère. Son front large et élevé laisse deviner la grandeur de