CHAPITRE VII
VICTOR DE LAPRADE, MEMBRE DE l'aCADÉMIE FRANÇAISE (l I FÉVRIER l858).
Une phrase de Sainte-Beuve rattachera, sans autre transition, ce chapitre au chapitre précédent. « Après de tels éloges, écrivait-il au mois de septembre 1861, dans un article sur les Questions d'aj^t et de morale qui venaient de paraître, après de tels éloges, décernés solennellement, et qui ressemblaient à des avances marquées, il n'y avait plus pour l'Académie^'qu'à élire M. de Laprade à la première vacance : elle n'y manqua pas. »
Il faut cependant s'entendre.
Une vacance se produisit, en effet, bientôt tout à point : M. de Salvandy, le ministre et l'académicien qui avait toujours si efficacement protégé V, de Laprade, mourut le i5 décembre i856. Il semblait que le poète fût tout naturellement désigné au choix des membres de la Compagnie. Outre que personne
n'était préparé à louer plus sincèrement cet homme de talent et de bien, la famille de M. de Salvandy désirait pour lui un suceesseur qu'elle estimait à bien des titres. V. de Laprade se mit donc une première fois sur les rangs et posa sa candidature. Mais il se heurta à des concurrents influents et qui, plusieurs fois déjà, s'étaient présentés. Le plus redoutable de tous, Emile Augier, était soutenu par Prosper Mérimée qui mit tout en œuvre pour assurer le triomphe de son client. Au premier tour de scrutin, E. Augier n'eut que i6 voix, etV. de Laprade en recueillit 17. Mais au deuxièmeet décisif tour, les rôles furent intervertis : V. de Laprade n'obtint que 18 voix, pendant qu'Emile Augier, qui en réunissait 19, acquérait le droit de s'asseoir dans l'un des quarante fauteuils, sous la coupole de l'Institut.
L'année suivante deux nouveaux vides se produisirent coup sur coup dans les rangs de l'Académie ; Alfred de Musset s'éteignait le 2 mai, et le 5 juin, Charles Brifaut mourait à son tour. Victor de Laprade posa de nouveau sa candidature : il n'avait pas moins de six concurrents pour le fauteuil d'Alfred de Musset...
L'élection eut lieu le 11 février 1 858. Les votants étaient au nombre de 33. Au quatrième tour de scrutin, V. de Laprade obtint 17 voix, contre i5 qui allèrent à J. Sandeau... Il était élu, et à l'auteur des Poèmes Evangéliqiies incombait la délicate mission de prononeer l'éloge de l'auteur de Rolla. On pouvait dès lors se demander, non sans une vive curiosité,
comment Victor de Laprade accomplirait cette tâche difficile et comment il s'y prendrait pour louer un poète dont le talent était si dissemblable du sien et un homme qui n'avait pas toujours péché à son endroit par excès de bienveillance (i).
En attendant, l'Académie l'accueillait sans se montrer exigente sur certains usages traditionnels dans son sein : « Professeur de Faculté à Lyon depuis plusieurs années , remarque Sainte-Beuve, M. de Laprade fut élu sans que Von songeât à faire une difficulté de cette non-résidence à laquelle V oblige sa chaire. Il eut l'honneur d'être le premier académicien nommé dans ces conditions; car jusqu'alors (à moins d'être évêque) tout académicien était censé résider à Paris. « Remarquons, à notre tour, que V. de Laprade comprit, avec son tact ordinaire, toute la délicatesse de la situation qui lui était faite. Forcé, par ses nouveaux devoirs, de venir fréquemment à Paris, il demanda et
(i) Tout le monde a lu, dans les Nouveaux Lundis (T. I, p. 5), l'anecdote racontée par Sainte-Beuve : « Un jour, dit-il, que l'on discutait à l'Académie sur les mérites d'un des recueils de M. de Laprade, Alfred de Musset se penche à mon oreille et me dit avec impatience : « Est-ce que vous trouvez que c'est un poète, ça? » — Aucun des récents biographes de Victor de Laprade n'a, à ma connaissance, fait allusion à ce détail. L'impertinente observation de Musset n'est pourtant pas de nature à faire tort à la réputation de l'auteur des Symphonies et de Pernette. L'attaque dont il fut l'objet, dans cette circonstance, prouve uniquement que « le poète des choses du sang et de la vie », comme Sainte-Beuve appelle Musset, n'avait ni la liberté ni la clairvoyance d'esprit désirable pour apprécier équitablement le poète de la « noblesse » et de la « sagesse ». Mais le mot est historique et curieux; ce sont deux bonne'' raisons pour n'avoir point peur de le citer.
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obtint, pour sa chaire de litte'rature française, un suppléant qui fut M. Phiilibert-Soupé.
Les félicitations les plus cordiales et les plus enthousiastes arrivèrent de tous côtés à V. de Laprade après sa nomination. Lamartine, que la maladie avait empêché de prendre part au vote de ses collègues, lui écrivait de Monceaux : « Mon cher et illustre ami, je suis consolé puisque mon absence n'a pas empêché votre triomphe. Toute la Compagnie était pour vous. La postérité sera de même si vous continuez à chanter dans cette belle langue d'Orphée chrétien que vous avez inventée. » — Joseph Autran, dont le zèle de V. de Laprade devait, dix ans plus tard, assurer l'élection à l'Académie, lui écrivait, de son côté : « En vous nommant, l'Académie vient de faire une grande chose : elle a donné la consécration à la poésie pure, à l'art austère et religieux dans sa forme la plus délicate et la plus savante. Quiconque porte encore en France quelque intérêt à ce que l'on nommait autrefois les belles-lettres doit , à cette heure , battre des deux mains. )> — Brizeux lui-même, malgré qu'il n'ait point vu d'abord sans quelque ombrage V. de Laprade prendre le pas sur lui pour entrer à l'Institut, trouvait, à Montpellier, sur le lit de souffrance où le clouait la maladie qui allait l'emporter le 3 mai i858, des paroles charmantes et délicates pour son ami.
A Lyon, plus qu'ailleurs, on se réjouit du magnifique succès de Victor de Laprade. « De toutes parts, raconte M. Heinrich, on adressa au poète les plus vifs témoignages de sympathie. L'Académie de Lyon,
qui était à bon droit pour l'écrivain l'une de ces « petites patries » qu"il a délicieusement chantées et auxquelles il a conservé un culte si persévérant, fêta solennellement son admission parmi les Quarante. Les amis du poète eurent aussi leur fête de famille (i) » et je laisse à penser s'ils surent délicatement unir, dans leurs éloges le nom du poète, désormais illustre, celui du père vénéré pour lequel V. de Laprade professait le culte le plus tendre.
Ce fut dans la séance solennelle du 17 mars 1859 qu'il vint s'asseoir au fauteuil laissé vide par A. de Musset. Il avait pour parrains MM. Mignet et Cousin : un compatriote, M. Vitet, avait été chargé de répondre à son discours. Avant d'en rien citer, il ne sera pas inutile de faire remarquer à nouveau les dissemblances profondes qui existaient entre Musset et V. de Laprade. « Il n'y avait, a dit M. Biré, aucune affinité entre eux et le premier était l'antipathique du second... : l'un, railleur et sceptique, badinant avec l'amour, jouant avec tous les grands sentiments, avec la religion comme avec le patriotisme; l'autre, grave, religieux, vivant dans les sphères sereines de la philosophie et de la foi, puisant ses inspirations dans ses croyances, aimant d'un égal amour la famille et la patrie, l'autel et le foyer... » Ces deux hommes eurent pourtant un terrain commun : tous deux, ils connurent les tourments de l'infini. Et c'est parce que Musset a
(i) G. -A. Heinrich, Op. cit , p. Sg.
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souffert; c'est parce qu'il a « quelquefois pleuré », que V. de Laprade recueillit pre'cisément ces larmes et montra, dans son discours, le poète des Premières Poésies s'élevant plus tard, dans la Nuit de Mai et la Nuit d'Octobre comme dans VEspoir en Dieu^ jusqu'aux régions sereines de l'idéal et de l'éternelle vérité.
Messieurs, dit V. de Laprade, au début de son discours (17 mars iSSg). les choix illustres vous permettent les choix indulgents : c'est ainsi que vous m'accordez, au milieu de vous la place de M. de Musset. Mes seuls titres, vous les avez créés vous-mêmes en attribuant à mes derniers écrits un encouragement solennel. Par une faveur qui m'est aussi chère sans m'être aussi personnelle, vous avez voulu, dans cette élection, témoigner de votre estime pour un corps dévoué aux études sévères et qui compte ici des noms glorieux. J'ai retrouvé, sur le seuil de l'Académie, les patrons éminents qui m'ont ouvert les portes de l'Université; à côté d'eux, les maîtres de la poésie ; et je suis heureux de confondre aujourd'hui dans la même reconnaissance tous ceux qui m'ont fait éprouver les joies de l'admiration.
Entre ces élus de l'intelligence que notre génération saluait avec tant d'amour, le plus jeune et le plus vite arrivé à la gloire, A. de Musset, était à peine notre aîné. Quand, sur les bancs des écoles, nos imaginations s'enivraient de sa première sève, et, plus tard, quand nos âmes s'associaient aux larmes salutaires de son âge mûr, aurions-nous pensé jamais que l'un de nous serait appelé à commencer pour lui la postérité et à parler de ce frère comme d'un ancêtre?
Moins que tout autre, je devais me croire réservé à lui payer ce douloureux tribut. Par les années, je me trouvais si près de lui; je m'en sentais si loin par la renommée!... Sa vie, hélas I trop courte, j'en ai cherché les traces auprès d'un frère dévoué de cœur et de talent à la mémoire du poète. Et d'ailleurs quel
intérêt biographique ne s'efface pas devant l'œuvre même d'Alfred de Musset, devant cette poésie, histoire et portrait de toute une génération?
Otez ce jeune maître et vous brisez l'anneau le plus solide entre l'œuvre lyrique de notre temps et la poésie facile du siècle dernier. C'est là, en effet, ce qui donne à ce talent si varié son attrait le plus original : il est bien l'enfant du siècle, et cependant nulle physionomie n'a conservé plus de traits des époques précédentes. Sous les couleurs empruntées à des soleils étrangers, nul ne porte au front plus nettement écrite sa filiation toute française. Si, dans sa poésie, comme dans certains tissus éclatants, quelques fils se distinguent dont l'or a déjà brillé autre part, l'œuvre entière n'en est pas moins neuve, et ce qui nous charme le plus, nous, contemporains du poète, c'est de retrouver notre image dans ces tableaux, c'est d'entendre résonner sous sa main les mêmes cordes qui vibrent en nous. Ces notes railleuses, écho de Voltaire, il nous les dit avec un accent moderne, avec le timbre d'un jeune frère de René, avec le souffle et l'âme d'un rêveur qui a respiré, lui aussi, les brises d'un nouveau monde, qui a vécu avec Byron et qui sait par cœur, quoiqu'il ait voulu s'en défendre, les Méditations et les Orientales. Là est le double secret du succès d'A. de Musset auprès de ces générations qu'enflammait la poésie, et de sa popularité dans un temps où celle de la poésie semble décliner. Il eut ce rare et singulier bonheur de conquérir à la fois les âmes ardentes qui vivent par l'imagination et ces esprits qui aiment à trouver dans de beaux vers des auxiliaires contre toute espèce d'enthousiasme —
Est-il, dans notre langue, des vers qui jaillissent avec plus de verve, qui nous entraînent plus vivement par leur mélodie? Elle éclate plus vigoureuse encore, cette inspiration si originale, dans l'étrange et splendide création de Rolla. Le lecteur se croirait d'abord introduit dans un temple où chantent des voix harmonieuses, où fume par intervalles un pur encens, dont les murailles sont couvertes de nobles et délicates peintures. Ce théâtre magnifique, il est destiné sans doute à quelqu'un des grands drames de la vie morale ou de l'histoire? Mais l'action commence, et vous en détournez vos regards en vous irritant
contre les hôtes inexpliquables qui déparent ainsi la majesté de l'édifice. Et cependant, jamais l'âme du poète n'avait fait tant d'efforts désespérés pour secouer ses entraves et le scepticisme fatal, pour s'élever à des croyances dignes de lui. Avec quelles angoisses il se dresse vers le ciel pour demander un Dieu! Avec quelle tendresse il baise les effigies de celui qu'il croit mort et qu'il voudrait adorer 1 Jusqu'alors, par une sorte d'inconcevable respect humain, cette âme sympathique, naïve même s'efforçait de voiler son vrai caractère sous Tironie et le dédain. Nature à la fois tendre et moqueuse, simple et fine, il semble redouter par-dessus tout la raillerie, tant il y excelle lui-même. De là, un triste étalage de précoce expérience, et cette timidité d'emprunt qui se manifeste dans une conception comme celle de Rolla. Mais quand, s'élevant par l'inspiration au-dessus d'un tel sujet, il l'a revêtu des couleurs de son style et qu'il l'associe aux mouvements de sa pensée, aussitôt la grandeur et la pureté originelles se trahissent et le déplorable héros du poème a disparu devant le grand poète qui souffre et qui laisse voir sa blessure avec tant de sincérité....
Il atteignit sa plus haute éloquence dans les quatre élégies des Nuits, qui sont à la fois le couronnement de son œuvre et les pierres d'attente d'une œuvre nouvelle. Comme la passion inspiratrice s'est épurée! comme l'horizon s'est agrandi!... La muse a fait son profit des souffrances du poète et se prépare à le consoler dans leur union rajeunie et féconde en glorieuses promesses. Elle en donnait un merveilleux gage avec VEpître à Lamartine . Ici, le doute et les sombres angoisses de Rolla vont se perdre dans un éclair sublime, dans cette affirmation de l'âme immortelle digne du maître à qui elle s'adresse. Emporté par ses aspirations ferventes, ce doute à demi croyant va franchir un plus large espace et s'approcher plus près encore de l'idéal qu'il entrevoit, de la vérité qu'il devine...
M. Vitet, chargé de recevoir V. de Laprade, fit ressortir aussi, en termes excellents, le vrai caractère des élégies d'Alfred de Musset et montra qu'il restait en-
core c( tout un monde à découvrir dans ces deux petits volumes )) fi).
Ses vers, dit-il, ont un grand me'rite à mes yeux : le poète est éle'giaque sans le vouloir, sans le savoir, je dirais presque à son corps de'fendant. La veille encore, il riait de la vie et comptait bien en rire toujours. Que s'est-il-donc passé? Sa douleur est donc véritable? Il a donc senti ce qu'il dit? Plus nous l'avons connu frivole, plus il nous force à le croire malheureux. Tels ne sont pas les élégiaques, dont la mélancolie est un don dénature et qu'on a toujours vus gémissants; on les tient malgré soi pour suspects d'en dire un peu plus qu'ils ne sente t. Ils abu-
(i)'M. Charles de Mazade — un futur académicien d'alors — rendit compte, dans la Revue des Deux Mondes, de la cérémonie de la réception et des deux discours. « Alfred de Musset, dit-il, était mort assez obscurément, il y a deux ans, comme un homme qui a mené rapidement la vie et qui n'a plus rien à faire en ce monde. II avait disparu, si l'on s'en souvient, sans éclat et sans pompe. L'Académie française, dont il fut l'un des membres, lui devait ces funérailles, qu'elle décerne périodiquement à ceux qu'elle perd, et où les regrets accordés au mort sont d'habitude notablement tempérés par les compliments flatteurs que les survivants échangent entr'eux. C'est un usage depuis longtemps consacré à l'Institut que cet échange de flatteuses paroles entre personnes présentes et qui ne sourcillent plus, tant elles sont accoutumées à tous les procédés de l'admiration réciproque. Alfred de Musset a donc été, lui, le moins académique des hommes, le héros de la dernière séance... M. Vital et M. de Laprade ont parlé de lui comme ils le devaient, comme on pouvait parler de lui à l'Académie ; ils ont mis tout leur zèle à faire revivre cette figure, à qui il suffit de reparaître dans sa franche et étincelante originalité pour séduire tous ceux qui aiment la poésie. M. de Laprade s'est exprimé en poète qui a un sentiment élevé de l'art littéraire; M. Vitet a parlé en critique habile et ingénieusement éloquent. Les discours des deux académiciens contiennent certes plus d'une partie supérieure, surtout dans les aperçus généraux, et si l'auteur de Rolla tel qu'ils nous l'ont montré n'était pas toujours le vrai Musset que chacun entrevoyait dans sa pensée, c'est qu'il est sans doute des traits, des nuances, des éclairs de vérité ou un degré d'exactitude dans les détails dont on ne se préoccupe pas absolument à l'Académie... » — Revue des Deux Mondes^ n" du 1" avril iSSg, p. 764, sq.
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sent de la compassion et font douter de leur martyre en voulant trop être pleures. Le premier charme de l'élégie, c'est la sincérité; et jamais, ce me semble, ce genre de bonne foi ne fut plus manifeste que dans les confidences de Musset. Ce cœur, ce faible cœur, qui se croyait invulnérable, comme on le sent meurtri! comme il a succombé à la souffrance, lui qui n'avait encore battu que de plaisir! Ce n'est pas un rôle qu'il joue, une leçon qu'il récite : c'est bien le cri de la douleur. Et lorsque, dans sa détresse, tournant ses regards vers le ciel, il entrevoit enfin de consolantes vérités, quel accent pénétrant elles prennent dans sa bouche! comme le souvenir de sa folle saison ajoute à leur évidence et leur donne une autorité de plus! On croit sentir la main divine qui l'oblige à fléchir le genou. Si peu qu'il se prosterne, l'exemple est éloquent....
La noble franchise avec laquelle V. de Laprade avait fait ses réserves et exprimé son admiration sur son prédécesseur ne réussit pas cependant à lui concilier toutes les sympathies de son auditoire ni de ses lecteurs. Mais le cas n'était point nouveau. Il lui suffit d'avoir parlé avec modération et selon sa conscience et d'avoir obtenu les suffrages de ses vrais amis. L'un d'eux, Saint-René Taillandier, lui écrivait de Montpellier, quinze jours après la cérémonie : « Vous avez loué Alfred de Musset eti poète, mais en poète indépendant, en poète qui a son idéal et qui ne confond pas l'admiration avec une banale complaisance... Il fallait, pour cette tâche si délicate, un rare mélange de fermeté, de précision et de souplesse. Rien de tout cela ne vous a manqué. Votre œuvre est complète. Vous avez peint Alfred de Musset et vous vous êtes peint vous-même. »