EX-PROFESSEUR A LA FACULTE DES LETTRES DE LYON
Monsieur, C'est le privilège des fronts élevés au-dessus de la foule d'attirer les coups et
Dubouchet qui lui envoya l'adresse des jeunes gens catholiques -, et puis, la foule de tous les hommes de cœur, sans distinction de nationalité ni de parti.
C'était une apothéose. Aussi, madame de Laprade disait-elle fièrement à M. L. de Gaillard, un des meilleurs amis du poète : « C'est la moitié de notre revenu qui disparaît, mais je donnerais l'autre moitié pour que mon mari ait encore un succès comme celuilà ! » V. de Laprade était dans les mêmes idées et prenait noblement son parti des privations que la cessation soudaine de son traitement de professeur allait leur imposer à tous : « Le trouble que cela met dans ma situation est assez grand, écrivait-il à Saint- René Taillandier qui s'inquiétait et souffrait en songéant au père de famille; mais ma femme a des habitudes Spartiates et j'espère encore combler une partie de ce déficit en m'ingéniant de quelque façon avec ma plume. »
C'est à quoi nous allons le voir s'appliquer, pendant les vingt-deux dernières années de sa vie.
les outrages de l'ennemi, qui se croit redoutable parce qu'il est arbitraire, et puissant, quand il n'est que peureux.
Devant de pareilles proscriptions, on n'est pas triste : on reste fier et on a droit à l'estime de tous, qui, chez les jeunes gens, doit toujours revêtir les formes de l'enthousiasme et de l'admiration.
C'est ce tribut, si légitime, que nous vous apportons comme pour vous dire : c'est surtout à dater d'aujourd'hui que vous devenez le vrai professeur, le généreux instituteur de la jeunesse, puisque vous lui donnez, jusqu'au sacrifice, le fortifiant exemple de la dignité morale, de la censure énergique du vice et de la. protestation du devoir contre la violence brutale du despotisme.
Maître, voilà des enseignements profonds qui lèveront et porteront fruit dans l'âme de tous ceux qui, comme nous, se proclament hautement
Vos élèves.