XIV AVANT-PROPOS
Il y a quelques semaines, un homme qui a beaucoup pratiqué les jeunes gens et qui a pour eux des tendresses sacerdotales, le P. Paul Lallemand , de l'Oratoire, faisait dans le Cor7'espo7idant^ à propos de « Pessimisme littéraire », cette peinture désolée de notre jeunesse contemporaine : «... Il arrive donc qu'à vingt ans , à Tâge des floraisons exquises et embaumées , des fouies d'adolescents n'abordent la vie virile qu'avec une intelligence d'où sont bannies les croyances religieuses, avec un cœur profané et blasé, avec un corps énervé, parce que, grâce à la précocité des plaisirs illicites et à une curiosité trop tôt surexcitée, tout a été senti, goûté, épuisé. Ils sont là, tète vide et cœur vide. En vain, essaye-t-on de les arracher à cette mortelle léthargie ; en vain les berce-t-on de ces mots harmonieux, plus sonores encore par l'idée qu'ils apportent, dC enthousiasme ^ de dévouement, de sacrifice, de libei^té, même d'amour; rien ne vibre dans ces âmes envahies par ce qu'on a appelé : une végétation de mort. Elles se replient sur elles-mêmes, dans un