‹ La vie et les œuvres de Voltaire (volume 2)Chapitre 15 sur 48 · XXIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXIV PRÉFACE

croyances religieuses tous les maux, toutes les iniquités qu'il a observés dans le monde ou dans l'histoire, comme si les mauvais instincts des hommes n'étaient excités que par elles, et que l'orgueil, l'ambition, la cruauté, le fanatisme n'eussent jamais d'autre fondement. Sa doctrine sur ce point tient en peu de mots :

« Les articles de foi des religions positives sont les « plus funestes des inventions des hommes. Ils blessent « la raison et engendrent le fanatisme. Ils n'ont d'autre « origine que l'esprit de domination de certains hommes, « qui ont imposé des absurdités à la crédulité de la « multitude, afin de la gouverner par des terreurs fan- « tastiques. La rel'gion est Tœuvre des prêtres, qui (( sont, par nature et par intérêt, des imposteurs et « des tyrans : race haïssable et maudite, sans distinc- (( tion de religions ni de personnes. »

Donc, selon Voltaire, l'œuvre la plus salutaire qu'on puisse accomplir ou se proposer, est d'exterminer les prêtres et d'abolir les croyances religieuses. Il a employé toute sa vie à préparer cette révolution qu'il appelait de tousses vœux. Quant aux succès qu'il y a obtenus, et dont les effets durent encore, nous n'avons pas besoin de les décrire : les faits parlent assez haut.

X. — Cependant le dix-huitième siècle n'était pas encore terminé, ou l'était à peine, que déjà de grands esprits, de puissants écrivains s'élevaient contre le prestige de la philosophie de Voltaire. Ces hommes s'appelaient Joseph de Maistre, le vicomte de Donald,

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