XXVI PRÉFACE
Chateaubriand, avec une science et une éloquence rare, embellie de poésie, mit en lumière les beautés et les bienfaits du christianisme, que Voltaire avait voulu faire passer pour le fléau de l'humanité et le chefd'œuvre de la sottise. Il a même apporté, pour réfuter ces calomnies, quelques-unes des plus belles inspirations tragiques de Vollaire lui-même, et fait vivement sentir que ce poète n'a jamais été si pathétique ni si sublime que dans certains passagesde Zaïre ei d'Alzire^ empruntés de la foi et de la morale des chrétiens fi).
Ce groupe d'écrivains éminents, unis par un même zèle de protestation contre les excès de la philosophie nouvelle, et de piété filiale pour le christianisme, persécuté à la fin du dernier siècle et encore au commencement de celui-ci, s'est appliqué à combattre cette raison hautaine, qui avait représenté les plus profondes et les plus saintes convictions de vingt siècles comme des monstruosités, d'où la barbarie était née et devait perpétuellement renaître. En dépit des préventions de l'école philosophique, il devint difficile pour quiconque voulutlire de bonne foi ces apologistes du christianisme, de nier (jue de cette religion est sortie une civilisation qui n'a rien h envier à celle des anciens, une justice pratiijue, une charité sublime, une moralité générale, un progrès des lumières, des arts, de la philosophie
(1) Génie du Christ., Il' P., 1. II, cli. V, VII.