‹ La vie et les œuvres de Voltaire (volume 2)Chapitre 21 sur 48 · XXX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXX PRÉFACE

Or, l'esprit qui anima ce monde décrépit fut celui de la philosophie de Voltaire.

XII. — On nous alléguera peut-être que Voltaire ne réclamait pas autre chose que la tolérance : erreur capitale : oui, il voulait la tolérance pour toutes les religions, mais à l'exclusion du christianisme. Il préconisait la tolérance, mais en soufflant la haine. Il voulait la tolérance, mais seulement pour les partisans de sa secte, et comme un moyen de détruire les croyances chrétiennes. Il est le légitime patron de ce parti qui professe le principe de la liberté de conscience, mais pour lui seul, c'est-à-dire pour l'incrédulité, sous le prétexte arrogant qu'on ne doit pas la liberté aux ennemis de la raison (1). Et c'est encore au nom de cette divinité de Voltaire que ses disciples proscrivent ou tracassent la foi catholique, la considérant plus ou moins sincèrement comme un danger pour leur foi philosophique. Mais quoi? la foi des incrédules sera-t-elle sacrée, et la foi des croyants odieuse et abominable? Ceux qui jugent que leur liberté philosophique est en péril, s'ils laissent la liberté aux croyants, montrent bien qu'ils n'ont pas grande confiance dans l'excellence de leurs opinions, et qu'ils se regardent toujours comme une minorité qui ne peut régner que par l'abus de la puissance. Nous ne voulons pas nous étendre sur cette inconséquence des philosophes de la secte de Voltaire; maison est bien obligé de reconnaître que l'avènement de sa Raison n'a

(I) Voir J.-J. Uousseau, Conhal social, \'m.

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