‹ La vie et les œuvres de Voltaire (volume 2)Chapitre 26 sur 48 · XXXVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXXVIII PRÉFACE

opiniâtre espièglerie. Presque jamais il ne dit rien à notre cœur, et Ton ne rapporte pas de son commerce une inspiration vivifiante. C'est un prédicateur de sécheresse, qui stérilise l'esprit en le divertissant. D'autres enfin pourront faire mic'ux que lui, quoique avec moins d'agrément, ce qu'il peut faire d'utile. On peut éclairer les esprits sans les dessécher.

On ne se rend pas toujours compte de ce qui éloigne de lui ; mais il faut dire, à l'honneur de notre siècle, qu'un grand mouvement de sympathie, de charité chez les uns, de simple humanité chez les autres, entraîne la plupart des hommes, bon gré mal gré, dans des voies éloignées de celles de Voltaire. On aspire à relever la condition morale et intellectuelle du commun des hommes, qu'il a trop méprisés. Sa philanthropie insultante sonne faux à des oreilles accoutumées à un langage plus humain. On se divertit de cette verve malicieuse, de ces épigrammes, souvent dissimulées dans les ouvrages les plus sérieux ; mais on finit par se lasser de son éternelle ironie, bien que toujours maniuée au caractère du bon goût et de l'élégance la plus naturelle.

XVII. — On essaie alors de se réfugier dans des ouvrages plus sérieux et plus équitables, si Ton en peut rencontrer dans cette énorme collection de volumes. Ses ro;?irt;w dits p/ti/osop/iiques ; divers traités très rapides et toujours piquants sur des matières de législation, d'administration, de critique littéraire ; un nombre considérable de charmants articles de tout genre, dispersés dans ses

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