‹ La vie et les œuvres de Voltaire (volume 2)Chapitre 27 sur 48 · PRÉFACE XXXIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXXIX

Questions sur l'Encyclopédie ; enfin des ouvrages historiques très soignés, tels que Charles XII ^ le Siècle de Louis XIV ^i celui de Louis XV ; donnent l'idée d'un esprit qui pouvait être, lorsqu'il le voulait, sérieux, nnesuré, digne de confiance, et alors égal aux plus instructifs et aux plus purs écrivains de l'antiquité et des temps modernes ; d'un homme enfin que la nature avait favorisé de tous ses dons ; qui eut, pour ainsi dire, plusieurs génies en un seul ; et de qui un de ses admirateurs enthousiastes (1) disait, en pleine académie, qu'à lui seul, il pouvait égaler ou surpasser une académie tout entière par le nombre comme par le mérite de ses œuvres. Qui donc fera chez lui la part du bon et du mauvais, et prétendra prononcer un jugement qui le comprenne tout entier? Ce serait peut-être décrire en abrégé toute la nature humaine, dont l'idée générale demeurera toujours indécise entre le bien et le mal.

Envisagé dans sa personne, Voltaire fut assurément un des favoris de la nature, en dépit de cette santé frêle, dont il se plaint si souvent, et dont il se fait adroitement un bouclier pour s'abriter des coups qu'il s'attire par d'incessantes provocations.

XVlll. — Comme écrivain on ne peut Tétudier sans admiration ni sans effroi.

On est allé jusqu'à dire : « L'esprit français, c'est

(1) Le respectable M. Viennet.

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