VIII PRÉFACE
ne reconnaît pas d'autres oracles que ceux de la raison, ce qui est le propre de la philosophie. »
En parlant dans ce sens, les uns prétendront faire un magnifique éloge de Voltaire ; les autres y joindront peut-être quelques malédictions, pour compléter leur pensée. En effet les uns considèrent Voltaire comme un bienfaiteur de Tesprit humain, les autres, comme un des génies les plus malfaisants que les siècles aient produits. Peut-être ni les uns ni les autres ne l'ont guère lu ; mais ce sont deux peuples irréconciliables, qui jugent d'après la renommée ; et leurs dissentiments dureront probablement toujours.
Qui prononcera entre ces deux peuples, et par conséquent pour ou contre V^oltaire ?
III. — Il serait bon d'abord de s'entendre sur la signilication qu'on veut attacher aux mots de philosophe et de philosophie.
Si le philosophe est l'homme <iui a voué toutes ses facultés à découvrir, par les méthodes les plus sûres, les principes et les lois des êtres et des idées ; s'il est, en un mot, celui qui ne vit que pour enseigner aux autres la vérité en toute chose connaissable à l'esprit humain ; il n'est pas pour cela et nécessairement l'adversaire-né de toutes les opinions adoptées par la majorité de ses semblables ; à moins que cet homme, par une supposition arrogante et téméraire, ne croie qu'avint lui lis hommes n'ont jamais fait usage de leur raison ; el (jiu\ par un phénomène incompréhensible, il