PREFACE IX
est ne, lui premier, avec une intelliiifence transcendante, d'une lignée de bêtes qui remonte, sans interruption, jus([u'aux origines de l'espèce humaine.
Tel est cependant le préjugé ([ui, sans être absolument avoué par Voltaire, perce dans son mépris insolent pour la plupart des hommes, qu'il qualifie couramment de sots et d'imbéciles ; dans la hauteur railleuse avec laquelle il juge les plus grands |)hilosophes que le monde ait connus avant lui ; dans la guerre implacable qu'il poursuit contre toutes les croyances religieuses, et enfin contre quiconque professe des doctrines consacrées par la foi des plus grandes nations et de la sienne en particulier.
Ennemi juré de la foi, excepté quand il dogmatise à sa manière, V'ol taire n'enseigne guère que le doute. 11 est vrai que le doute est une philosophie : elle a eu ses maîtres, personnages de génies et de principes très divers, des Pyrrhon, des Montaigne, des Dayle, des Kant. Mais il ne faut pas s'attendre, de la part de Voltaire, à une exposition méthodique de son système, car il n'en a pas.
Il doute par instinct, par tempérament : il doute parce que les autres croient^, et que ce lui est une joie de s'opposer à ce qu'il regarde comme leur imbécillité ; il doute, parce qu'il n'est pas capable de s'arrêter sur certaines questions, (ju'il affecte parsuite de mépriser ; il doute enfin, et en un mot^ parce qu'il lui déplaît de croire^ comme le commun des hommes.