‹ La vie et les œuvres de Voltaire (volume 2)Chapitre 30 sur 48 · PRÉFACE XXXXIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXXXIII

que gentillesse et légèreté, et rien de plus, quoique Voltaire lui-même ait assurément d'autres mérites.

XX. — S'il est faux que le génie de la nation doive se reconnaître tout entier, au complet ou en substance, dans cet écrivain ; il est vrai que cet homme unique suffirait à lui seul pour inspirer une haute idée des lettres françaises. Dans quelle autre littérature trouveraiton un auteur qui ait à lui seul porté aussi loin Prénommée de sa nation ? Il a rendu toute l'Europe, au moins tout ce qu'il y avait, chez les puissances étrangères, de plus éminent par l'esprit, tributaire de la poésie et delà prose, mais surtout de la philosophie régnante en son pays. La France paraissait penser pour le monde entier, grâce à la diffusion des écrits de cet homme infatigable, qui, répandant partout ses idées avec ses écrits, faisait de son pays le foyer principal de ce qu'on appelait alors les lumières.

Il n'estimait pourtant guère, dans son for intérieur, l'esprit de ses compatriotes : « Vous êtes, leur disaitil^ la crème fouettée de TEurope.» C'était bien dit, s'il en jugeait d'après lui-même. Cependant il se croyait à peu près le seul homme sérieux de son pays, et s'imaginait sans doute que^ par condescendance, il réprimait son génie, pour se mettre à la portée d'une nation frivole^ dont il avait le malheur d'être un des membres. D'autre part, quand il trouvait ailleurs des adeptes enthou-

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