‹ La vie et les œuvres de Voltaire (volume 2)Chapitre 6 sur 48 · PREFACE XIII · texte numérisé non relu

PREFACE XIII

se croire pour cela dépourvus de raison ; et que nos |)hilosopbes se voient obliges, pour êlre conséquents, de reléguer dans la classe des imbéciles ou des fourbes, des bommes tels que saint Augustin^ saint Thomas d'Aquin^ Pascal et Bossuet, sans parler des Luther, des Calvin, et d'une multitude de célèbres docteurs, que tant d'hommes considèrent comme des lumières de l'esprit humain.

En second lieu, s'agit-il de morale? Voltaire ayant admis, comme un principe incontestable, que le plaisir est le « devoir et le but de tous les êtres raisonnables », doit condamner comme absurde toute doctrine qui tend à la privation volontaire de la volupté et à cette austérité dévie que les stoïciens professaient, et qu'Epicure même pratiquait.

Combien donc de sots la raison de Voltaire nous fait entrevoir dans le genre humain ; combien d'êtres privés de raison, parmi ceux-là même qu'on regarde universellement comme des sages ! Cela comprend, en etfet, les Socrate, les Platon, les Zenon, les Èpictète, les Cicéron,les Sénèque, et combien d'autres î Cette raison donne ainsi des démentis continuels à la raison de la plupart des hommes ; et cette dernière n'est qu'imbécillité, si celle de Voltaire est la raison incarnée.

V. — Sera-t-il enfin, au bout d'un siècle, permis aux hommes de se redresser contre les mépris de Voltaire ? Ou bien sommes-nous asservis pour toujours à l'autorité de ce philosophe arrogant; et n'a-l-il fondé qu'une nouvelle

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