‹ La vie et les œuvres de VoltaireChapitre 12 sur 23 · SATIRES, PAMPHLETS, MANIFESTES, ETC., EN VERS ET EN PROSE · texte numérisé non relu

SATIRES, PAMPHLETS, MANIFESTES, ETC., EN VERS ET EN PROSE

Les éditeurs des^œuvres de Voltaire ont toujours été embarrassés pour ranger par catégories un grand nombre d'écritsqui n'appartiennent à aucun genre consacré par l'usage. Ce sont des pièces volantes pour la plupart, composées tantôt en vers, tantôt en prose, et destinées à satisfaire les ressentiments de l'auteur, à ridiculiser ses ennemis, à propager ce qu"il appelle la raison, c'est-à-dire ses ressentiments, toujours éveillés contre une multitude de préjugés ou d'abus, et souvent contre des opinions respectables ou des personnes qui mériteraient des égards. En résumé, ces œuvres sont les manifestations infiniment diversifiées d'un génie critique et malin, sans cesse en guerre, et qui s'attaque à tant d'objets qu'on ne peut guère les énumérer. Mais aussi peut-on y admirer des prodiges d'invention, de gaieté, de cruauté ingénieuse, de finesse, de gentillesse même dans la méchanceté. C'est dans ces œuvres que Voltaire est sans rival ; il faut reconnaître en lui le prince des railleurs de tous les siècles. Son naturel heureux lui donnc,dansla polémique, un avantageincompa-

rable : examinez le fond de ses intentions, c'est souvent la bile la plus acre, la passion la plus injuste qui Tinspire ; laissez-vous aller à l'impression de ses écrits, c'est la gaieté la plus séduisante, souvent la plus gracieuse, qui mène sa plume. Si Ton pouvait oublier qu'il y a, dans ces affaires, des hommes qu'il poursuit, qu'il veut faire souffrir, qu'il cherche à détruire, au moins moralement, on ne trouverait en lui que le plus charmant des écrivains inspirés par la bonne humeur.

Satires envers. — A la poésie reviennent les premiers honneurs. Mentionnons donc d'abord les satires en vers. Vit-on jamais plus séduisant badinage que la pièce du Mondain, la Défense du Mondain et l'Usage de la 17e, petit poème qui précède le tout ? Sous couleur d'adoucir "humeur des moralistes trop austères (1), des caractères sombres, qu'il appelle en un mot les jansénistes ; Voltaire défend avec un aimable bon sens les arts et les professions qui contribuent à la douceur des mœurs et aux agréments delà vie, glorifie le luxe, apprivoise son lecteur au culte de la volupté, et enfin bafoue cruellement comme hypocrites tous les gens qui résistent à sa morale épicurienne. La moralité serait celle-ci : « Qui ne vit pas pour le plaisir, est un tartuffe et un scélérat déguisé. » Mais que tous ces aphorismes de sensualité sont émis avec un air de bonhomie et de riante raison ! Entendez-le bien : ce sont les rigoristes, et non les gens de plaisir, qui sont les ennemis des bonnes mœurs. La preuve en est qu'on ne peut se montrer ou se dire plus humain que ce sage poète, qui laisse échapper, comme sans y prendre garde, des vers

(1) < J'adoucirais les traits de son iiuraeur austère, > écrit-il à Boileau, dans VEpiIre qu'il lui adresse sous le litre de son Testament.

si agréables et si flatteurs, non pas seulement à l'oreille, mais à l'imagination, aux senset même au jugement des •gens raisonnables!

On ne trouvera pas, il est vrai, beaucoup de douceur d'esprit dans la Crépinade (contre J.B. Rousseau) ; dans le Pauvre Diable (contre Desfontaines, Fréron, Le Francde Pompignan,Gresset, Trublet ; contre tous les poètes ou critiques qui meurent de faim et s'en vengent par la médisance) ; dans la Vanité (encore contre Pompignan et plusieurs autres) ; dans le Russe à Paris (contre Chaumeix, Berthier, Caveyrac, Nonotte, etc.) ; dans l'Hypocrite, (contre le pasteur Vernet) ; dans les Trois Empereurs en Sorbonne ; dans les Chevaux et les Anes; et dans mainte autre satire où les gens de lettres, les docteurs en théologie, les jansénistetes, les jésuites, les ministres protestants, sont tantôt ensemble, tantôt tour à tour et nominativement, diffamés, insultés, outragés, avec presque autant de cynisme que de verve. Voltaire a si bien réussi à perdre de réputation ses ennemis, que la plupart des lecteurs sont réjouis de ce qu'ils regardent comme des actes de justice ; d'autant plus que cette justice, vraie ou fausse, émet ses sentences dans le style le plus neuf et le plus allègre que jamais on ait entendu appliquer à la censure des caractères et des mœurs.

Pamphlets. — Des satires en vers sont, après tout, chose peu nouvelle dans la littérature. On pourrait seulement, à ce propos, remarquer que "Voltaire blâme Boileau pour en avoir écrit (et de beaucoup plus mesurées que les siennes); et qu'il condamne généralement, en maint endroit, ce genre d'ouvrages, même envers, à plus forte raison en prose. Pourquoi donc en a-t-il tant écrit de l'une et de l'autre espèce?

Et à qui appartient l'honneur d'avoir comme consacré la satire en prose ? Appelons-la, si l'on veut, pamphlet ; Voltaire cite ce mot comme anglais, et il a peut-être cru importer d'Angleterre le genre même, quoique notre littérature du xvie siècle en offre plus d'un exemple, sans employer ce terme britanique. Dans tous les cas, Voltaire fait un usage nouveau et très retentissant de ce genre de satire. Mais que son esprit est inventif pour imaginer des titres et des cadres à ses pamphlets 1 C'est quelquefois ce qu'il y a de plus comique dans ses ouvrages de cette sorte. Ainsi, lorsqu'il se vit attaqué (Dieu sait avec quelle force) par l'abbé Guénée dans les Lellres de quelques Juifs, le meilleur sel qu'il sut mettre dans sa réponse fut contenu dans le titre : Un chrétien contre six Juifs, et dans la fiction par laquelle il se donne pour un bon chrétien, vieillard innocent, opprimé par une ligue de juifs. On peut remarquer d'ailleurs qu'il y a quelque chose de plaisant dans le renversement des rôles. Voltaire est accusé, non sans bonnes raisons, d'avoir calomnié les juifs : c'est ce qu'il appelle être opprimé par eux; et pour se défendre, il redouble ses attaques.

On peut admirer la variété et l'originalité burlesque qu'il répand dans ses titres : Lettre de M. Clocpicre à M. Et'atou: Lettres d'un quaker ; Instruction pastorale de V humble évê que d'Alétopolis ; Discours aux Welches;les Questions de Zapata\Canonisalion de saint Cucufin,etc. etc. Ses titres et ses fictions portaient si bien sa marque, qu'en dépit de l'anonyme, qu'il avait toujours soin de garder, ni amis ni ennemis ne s'y méprenaient. L'auteur était reconnu avant qu'on eût ouvert ses feuilles ; et dès qu'on se mettait à lire, quel plaisir ! On n'en saurait

guère donner l'idée à qui n'a pas lu : c'est une fantaisie étincelante, un bonheur, une nouveauté, une fécondité dans la moquerie, qui enlève le lecteur : on a beau blâmer cette malice trop souvent dépourvue de tout scrupule ; on est entraîné, on rit, et l'on ne s'en lasse jamais: on est même dupe au point de croire qu'un homme qui se moque avec tant d'assurance et un tel air de candeur, doit avoir raison au fond.

On n'est jamais plus dupe qu'en lisant ses nombreux écrits contre la Bible : la dérision y est accompagnée de tant de citations et d'un tel appareil d'érudition, que le lecteur craindrait d'être, à ses propres yeux, un sot, s'il ne partageait les opinions d'un homme qui paraît si solide sur son terrain. Mais ici, malheureusement pour la renommée de Voltaire, la réfutation, une réfutation irrésistible, n'a pas fait défaut. Les Lettres de quelques Juifs, composées par l'abbé Guénée, ont réduit à néant l'autorité de l'audacieux ennemi de l'Ancien et du Nouveau Testament. Quiconque a lu les volumes de l'abbé Guénée sait, à n'en pouvoir plus douter, que Voltaire manque de science personnelle, de bonne foi, de suite ; qu'il est, dans sa propagande anti-juive et antichrétienne, l'incarnation même de l'imposture dans l'incrédulité ; qu'il n'y a enfin aucun fond à faire sur sa prétendue critique érudite et philosophique ; qu'il peut même souvent être convaincu d'erreur par les écrivains libres-penseurs, dont il s'est fait le plagiaire, par les Bayle, les Bolingbroke, les Collins, etc.; qu'il faut toujours recourir au texte authentique des passages qu'il allègue (car il n'entend ni ne connaît les langues où ils sont écrits) ; et qu'enfin il ne lui reste en propre que sa prévention, sa légèreté, son effronterie, et la séduisante habileté de sa plume.

Si, sur chacun des sujets où Voltaire a exercé sa terrible raillerie, il avait rencontré nn Guénée pour lui répondre, on a lieu de croire que le nom de Voltaire serait devenu, pour les gens instruits, le contraire de témoin fidèle, ou digne d'une créance même provisoire. Aussi la critique, mûrie par le xix*^ siècle, a-t-elle pris enfin le sage parti d'appliquer aux assertions de ce grand homme les principes de pyrrhonisme qu'il appliquait lui-même, avec beaucoup moins de fondement, aux opinions et à la probité d'autrui, commençant toujours par douter de tout.

Le mérite du style a cependant un tel prestige, qu'en dépit de cette légitime suspicion, les écrits de polémique de Voltaire demeurent en réalité la partie centrale de son ouvrage, et la base la plus solide de sa renommée littéraire. L'attrait ne s'en effacera jamais, quoiqu'on soit bien averti que tout cela n'est guère moins suspect que les contes de l'Arétin, ou de Paul Jove.

En définitive, si nous étions obligé de choisir entre toutes ses œuvres d'imagination soi-disant philosophiques, nous mettrions la main sur ses Romans, et nous dirions : « Faites du demeurant ce qu'il vous plaira; au moins ceux-ci sont des romans avoués pour tels. » Mais les esprits amoureux de la polémique, du sarcasme ou du scandale, pourront toujours chercher leurs modules dans ceux de ses écrits que nous avons mentionnés sous la rubrique de Satires : ils y apprendront la méthode pour composer des poisons, à l'aide desquels on peut dénaturer sûrement l'ingénuité et mrmc le bon sens d'une nation, si elle est éprise des lectures attrayantes, au point de compter le plaisir pour le plus grand profit qu'un lecteur puisse trouver dans

un livre, sans examiner si ce plaisir est de mauvaise nature. Mais qui de nous se privera jamais de l'agrément de la moquerie, dussions-nous ensuite nous le reprocher ? On est si content de soi quand on se croit déniaisé ! Avec Voltaire, on ne risque pas de tomber dans la niaiserie; mais on pourrait bien faire naufrage sur recueil de l'impertinence. Il suffit pour cela d'arriver à croii-e qu'on a toujours assez raison, dès qu'on possède le talent de couvrir ses adversaires de ridicule. Nous parlerons plus loin des écrits où Voltaire défend des causes nobles et qui intéressent vraiment l'humanité, comme dans ses traités de la Tolérance ou des Délits et des peines. Nous ne voudrions pas confondre le philosophe généreux avec le haineux satirique, bien que ce n'ait été qu'un même homme; mais cette combinaison de caractères fut vraiment un prodige ; aussi trouve-t-on presque toujours dans Voltaire de quoi démentir ou corriger ce qu'on dit de Voltaire lui-même. Il ne s'agit que de bien chercher: on pourra faire de lui, si Ton veut, avec ses propres écrits, un écrivain sage, plein de mansuétude, presque même un chrétien, et tout au moins un homme qui se prétend plus chrétien que personne, bien qu'il soit l'ennemi juré du christianisme et le plus vindicatif des grands écrivains, tout en prêchant d'une manière hautaine la tolérance et la charité.

Art. 1. — Dieu et l'ame

Du MOT DE PHILOSOPHIE. — Quoique Voltaire ait souvent et très sagement répété le précepte de définir les termes dont on se sert, afin d'éviter toute 'confusion, il ne paraît pas lui-même avoir songé à donner une définition précise du sens auquel il prend le terme de phisophie, dont il fait un si fréquent usage.

Dans son Dictionnaire philosophique, à l'article Philosophie, il écrit ces mots : « amateur de la sagesse, c'est-à-dire de la vérité.)^ Mais, aussitôt après avoir donné cette traduction littérale du mot grec, il se lance dans des invectivescontreles révélateurs de religions et contre tous les hommes qui fontobstacle à la liberté de la critique. Estce là le développement de sa définition?

A l'article Philosophie, c'est encore un morceau de polémique qu il nous donne à lire ; si bien qu'on est autorise à croire que, pour lui, la philosophie est essentiellement la guerre contre les préjugés, c'est-à-dire contre les opinions préconçues et communément acceptées, de quelque nature qu'elles soient; maissurtoutcontreles croyances religieuses. Le philosophe qu'il conçoit, à sa

propre image, est un esprit toujours armé ea guerre contre le sentiment d'autrui, et qui se fait un devoir de détruire toutes les erreurs, c'est-à-dire toutes les opinions des autres, comme les chevaliers errants de pourfendre tous les géants et de combattre tous les chevaliers, en quelque lieu qu'ils se rencontrent. Le philosophe du genre de Voltaire, c'est l'Hercule ou le Don Quichotte de la société moderne. Parmi les modèles de cette sorte de chevalerie nouvelle, ceux qu'il nomme avec le plus de complaisance sont Montaigne, lord Bolingbroke, et surtout Bayle ; à savoir des écrivains qu'on appelle vulgairement sceptiques, c'est-àdire, toujours éveillés sur les défauts des opinions généralement reçues. On les qualifie communément d'incrédules, et l'on entend par là qu'ils ne croient à rien, comme s'il était possible de ne rien croire. En réalité, ce sont des esprits qui se piquent de ne croire qu'à bon escient. L'on doit reconnaître là un des caractères du vrai philosophe, lequel ne nie pas plus sans raison qu'il n'affirme sans preuves, ce qui l'oblige à suspendre souvent son jugement et à douter, en attendant que la lumière^se fasse. Mais il est vrai qu'il y a des esprits qui doutent par inclination, parce que leur instinct les tient constamment en garde contre l'opinion d'autrui, et qu'ils sont prévenus de cette idée, que les autres hommes sont, à très peu d'exceptions près, des sots. Voltaire est certainement un esprit de cette catégorie, confiant sans réserve dans la sûreté de son jugement, persuadé que là où il ne voit pas parfaitement clair, les autres ne peuvent rien voir ; et prompt à reconnaître des sots chez tous ceux qui pensent autrement que lui, comme à trouver des philosophes en tous ceux qui partagent ses opinions.

De la raison. — Cette intrépidité de confiance en soi implique la conviction intime qu'on est la raison incarnée. Voltaire doute d'infiniment de choses, mais jamais de lui-même, à moins que ce ne soit du bout des lèvres: ciuand il fait profession de modestie, cela veut dire que l'esprit humain ne pouvant aller plus loin qu'où va son esprit, personne ne peut croire ce qu'il ne croit pas, si ce n'est un sot. Cette prévention est souvent justifiée chez lui; on serait fort enclin à s'en rapporter à ses lumières, si l'on ne remarquait, parmi ses décisions tranchantes, un grand nombre d'erreurs qui peuvent être démontrées, et qui prouvent que Voltaire n'est pas infaillible, qu'il ne présente souvent que l'apparence de la vérité, laquelle apparence s'évanouit à un examen plus approfondi que celui dont est capable son génie impétueux. Or, comme il prétend toujours parler au nom de la raison, qui par essence est infaillible, on est mené à se demander si la raison tout entière peut habiter en un seul homme, et si la raison de Voltaire n'est pas, comme celle des autres mortels, un rayon quelque fois troublé de la raison universelle (l).Une fois qu'on a commencé à douter de l'infaillibilité de ce philosophe, et à s'enhardir contre sa superbe assurance; quand on se met à contrôler ses décisions par celles des hommes les plus compétents en chaque genre, et par la

(1) Nous ne pensons pas, Si\cc Lamennais {Essai .lur l' Indifférence, t. Il, l'reface], que la raison g énéralc esl in/'aillihle, parce qu'il n'est pas aisé de connaître la raison générale ; mais nous pensons (|u'un homme est bien hardi lie considérer sa raison comme ta raison absolue, au détriment de celle dila plupart de ses semblables. Au reste, Lamennais nous parait avoir supérieurement réfuté l'opinion quo les philosophes du xviii» siècle, et en particulier Voltaire, ont professée sur la raison, en prenant leur entendement personnel pour la raison absolue. Voir VEssai sur l'Indifférence, (première cl deuxième partie).

croyance delà pluralité des gens sensés dans les questions qui sont du ressort de tous, on s'aperçoit que cet homme prodigieux n'avait cependant pas des titres incontestables pour s'ériger en pédagogue de tous ses semblables; que pour avoir plus d'esprit que chacun d'eux, il n'en a pas plus (jue tous ensemble; qu'il est beaucoup plus qu'une foule d'autres, passionné, insolent, léger, arrogant ; et que s'il est le plus séduisant peutêtre de tous, il n'est certes pas le moins dangereux ni le moins suspect d'illusions et de tromperie.

La philosophie, de l'aveu de tous, est l'exercice libre de la raison naturelle. Mais cette raison se trouve, à des degrés inégaux, dans l'entendementde tous les hommes; s'il s'en trouve un qui croie la posséder tout entière, ii est déjà suspect, par cela même, de n'être plus philosophe ; si de plus, il nous paraît souvent la pervertir, que devons-nous penser de lui, quand il se vantera d'avoir introduit la raison chez ses semblables? Ainsi donc, les hommes, avant son siècle, n'avaient pas vécu autrement que des bêtes; et grâce à lui, ils se sont transformés subitement, par une illumination à coup sur plus merveilleuse que toutes les révélations surnaturelles dont l'histoire peut nous entretenir? Telle est pourtant l'afiirmation énorme que Voltaire nous donne à. digérer, comme si son siècle, ce siècle de dérèglement général, avait mis fin à des siècles innombrables de barbarie, d'ignorance stupide et de vie quasi bestiale! (1).

Tels sont, selon lui, les bienfaits de la philosophie. Nous le voulons bien ; mais pourquoi faire dater de sa

iliLaclanrc demandait déjà 'D/i'. Isiii., lib. III, c. VIT, : « Le genre humain «a donc élé, pendant une longue suite de sièci'S, privé de raison ? > {apud Lamennais, Essai mr nn(tilferenie,\\' partie, ch. X.)

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