I-A. COIUM^SI'ONDANCK DI'l VOF/l'AIRi
un(>, rieuse, cl. (iii'il melljiil. Ibrl, i'i. pari, entre toutes les [jersonnes de son sexe. {»)u()i(|u'il Irouvnt ridicule do .soupirer aux pieds d'une fenuiK", il dut fjiire à ecllc-ei dos concessions toutes parlicidièi-es, puis(iu'il se crut ol)li^é do lui saci'ilier même luie antre passion, à savoir son (M.ran<jje amiti('i pour le Mare-Aurèkî de Prusse.
jja picco priiicipal(! de toute sa correspondance, si l'on voulait l'ordonner en groupes, serait le volumineux recueil des letlj-es qu'il échangea avec le |)rinco, qui fut enfin le roi I^Védéric-le-Grand. C'est une des plus étonnantes sin^^ularités du siècle, et peut-être de toute riiistoirc, (]ue ce coniinerec cpistolaire entre deux personnages de condition inégale, mais si bien faits pour s'entendre, et en dclinitivc pour se heurter réciprocjuement. Deux hommes d'un esprit étiiuîclunt; deux philosophes dv. la même école, c'est-à-dire pleins de mépris et de déi-ision pour tou' c(^ (lue les autres homuK's croient ou respectent ; deux carnctères avides (ramili(' et plus encore dedomination; l'un monarqucet ;;ran(l homme de ^U(M"re, l'autre hahitné à ré}j;ncr dans !(! doinaine des lettres, se recherchent, et enfin se rencontrent, étant prévenus d'une admiration réciproque ; elle devient, par im étiMUffo abus de langage, une passion tendre ; ils contractent, après de Nnijjjues co(iuetleries mutuelles, une sorte de mariage d'amour, (|ui donne occasion bientôt à des laipiinei-icis. à des ti'acasseries :de là bi-ouilles, racconnnodetnents, sé[)aration de corps, réconciliation feinte, correspondance artihcieuse, rancune mal dissimulée, défiance légitime et attrait mutuel (pic rien ne peut détruire, (juoifpie l'amitié n'y soit plus. Le |)oète continue de faire sa cour au roi, en formant toute sorte; de vœux contre lui; le |)rince accorde