‹ La vie et les ouvrages de Jean-Jacques Rousseau;Chapitre 18 sur 58 · I. Dans le ms. reprennent · texte numérisé non relu

I. Dans le ms. reprennent

PREMIER CHAPITRE

ne peut être eveque ou gênerai ; la vie de Rousseau est a la portée comune : tout le monde peut y atteindre, quoi qu'il ait été très sublime a lui d'y descendre et de s'y tenir. Une 3^ raison plus importante encore c'est qu'il est

5 très essentiel de connoitre les mœurs d'un écrivain, maigre l'axiome qu'on a taché d'acrediter, que le public n'avoit rien a voir aux mœurs d'un auteur. L'art de tromper dans tous les genres, en littérature surtout, est devenu si universel qu'on ne peut désormais ajouter foi a la science

o que par la confiance qu'on porte au scavant.

Il faut donc conaître Rousseau pour juger sa philosophie...

Je scais qu'il a écrit les mémoires de sa vie, mais je ne les ai point vus... Il les avoit écrit d'ailleurs avant que je

5 le conusse ; et ces fragments, le style a part, peuvent en être considères comme une espèce [de] suplement^ J'en voulois tirer de quoi faire un éloge, et cette idée plaisoit beaucoup a mon amitié : mais je vis que je gaterois ce que j'avois rassemblé; que j'en oterois la fraîcheur; que

o les faits qui sont la charpente de toute narration, et qui font tout le mérite de celle ci, ne s'y ^introduisoient que difficilement ; d'ailleurs je n'ai pu m'occuper d'un homme si rare aux yeux de la postérité sans désirer d'y passer moimême. 2 II me semble que la postérité sera aussi en garde

5 contre les éloges que contre les satires [f. 153].

1. « Je scais qu'il a écrit les mémoires de sa vie, qu'il ne m'a jamais comuniqués, soit qu'il ne voulut pas médire, ou qu'étant une apologie il ne voulut pas rappeler ses maux passés ; il me disoit : « Ne parlonspasdes homes, parlons de la nature. » On dit qu'il y a mis ses propres et grandes fautes. Je ne veux pas jouter avec lui, mais en cela même mon recueil [reste] intéressant, puisqu'il les avoit écrit avant que [je] Teus. connu, et que ceci est le reste de sa vie. » XCVIII, f. 130.

2. Ces six derniers mots sont biffés, mais d'une autre encre que celle du ms.

J.-J. ROUSSEAU

Sur M' /. /. R,

Corneille Bmyn (?) parle d'un repas ou, se trouvant avec M. Newton, il porta la santé de tous ceux qui croyent en Dieu. C'est a ceux la a qui je veux parler de Mj" R. Je 5 les prie avant tout de considérer qu'il y a peu d'homes dont on ait dit plus de bien et de mal : qu'ils considèrent aussi que l'état d'homes de lettres dans la pauvreté et d'homes de bien est un état pénible [f. 147].

ANECDOTES DE SA VIE

\folio i] De ses qualités phisiques ^

Au mois de juin de 1772, un ami m'ayant proposé de me mener chés JJ. Rousseau, il me conduisit dans une $ maison rue Platrière à peu près vis à vis l'hôtel de la poste. Nous montâmes au quatrième étage. Nous frapames, et M'i^ Rousseau vint nous ouvrir la porte. Elle nous dit: « Entres, Messieurs, vous allés trouver mon mari. » Nous traversâmes un fort petit antichambre ou des usten-

10 silles de ménage etoient proprement arrangés ; de là nous entrâmes dans une chambre ou JJ. Rousseau etoit assis, en redingotte et en bonnet blanc, occupé à copier de la musique. Il se leva d'un air riant, nous présenta des chaises, et se remit à son travail en se livrant touttes

1$ fois à la conversation.

Il etoit d'un tempérament ^ maigre et d'une taille moyenne. Une de ses épaules paraissoit un peu plus élevée que l'autre, soit que ce fut l'effet d'un défaut naturel, ou de l'attitude qu'il prenoit dans son travail, ou

20 de l'âge qui l'avoit voûté, car il avoit alors 64 ans ;

10 ustensiles de cuisine et de ménage — 19 prenoit en travaillant ou de râge

1. Aimé Martin biffe, au haut de la page une ligne : « Il partit pour la campagne le 28 mars lyjS » ainsi que le titre qui suit : à la place Martin écrit : Essai sur JJ. Rousseau.

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