‹ La vie et les ouvrages de Jean-Jacques Rousseau;Chapitre 3 sur 58 · XCVIII, iisqq · texte numérisé non relu

XCVIII, iisqq

3 . Bernardin de Saint-Pierre d'après ses manuscrits. — Le Texte authentique des Harmonies de la Nature. — Empsael et Zoraîde.

AVANT-PROPOS

Qu'est-ce donc que Bernardin avait eu l'intention de faire ? Une apologie de son ami mort. Il voulait défendre la mémoire de Jean-Jacques contre les libelles et les calomnies. C'est ainsi qu'on trouve dans le dossier consacré à cette biographie un projet de lettre pour disculper Rousseau d'être l'aiiteur d'une brochure contre G. Keit ^

C'est presque aussitôt après la mort de Rousseau qu'il dut se mettre à l'œuvre. En juillet 1778, il s'éloigne du monde, même de ses amis intimes, pour se livrer tout entier à son deuil ^ : c'est vers cette époque qu'il commence son apologie, car en tête de l'exorde qu'il a laissé interrompu, il dit : « Il y a environ huit ans que j'étais au Cap de Bonne-Espérance au mois de janvier 3. » Or il était au Cap en janvier 1771 4. On peut donc, à peu près certainement, dire que B. de Saint-Pierre avait pris la plume à la fin de 1778. On peut même supposer qu'il se mit à l'œuvre dès cette fameuse séance du 25 août 1778 où l'Académie française proposa, comme sujet de concours de poésie pour 1779, V éloge de Voltah-e'y. Bernardin revient plusieurs fois sur cet éloge de Voltaire, qui dut être un stimulant pour lui. Nous savons d'autre part que l'affaire de la trahison de son frère Dutailli modifia les projets de Bernardin : il interrompit son apologie de Rousseau, pour s'occuper, dit-il, « d'une défense encore plus sacrée », en mars 1779 : il laissa son ébauche dans ses cartons^.

Il comptait, au début de son travail, utiliser non seulement leurs conversations intimes et inédites, mais encore les ouvrages de son ami : ainsi, dans ses notes, après cette rubrique : Sur sa

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