XCVIII
AVANT-PROPOS
piêtêy respect pour Dieu, on trouve simplement une citation du Vicaire Savoyard^.
Enfin il semble bien que son intention n'était pas d'écrire un livre ayant une forme didactique et achevée ; une partie tout au moins de l'ouvrage devait être publiée à l'état fragmentaire, car il dit dans sa préface, ou dans son premier chapitre, en parlant des Confessions qu'il n'a pas lues, mais dont Rousseau lui avait parlé : « Ces fragments, le style à part, peuvent en être considérés comme une espèce de supplément » D'autres morceaux devaient être au contraire d'une forme très soignée. Ainsi il voulait écrire en dialogue le récit d'une de leur promenades, de façon à mettre en lumière « toutes les affections de son cœur 5 ».
Du livre projeté et interrompu, voici ce qui subsiste dans les mss. de la Bibliothèque du Havre. Sans compter un certain nombre de fragments dispersés dans la masse de ces papiers, et que j'ai utilisés de mon mieux, le plus gros de l'œuvre est contenu dans le dossier XCVIII qui comprend trois liasses.
Dans la première, figure, aux folios i~io, la partie déjà rédigée dont j'ai parlé plus haut : elle forme un tout ; c'est celle que Bernardin semble avoir brusquement abandonnée, lors de l'affaire DutaiUi. Ce n'est pas encore une mise au net: c'est une première ou seconde rédaction, écrite au courant de la plume, et corrigée ensuite, ainsi que le prouvent deux sortes de corrections, les unes où, sur la même ligne, un mot est biffé et remplacé immédiatement par un autre ; les secondes, où les mots corrigés sont suppléés en interligne : ainsi au folio 8, ligne 26, au recto, on trouve ces deux sortes de corrections que je reproduis en mettant en italique les mots biffés :