‹ La vie et les ouvrages de Jean-Jacques Rousseau;Chapitre 5 sur 58 · XCVIII · texte numérisé non relu

XCVIII

AVANT-PROPOS

affections de la sienne raportoit apliquoit les sentiments de son cœur a toutes les opérations de jouissances de ses sens.

D'autres fois on voit que, en se relisant, Bernardin a remarqué des repétitions du même mot à de trop courts intervalles : il les supprime soigneusement à l'aide de synonymes.

D'autres corrections sont plus suggestives encore : au folio 5 on trouve ceci :

« Après avoir jette il avoit épousé Mlle le vasseur du pays de <( bresse, de la religion catholique — dont il n'a point eu d^en- « fans.

« Après avoir jetté un coup d'oeil sur les événements de sa (( vie, etc. »

On voit là Bernardin commençant une phrase, l'interrompant pour noter un dernier détail biographique, puis reprenant la phrase interrompue. On voit aussi qu'il avait soigneusement transcrit toutes les confidences de Rousseau, même celles qui 'étaient fausses : « dont il n'a point eu d'enfants ». Mieux informé, il corrige Terreur, avec une entière bonne foi.

Tout le reste de cette première liasse, du folio 1 1 au folio 60, et la seconde liasse en entier, du folio 61 au folio 100, sont remplis uniquement par des copies faites en vue de la publication d'Aimé Martin. J'ai déjà dit quelle était la valeur de ces copies. Naturellement je n'en ai tenu aucun compte dans cette publication. Par contre, j'ai utilisé soigneusement les notes préparées par B. de Saint-Pierre, écrites uniquement de sa main : elles remplissent la troisième liasse, folios 101-172, avec cette observation d'Aimé Martin sur la feuille de garde : « Morceaux qui ont été copiés pour servir au fragt. sur Rousseau ». Comme on s/ le verra en lisant cette édition, ce sont des notes prises pour 'écrire un livre, plutôt qu'un livre.

AVANT-PROPOS

xur

Je n'ai tiré de cette masse de notes que ce qui concerne directement Rousseau, laissant de côté les réflexions trop générales, qui n'intéressent que B. de Saint-Pierre, puisqu'elles sont simplement des idées à côté du sujet.

J'ai négligé également les notes que B. de Saint-Pierre avait prises de seconde main, me conformant à l'excellente méthode qu'il comptait suivre lui-même dans sa rédaction définitive : ne raconter que ce dont il avait été témoin, ne rapporter que les paroles qu'il avait directement entendues ^

Quant à l'ordre dans lequel j'ai rangé ces documents, il n'a rien d'arbitraire : je me suis contenté de suivre le plan que B. de Saint-Pierre avait conçu, en mettant à profit les nombreuses indications d'ordre qu'on retrouve dans ses manuscrits.

Sans doute, ainsi qu'il arrive pour tous les plans que nous combinons, il y a des flottements dans ces divisions projetées. Ainsi Bernardin avait pensé à placer les diflerentes anecdotes sur Rousseau botaniste « au commencement du jugement » 2. Mais il change d'avis et préfère mettre tous les détailssur la botanique dans le chapitre consacré aux écrits : dans la liste « des ouvrages qu'il avait voulu faire et qu'il a laissés imparfaits », » il place, au numéro 3, les leçons de botanique, et il ajoute: « mettre ici tout ce qu'il pensait sur la botanique? ». Il avait également songé à faire suivre le chapitre des ouvrages par l'étude du caractère : dans une note d'une demi-page, intitulée sur ses ouvrages, il dit : « comme nous le verrons dans son caractère » 4. H comptait, à ce même moment, diviser la partie anecdotique de son étude en trois parties, dans l'ordre suivant : « sa personne, son esprit, son cœur » 5. Mais la partie com-

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