I. Il y a là une idée sous-entendue
J.-J. ROUSSEAU
Pour moi je voudrois qu'on leur parle de Dieu des qu'ils comencent a jouir de la vie ; que, cette vérité étant dans le cœur avant de l'être dans l'esprit, des qu'ils sont capables d'aimer, de distinguer ce qui leur nuit, qu'on en 5 joignit l'idée avec tout ce qui peut être agréable... Mais voiés un grand point : c'est que les idées de Dieu ne tournent jamais au profit d'un ambitieux, d'un fripon, d'un superstitieux.
j| Combien l'idée de Dieu peut les fortifier contre les ip frayeurs nocturnes !...
Il faut aux enfans des signes sensibles ; que n'avons nous un Capitole come les Romains, ou une ville sainte come les Juifs ! Combien [serait utile] un point qui reuniroit l'imagination de tout un peuple ! Nos centres sont 1$ trop divisés... Je me souviens d'une Notre Dame des Neiges ou tout petit j'allois l'été.... [f. 158].
Plus on est mécontent des homes, plus on se raproche de Dieu ; et c'est la ou Dieu nous attend.
Je ne voudrois pas qu'aucune idée agréable entra dans 20 leur sens sans y faire entrer celle de la divinité : un enfant cherche des fraises : « Faisons des fraises. » — « Je ne peux. »
— c( D'où vienent-t-elles ?» — « La terre les produit » — « Voila de la terre, de l'eau, du soleil : faites des 25 fraises ! »
Les enfans aiment les histoires merveilleuses, et il n'y en a point de plus surprenante que celle de la nature.
On pouroit leur en donner l'idée % parler a leur sens par des saveurs agréables, aussi bien qu'a leurs yeux par 30 les images.
On pouroit leur faire naitre les idées de comiseration