‹ La vie et les travaux d'André-Marie AmpèreChapitre 16 sur 37 · PHYSIONOMIE D'AMPÈRE · texte numérisé non relu

PHYSIONOMIE D'AMPÈRE

Son portrait. — Simplicité et bonté. — Ses distractions. — Les émotions musicales. — Le sentiment des beautés de la nature. — I^ maison de la rue des Fossés-Saint-Victor. — Imagination et crédulité. — La facilité d'assimilation et d'invention. — Découverte en botanique. — Ampère prend part au grand débat'sar l'unité de composition des êtres organisés. - Cuvier et Ampère au Collège de France. — Ampère et la politique. — Grand nombre de savants modernes qui se sont occupés de politique. — Scb convictions et ses idées libérales; toutefois il reste étranger à toute politique active. — Ses principes philanthropiques sur la mission des gouvernements.— Il les rattache aax principes du plus pur christianisme.

UN buste remarquable, dû au sculpteur lyonnais Bonnassieux(i) représente Ampère à l'âge d'environ cinquante ans. La tête est forte et convient à une puissante intelligence ; les traits du visage, accentués et tendus, rappellent l'homme qui a travaillé et souffert; le regard indique un esprit contemplatif, plutôt que tourné vers les choses de l'extérieur ; la

(i) Ce buste se trouve au Musée de Lyon, dans la salle dite des bustes.

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lèvre inférieure, légèrement avancée et boudeuse, semble accuser bien des illusions traversées et perdues; les cheveux en désordre laissent soupçonner un soin médiocre des détails matériels. Cette tête n'est donc pas belle, dans le sens habituel du mot; et cependant elle s'impose fortement à l'attention; et elle est du nombre de celles qu'on n'oublie pas quand on les a vues une fois. Ajoutons qu'à travers une expression générale et indéfinissable de mélancolie et de tristesse on y devine deux qualités sympathiques entre toutes : la simplicité et la bonté.

La simplicité et la bonté ! Tels sont, en effet, les traits essentiels du caractère et de la physionomie d'Ampère. Associées au génie, elles brillent ainsi d'un plus vif éclat, qu'on ne rencontre pas toujours au même degré chez les grands savants. Qui ne sait hélas! que trop souvent la science enfle ; que le sentiment de la force, même intellectuelle^ endurcit ; enfin que les esprits accoutumés à vivre dans les hauteurs sont sujets, plus que les autres, aux vertiges de l'orgueil? Ici rien de pareil.

Il est vrai que la simplicité et la bonté, comme du reste toutes les vertus, quand elles ne sont pas convenablement pondérées, peuvent entraîner à leur suite certains défauts, faciles à apercevoir, et dont Ampère ne sut pas toujours se préserver. Le mieux serait sans doute de ne pas s'arrêter à relever quelques ombres dans un si beau tableau ; mais puisque, d'un autre côté, il est arrivé plus d'une fois à la critique d'émettre à ce sujet des appréciations peu judicieuses, il con-

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vient de les signaler et de les réfuter au moins en passant. D'ailleurs, après avoir esquissé respectueusement les défauts de l'illustre savant, nous serons plus à l'aise pour insister sur ses admirables qualités.

La riche et puissante nature d'Ampère, l'élévation et la noblesse de son caractère n'ont pas toujours été appréciées à leur juste valeur. Le savant ne possédait point, il faut le reconnaître, dans les relations extérieures, ce vernis brillant, cette élégance de manières, cette habileté de savoir-faire, ces nuances de savoirvivre qui, dans le monde, attirent le succès. Ses belles qualités étaient souvent obscurcies par une teinte d'originalité ou de singularité qui mettait en défaut les esprits superficiels. De là ces anecdotes légendaires, ces contes ridicules, qui composent, pour une panie du public, la biographie d'Ampère. Tout cela est très regrettable, et l'on doit protester énergiquement contre un tel manque de convenance à l'égard de l'un des génies scientifiques les plus sympathiques qui aient jamais existé.

Il en est de certains génies comme de ces diamants de choix qui n'ont pas été complètement dépouillés de leur gangue, et qu'il faut bien se garder de juger par l'extérieur. Si le diamant, comme le génie, pouvait avoir conscience de son mérite, s'inquiéterait-il des rugosités qui peuvent le recouvrir, et s'abaisseraitil à implorer le secours d'un lapidaire? Tant pis pour le sot qui en méconnaîtrait la valeur et qui lui préférerait un morceau de verre enchâssé dans du clinquant.

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Toutefois, afin d'empêcher la légende de pousser trop loin sa propagande irrévérencieuse, et afin de réduire les choses à leurs vraies proportions, il ne sera pas sans intérêt d'examiner aussi à ce point de vue le caractère d'Ampère. Le sourire pourra par moment venir sur les lèvres, j'ose dire qu'il n'altérera jamais le respect.

Que le savant ait eu des imperfections et des défauts et que, par là, il ait payé son tribut à l'infirmité de la nature humaine, personne assurément ne s'en étonnera, que dans sa jeunesse il lui soit arrivé d'être un peu gauche dans son extérieur, ou négligé dans ses vêtements, ou naïvement maladroit dans certaines démarches, la famille Carron nous l'a suffisamment appris, que ces mêmes travers ou d'autres analogues se retrouvent dans l'âge mûr, c'est encore ce qui résulte du témoignage de ses contemporains. Il sufi&ra à cet effet de consulter sa biographie par M. Arago, à laquelle nous empruntons la plupart des traits qui suivent, non cependant sans avoir exprimé le regret que l'émînent secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences n'ait pas toujours été assez respectueux envers son illustre collègue, et, s'il faut en croire la chronique, l'ait parfois trop familièrement exploité. Voici un premier trait relatif à la jeunesse d'Ampère.

« Lalande et M. Delambre avaient été charmés du travail analytique du jeune professeur de Bourg, sur le calcul des probabilités ; ils l'appelèrent à Paris et lui firent confier la place de répétiteur à l'Ecole Polytechnique, fonctions dont Ampère s'acquitta avec

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distinction, mais non sans rencontrer des difficultés qui tenaient pour la plupart à l'isolement dans lequel il avait vécu jusque-là. Mal conseillé par des amis peu au courant des choses d'ici-bas, Ampère se présenta dans l'amphithéâtre d'une école presque militaire en habit noir à la française, oeuvre malheureuse d'un des moins habiles tailleurs de la capitale ; et pendant plusieurs semaines le malencontreux habit empêche plus de cent jeunes gens de prêter attention aux trésors de science qui se déroulent devant eux.

« Le répétiteur craint que les caractères tracés sur le tableau noir ne soient peu visibles pour ses auditeurs les plus éloignés. Il croit devoir les consulter, ce qui semble bien naturel. Eh bien! à la suite du colloque ainsi établi avec des jeunes gens réunis ainsi en grand nombre, plusieurs d'entre eux eurent l'espièglerie, en argumentant toujours de la prétendue faiblesse de leur vue, d'amener par degré le bienveillant professeur à des caractères d'une telle grosseur que le plus vaste tableau, loin de suffire à des calculs compliqués, n'aurait pas contenu seulement cinq chiffres.

ce Tout entier enfin aux développements d'une théorie difficile, il lui arriva, dans le feu de la démonstration, de prendre le torchon saupoudré de craie pour son mouchoir. Le récit, grossi, amplifié de cette méprise, assurément bien innocente, se transmit de promotion en promotion ; et quand Ampère paraissait pour la première fois devant une d'elles, ce n'était plus le savant analyste qu'elle cherchait de préférence.

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elle guettait plutôt le moment où il l'égaierait par la distraction dès longtemps promise, et dont elle était très peu disposée à le tenir quitte. »

« Son cabinet s'ouvrait à toute heure et à tout venant, dit encore M. Arago. Vous n'en sortiez pas, nous devons l'avouer, sans que notre confrère vous demandât si vous connaissiez le jeu d'échecs? La réponse était-elle affirmative, il s'emparait du visiteur et joutait contre lui, bon gré malgré, des heures entières. Ampère avait trop de candeur pour s'être aperçu que les iphabiles eux-mêmes, plusieurs m'en ont fait la confidence, connaissaient un moyen infaillible de le vaincre : quand les chances commençaient à leur être défavorables, ils déclaraient en termes très positifs qu'après de mûres réflexions, le chlore était définitivement pour eux de l'acide muriatique oxygéné, que l'idée d'expliquer les propriétés de l'aimant à l'aide de courants électriques semblait une vraie chimère, que tôt ou tard les physiciens reviendraient au système de l'émission, et laisseraient les ondes lumineuses parmi les vieilleries décrépites du cartésianisme. Ampère avait ainsi le double chagrin de trouver de prétendus adversaires de ses théories favorites, et d'être échec et mat! »

Le chapitre des distractions était aussi un des endroits faibles d'Ampère. M. Arago en rapporte quelques-unes qui sont vraiment étranges : ce fait, par exemple, qu'au sortir d'une soirée employée à de longues et vives discussions sur la religion et la métaphysique, le savant se serait retiré, emportant le cha-

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peau tricorne d'un ecclésiastique, au lieu de son propre chapeau rond.

Ce serait encore Ampère qui, assis un jour à la table de personnes considérables, s'imagine un moment qu'il est chez lui, et s'écrie, avec l'accent d'un mécontentement profond: «Vraiment ce dîner est détestable! Ma sœur comprendra-t-elle enfin qu'elle a tort d'accepter des cuisinières, sans s'être assurée personnellement de leur savoir-faire ? »

Les distractions qui précèdent, en les admettant comme authentiques et non exagérées, seraient dignes de figurer dans les Caractères de La Bruyère ; la suivante est plus facile à comprendre de la part d'un savant qui est arraché tout à coup à de profondes spéculations scientifiques et philosophiques pour régler le compte de son cocher.

« En 1829, lisons-nous dans le Journal et Correspondance^ p. 274, quand le grand mathématicien, atteint des premiers symptômes d'une maladie de larynx, voyageait sur la route d'Hyères, où il allait chercher le repos et le soleil, assis au fond d'une calèche, à côté de son fils qui l'accompagnait, il se chargeait volontiers de payer les postillons. Aux portes d'Avignon, dans ce pays déjà méridional, où le langage populaire se colore et s'accentue d'épithètes énergiques, André Ampère essayait laborieusement de régler ses frais de route; mais d'un côté la distraction, de l'autre l'impatience, embrouillaient incessamment toutes ses additions.

« L'affaire s'arrange enfin au gré de l'Avignonais,

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qui reçoit son pourboire et d'un air de superbe dédain : en v'ia un mâtin qui n'est pas malin ! Où celuilà a-t-il appris à carculer? »

« Tout entier à l'admiration que m'inspirait le génie de mon père, disait Jean-Jacques en rappelant ses souvenirs, je Técoutais parler sur la classification des connaissances humaines quand cet incident vint nous interrompre. »

Ampère possédait à un très haut degré la faculté d'éprouver des impressions vives, subites, profondes et persévérantes. L'histoire de son mariage en est une preuve remarquable. A peine a-t-il aperçu, pour la première fois, M"« Julie Carron, son cœur est pris, il l'épouserait sur l'heure si la chose était possible, et ce sentiment, en quelque sorte instantané, persistera, renversant tous les obstacles, survivant à la mort, et pénétrant sa vie tout entière. Ses sentiments à l'égard de ses amis, ses ardeurs pour la métaphysique, sa passion pour les sciences, sont du même genre, naissant avec la même fmpétuosité, persévérant avec la même ténacité. On est encore conduit aux mêmes réflexions, quand on apprend de quelle façon le savant fut initié subitement aux émotions musicales et au sentiment des beautés de la nature.

« Il atteignait déjà sa trentième année, rapporte M. Arago,- et assistait, en compagnie de plusieurs de ses amis, à un concert où, dans le principe, on exécuta exclusivement des morceaux de la musique profonde, énergique, expressive de Gluck. Le malaise d'Ampère était visible pour tout le monde : il bâillait, se

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tordait, se levait, marchait, s'arrêtait, marchait encore sans but et sans suite. De temps en temps (chez lui c'était le dernier terme d'une impatience nerveuse) il allait enchâsser sa figure dans l'un des angles du salon, en tournant le dos à la compagnie. Enfin l'ennui, ce terrible ennemi, que le savant académicien ne sut jamais maîtriser, faute, disait-il, d'avoir été à l'école dans sa jeunesse, sortait à nu par tous ses pores. Eh bien! à la musique étudiée du célèbre compositeur allemand, succédèrent inopinément des mélodies simples, douces; et notre confrère se trouva transporté dans un nouveau monde; et son émotion se trahit encore par d'abondantes larmes. La fibre qui unissait l'oreille et le cœur d'Ampère venait d'être découverte et vibrait pour la première fois.

« Les années ne changèrent rien à cette disposition singulière. Toute sa vie. Ampère montra le même goût pour les chants simples, naïfs; la même antipathie pour la musique savante, bruyante, tourmentée. »

C'est encore la Correspondance qui nous fait le récit suivant : « A peu près vers la même époque (i 8 1 3), l'imprévu réservait encore une jouissance nouvelle à notre mathématicien. Aimant passionnément ia nature, les environs de Lyon, les bois, les montagnes de Polémieux l'enchantaient, mais sa vue trop basse bornait pour lui l'horizon, l'empêchait de distinguer les détails d'un paysage. Un beau jour d'automne, à l'heure où les ombres s'allongent, André, avec ses chers compagnons, se promenait aux

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bords de la SaOne (i). Ballanche, étonné de Tindifférence de son ami vis-à-vis de merveilleux et lointains effets de lumière, a Tidée de poser subitement ses lunettes devant les yeux du myope. Un habile opérateur n'enlève pas plus promptement la cataracte à un aveugle. Ampère poussa des cris d'enthousiasme, en découvrant des sites inconnus, de riantes vallées, de fraîches collines, des sentiers éloignés, des clochers, des villages. La naïve expression de sa joie resta gravée dans la mémoire de Bredin, qui se plaisait à rappeler cette scène à Jean-Jacques. »

« Quelle malheureuse faculté que Timagination! s'écriait un jour Ampère. Comme elle agite et tourmente la vie ! » Pour son compte, il trouvait moyen de lui donner carrière jusque dans les circonstances les plus ordinaires, on peut même ajouter, les plus vulgaires de la vie. Quoi de plus prosaïque, par exemple, que d'acheter, par devant notaire, une vieille maison, et d'y mettre les maçons et les plâtriers ? Aux yeux d'Ampère, l'opération se présente sous un tout autre aspect et se pare des couleurs les plus séduisantes. Il en informe Bredin en ces termes (2) :

« Comment se fait-il, cher ami, que je sois depuis une douzaine de jours propriétaire d'une maison à Paris, et que je ne t'en aie encore rien écrit. Elle est située entre l'Ecole Polytechnique et le Jardin du roi, rue des Fossés-saint- Victor, n° 19. Cette rue est large,

(i) L'île Barbe.

(2) Correspondance et Souvenirs, t. I. p. 139.-^ 18 mai 181 8.

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claire, toujours propre, mais en pente assez rapide, en sorte que les voitures ne peuvent guère y monter quand il gèle. La maison est d'origine patrimoniale, bâtie très solidement en pierre de taille.

Son prix principal est de So^ooc

Etrennes i,ooo

Frais de timbre et de notaire 2,5oo

Réparations projetées 3,5oo

Total 37,000

La plus grande partie de cet immeuble appartient à ma sœur, qui a payé 27,000 sur 37,000 francs; nous nous arrangerons pour les loyers, dont elle recevra les deux tiers.

« J'aurai un jardin avec six tilleuls, trois pruniers, quelques espaliers de vigne. Ce terrain est plus haut que la cour, et au niveau de Tentre-sol. Par un petit escalier de bois, bien commode, je réunirai une des pièces de l'entre-sol au premier étage, où je logerai. Cette chambre isolée, donnant sous les tilleuls du jardin, sera une habitation charmante que je destine à Jean-Jacques. La pareille au-dessus, tout aussi agréable, sera celle de ma sœur et d'Albine. »

Voici maintenant comment M. Arago complète la description d'après des souvenirs contemporains :

(c A cette époque, notre ami habitait, depuis peu, la modeste maison qu'il avait achetée au coin de la rue des Fossés-Saint- Victor, et de la rue des Boulangers. Le jardin, plus modeste encore, formé de quelques dizaines de mètres superficiels d'un terrain infertile,

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venait d'être bêché. A certain escalier avait succédé un sillon rapide et sinueux dont les bords supportaient deux ou trois planches étroites placées audessus de la partie la plus profonde. Le tout se trouvait entouré de murs extrêmement élevés. Mais, vat-on s'écrier, vous venez de décrire le préau humide et sombre d'une prison. Non, Messieurs, je viens de tracer le plan et l'aspect du jardin où Ampère, au milieu de janvier, dans la rue des Boulangers, rêvait déjà, j'ai presque dit voyait de frais gazons, des arbres resplendissants de verdure, des bouquets de fleurs brillantes et embaumées, des touffes d'arbrisseaux au milieu desquelles on devait lire avec délices les longues lettres des amis lyonnais; où le pont fêté sur la vallée formerait un pittoresque point de vue 1 »

Et cependant la modeste maison de la rue des Fossés-Saint- Victor était destinée à receler, dans son étroite enceinte, bien d'autre merveilles qu'Ampère ne soupçonnait pas, et que, dans les élans les plus audacieux de son imagination, il n'aurait pas osé rêver. Peu de temps après avoir reçu son nouvel hôte cette maison devenait tout à coup célèbre; les châteaux pâlissaient devant elle; des visiteurs, accourus de tous les points de l'Europe, s'y donnaient rendez-vous, l'estimant d'un prix supérieur aux plus fastueux palais de la capitale. C'est là, en effet, qu'Ampère a réalisé son immortelle découverte ; c'est dans cette petite chambre du premier étage, ombragée par les six tilleuls, qu'il avait installé sa fameuse Table; et les plus grandes illustrations scientifiques du monde

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