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da convent académique une espèce de sénat indépendant , bostile au magistrat ^
QuantàSturm, il avait également ses griefs. Aux insinuations de ses adversaires , il opposait la diminution du Qombre des élèves qu'il attribuait, non sans raison, aux progrès de l'intolérance religieuse. Son ambition avait été de voir fleurir à Strasbourg une école modèle ; cet espoir ne se réalisait plus*. L'enseignement des lettres classiques, devenu suspect aux pasteurs , n'était plus à la hauteur où il s'était trouvé naguère; les cours de théologie eux-mêmes commençaient à être abandonnés ; il ne venait plus de Tétr^nger que des élèves de quelques États luthériens'. Affligé de ces eflets de l'influence croissante de Marbach et de son parti , fatigué des disputes dogmatiques introduites jusque dans les séances régulières du corps enseignant , Sturm résolut de se démettre des fonctions de recteur. S'étant rendu à Bàle , où il rencontra une sympathie à laquelle ilcn'était plus habitué à Strasbourg*, il chargea ses amis, le^ jurisconsultes Gremp , Jean Nervius et Bernard Botzheifidj' de présenter sa démission au convent académique; il désira de plus qu'après un an on le dispensât des leçons , s'qffrant du reste à servir l'école par ses écrits et par les coaseiis de son expérience ^. Le convent nomma une comn^jssiaapour examiner ces demandes. L'affaire étant grave , lepflaagistrat crut devoir s'en emparer. Un certain nombre d-'éliwJiants étrangers lui remirent une supplique, pour obtenir' que Sturm fût prié de conserver le rectorat et de contintïer ses cours. Le 25 janvier 4570, Sturm lui-même pré-
f sturm au sénateur G. Miinch, 28 févr. 1570.
2 Sturm au professeur Hauenreuter, lerjuill. 1571 ; en tête de Hauenreuter, Schola Argentorat.
3 Au prof. Beuther, 26 mars 1671. — Antipappus H , P. 3, p. 157.
'»En novembre 1569. Pantaleon, Teutscher Nation Helden. Bâle lîi78, in-fol., T. m, p. 263.
"> La demande de Sturm fut présentée au convent le 19 déc. 1569.
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senta au magistrat un mémoire, contenant les motife qui l'engageaient à désirer le repos ; il y exposa les causes auxquelles il attribuait la décadence de l'école , les difficultés soulevées sans cesse par le dissentiment entre le corps académique et celui des pasteurs, la nécessité de ne. pas s'écarter du concordat de 4563 si l'on voulait maintenir la paix et la réputation de l'académie; il ajouta, qu'ayant trente-trois ans de service, et sa vue devenant de: jour en jour plus faible, il se croyait assez fondé à demander sa retraite. Deux mois après , le magistrat, loin d'accepter sa démission, le chargea de réformer les abus dont il avait à se plaindre. Le scolarque Henri de Mulheim, qui avait dé^ claré qu'il renoncerait à ses fonctions si Sturm n'était pa^ maintenu dans les siennes, fut prié de les garder pour ai* der son ami dans l'exécution des améliorations jugées nécessaires*.
Mais , dans son ressentiment contre Marbach , Storm n-es^ pérait aucun succès d'une tentative de changer l'état- des choses. Appelé à une séance du couvent académiqnè^y où devaient être traités les moyens de relever l'école , il écii^ vit de sa campagne au professeur Michel Beuther une Utife pleine de récriminations contre Marbach qui, selon lui, inspirait à la majorité des professeurs une telle crainte que toute réforme en serait empêchée. Il eut même l'intention de faire un voyage dans sa patrie , autant pour la voir en^ core une fois avant sa mort, que pour se soustraire à l'obligation d'exercer des fonctions dont il n'attendait plus de résultats*. L'influence de Marbach lui était d'autant plus intolérable qu'habitué à un long exercice de l'autorité, il s'irritait plus facilement de la contradiction, même quand
î A G. Munch, 28 févr. 1570.
^Pappus à Phil. Marbach, 21 mai 1571 ; dansFecht, Histariœ eeclêSioêU âCBC. XVI supplementunit ,..epistolis adlHarbachios,., constanr, Durlach 1684, in-4o, p. 364.
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elle était:plus modérée que celle de ses adversaires dogtnatiqueSi Une maladie Tempêcha d'exécuter son projet de y^yage à Sleide ; il fut forcé de passer quelques mois aux eaux de Bade. Sa lettre à Beuther, que celui-ci avait commaniquée aux professeurs, produisit sur Marbach et ses aifnis rimpres&ion à laquelle on avait dû s'attendre. Invoqfuantson âge, son état maladif, son propre désir de vivre dans le repos , ils firent une tentative pour l'éloigner du rectorat; mais ni les scolarques ni le magistrat n'étaient &^cotei disposés â accueillir une pareille demande*. Un es^ai fait dans les derniers mois de 4574 par quelques jwjofesseurs et par le syndic de la ville , de réconcilier Marbach et Sturm , échoua contre l'aversion de ce dernier pour, le président de l'Église*.
^ En mars 4572, le gouvernement de la ville, inquiet sur le sort de l'école , demanda à Sturm et à Marbach des mémoires sur la réforme des différents établissements dont t'«Bsemfcle formait l'académie. Le recteur commença par insiMer sur la nécessité de mettre des bornes à l'influence djes> théologiens dans les affaires concernant l'enseignement; à l'avenir, dit-il, personne ne devra être admis ccuoame professeur à moins d'avoir subi un examen devant lareeleur et les visiteurs, et les cours devront être soumis àî l'approbation de ces fonctionnaires. Il s'étendit longuement sur les collèges de Saint-Guillaume et des Dominicains où étaient logés les boursiers, et dont, en 4556, les
■ ! ^imofl Sulzer, de Bàje, à Marbach, 21 juin 1571 ; Fecht, o. c, p. 374 ; — Pappus à Ph. Marbach, 5 juill. 1571 ; o. c, p. 376.
'2 Marbach contre Sturm; ms. — Sturm avait écrit une Declaratio de sa lettre à Béuther ; selon Pappus , il y reprochait à Marbach : • in$citiam linguœ latinœj harbariem, negligentiam , tyrannidem in tribus collegiis, duobus scolasticorum , et tertio tkeologorum , avaritiem inexplebilem , ut qui de dimenso eorum, qui in Prœdicatorio vivunt^ quotannis trecentos aureos abradat.» Pappus à Piiil. Marbach , âl août 1572; chez Feoht, o. c, p. 435.
scolarques avaient confié l'administration à Marbadi el i lui , comme aux chefs des deux corps ecclésîaslîqiie et aca« démique. Il accusa Marbach de s'être empara de Tautorité, d'avoir commis des actes arbitraires et introduit parmi les élèves un esprit de secte qui donnait lieu à de firéqnentes querelles. Dans un mémoire spécial sur la réforme du régime intérieur des deux collèges , Sturm exposa des vaes très-sages sur la nourriture, le logement, les études, k discipline, les exercices corporels des étudiants, aiisique sur les devoirs des fonctionnaires attachés aux paisiennats^
Quant à Marbach , il comprit moins bien que Sturm es que leur demandait le magistrat. Son mémoire n'estqu'ime longue série de griefs contre le recteur, accusé d'élre hérétique , d'avoir des liaisons , non- seulement avec des eal^ vinistes et des zwingliens, mais même avec des papistes, de louer l'école fondée à Saverne par l'évêque , de propo* ser que , pour la guerre contre les Turcs , les protestants fassent une alliance impie avec les catholiques , etc. U demanda donc que l'autorité du recteur fût diminuée pour augmenter celle des théologiens. Les observations qu'il ajouta pour critiquer les propositions faites par Sturm dans ses Epistolœ academicœ , et qu'il appela des chimères platoniciennes , ne prouvent pas de sa part une granjde expérience pédagogique.
Ce mémoire, remis au magistrat le 26 avril, fut suivi d'une réponse très-véhémente de Sturm , dans laquelle il reproduisit contre Marbach ses anciens reproches de fanatisme et d'ignorance'. Le pasteur, blessé au vif, rédigea plusieurs pièces, tant pour se justifier, que pour metU*e sur le compte de Sturm lui-même la décadence de jour en
<. Le 30 mars 1572.
2 Le 10 mai 1572.