‹ La vie et les travaux de Jean SturmChapitre 5 sur 26 · SÉJOUR ET LEÇONS PUBLIQUES A PARIS, ETC · texte numérisé non relu

SÉJOUR ET LEÇONS PUBLIQUES A PARIS, ETC

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aj revmt a Fans, et deierplma le roi a demander,^ si la reiinijqn des Édises, lesavisâeMélahchthônef^e'fiucçr^^ les theûlo^Ieç^ protest^îiis , (ju^en ÏPVànc^ on . estimait ' J^è |)lus,^ Ç^use de leur,sa\oir et de leur modéfatioV ou chargea ijië cette mission un ami de Sturm, le jeuiiê, nÏMe^ ciri uiric Cjbelius ; en 1534, ççlui-ci revint avec' ctêstn^lûôires de MëigLnchîhon, de Bucer et de Hédïon' iexpôsaht les concessions que les protestants étaient disposés a fair^ pour, le rétablissemept de la paix, Malheureusenieiit ' le ^ele.inconsiti^ré (je qpplqiies réformés de Paris fit révenir rraiiçois fér g ses velléités pacifiques. Les placards' contre là

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messe, alïïcnes en octobre loS^, I irritèrent au pomt qu n

ne rompit ,pas seulemei^t les négociations avec les réfor-

^Md\\*y\r <[jri V, ..--il. m-j:.!.!. !'> ,.. . '■ : . j. • • .' • ..• .,J. maleurs allemands , mais guil ordonna aussi une cruelle

persécution contre tous les protestants de la capitale! ïèïriôiii des supplices et de la constance des martyrs, doilt plusieurs ciàiepl ses àoii^* Sturin conçut pour l^Églîse réformée de France, qui comptait en son sein des hommes aussi fermes, une SYmpatnje qui ne s est pas dementaexin ,seuT instant pendant toute la longue durée de sa vie*. Tou- .teiois, plus amî de la coiicilialion que du schisme, il ne puise àefendi^e d'un regret amer en voyant la cause dé la Réforme compromise par les auteurs des placards : il était aayis (|ué, par pne ex;pôsîiioh calme et savante de ses dociriWs,,- le proies lant^ eût fait plus dé progrès *iein i4àncè que pijr des altaqùfô trop véhénietités contre lefeéi^reurg et'tes préjugés des masses. Ces serilimènis he réitïpecïiéi^ent pas de devenir suspect ïùî-même, sUr(dttt"'à

'■^ <Vl it/r cfes h'êgV)ëialions notre riiémolrer Die Unions-Versùch^ Franz Ses f; dans Niëaiiér, ^eiïkchrift fWr hisiopiiohe Théolôgiei' l^z. ii850,

i'e livr. ■ '. .'"■^1 :;■, ::'A . 'j-o-^ijl

2 Antipappus l, p. 43, 44; — Ântri?, lll\fi%9^, ^ : ^ r? u: '■ •

Clause de sa iialionalité; la tactique <des adverMirêi^'ifié^'là Réforme en France consistait à faire passer tous! leé|fiW^ testants allemands pour des anabaptistes , des tentetità à^ troubles, des ennemis de Tordre public. Sturrti^^'poii^ échapper au danger, se disposait à quitter Paris:; déjà'Mé!^ lanchthon lui cherchait une position àTubingueou à Atig!»f bourg*, lorsque par Tintervention de Guillaume diî Bôllâ^ il fut excepté des poursuites ; sur les instances de Bamâbîê Voré, sieur de la Fosse, qui avait connu Mélandilhon"è Wittemberg et qui estimait alors les réformateurs- y^dl consentit à rester encore*. Les mesures Violentes \Stécftl^ nées par François I^r produisirent en Allemagnei une itti4 pression des plus fâcheuses pour l'honneur: du roT^'^oé! commença à douter, non sans quelque apparence detôû^ dément, de la sincérité de son désir de se rappriodïef'diè'é( réformateurs pour réconcilier les deux Églises. GependilSt il voulait renouer les négociations ; Sturm, que du Béllé^ lui avait présenté comme un homme savant et ami i(iîe'«te uaix, le confirma dans rintention d'appeler, ew FV^noé^ Bucer et Mélanchthon , afin de s'entendre avec eux surf IiéS^ questions controversées ; Barnabe Voré ayant été chargé^ de les inviter au nom du roi , Sturm lui donna des lettrée^ pressantes pour les engager à ne pas se refuser à cette' oeuvre chrétienne. Selon lui, c'était le seul moyen'dé pré*i' server les réformés français de persécutions nouvelles' ^l de contribuer à la propagation de la vérité évangéltque eh' France ; « l'avenir du protestantisme français est- entre- vos mains,» écrit-il à Bucer; il croyait à la sincérité du roiV' ne voyait dans ses desseins aucune arrière-pensée politique, allait même jusqu'à excuser la rigueur des mesures prises après les placards , dont les auteurs lui paraissaient

* Mél. à Sturm, 1535 . 9 mai; Melanchth. Epp., éd. Bretschneider, T. II, p. 874.

2 sturm à Mélanchthon', 6 mars 1535; o. c , p. 865.

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jdes hommes faiiatiquies et violeoits ; le roi ^ disait^l, était fr^^nchement disposé à ccmcourir à une réforme de rÉglisè et à donner aux Français la liberté de conscience*. Les-déj- «laralions de Sturm ne sont pas suspectes de duplicité* quoique protestant et allemand , il ne partage pas les ap-^ préhensions de ses compatriotes au sujet de la bonne foi du roi ; c'est une preuve pour nous que ses espérances n'étaient pas toutes des illusions généreuses, et que François ^^ iui-mfîme avait , du moins à ce moment, quelque intentâoni de s'entendre avec les réformateurs. Cependant l^ç, lettres de Storm ne firent de l'effet que sur Bucer, le plil^ constamment disposé à la co^nciliation parmi tous les tbéologieas protestants. Bucer se laissa convaincre* de la sinqérité des désirs du roi; tous les peuples, écrivit-il, sont Çrière^en Jé^us-Ghrist; qu'on travaille donc pour la France s^^ôejaisser détourner par des soupçons qui ne sont fondai qtiô.^dans une injuste antipathie nationale. Prêt à se lîçfn^eànrinvitatton du roi, il insista auprès de Mélanchtbqn pour qu'il cessât d'hésiter, mais ne parvint pas à vaijitire ses doutes ; Mélanchthon voulait que le roi , au lieu' dejue: s'e&tretenir confidentiellement qu'avec un ou deux théologiens , convoquât un synode. Barnabe Voré fut alors renvoyé en Allemagne avec l'invitation officielle pour Mé-^ lanctilhon de venir discuter, avec quelques hommes savïtnts éitamis de la paix , sur les moyens de l'union. Sturm renouydla ses instjmces auprès de lui; il lui représenta que siles Allemands refusent de se rendre au désir du roi, celyî-ci dewa croire ou qu'ils ne se fient pas à sa parole , ou qiiiils ne sont pas en état de défendre leur doctrine; Tun e4 l'autre aui^ait les conséquences les plus funestes pour le sort: des protestants en France-. Toutes ces démarches

> Ibid. — A Bucer, 6 mars 1535; dans Strobel, Hist. du Gymnase, p. 411 .

2 A Mélanchthon , 9 juillet 1535 ; Mel. Epp., T. IV, p. 1029.

furent vaines ; les soupçons des Allemands étaient trop enracinés et rtiésitation de Mélanchthon trop grande ; comme Luther surtout s'y opposait, l'électeur de Saxe .finit par défendre à Mélanchthon de se rendre en France. François l** fit néanmoins de nouveaux efforts , malgré les résistances qu'il rencontrait , de son côté , de la part du parti catholique. Il envoya Guillaume du Bellay lui-même en Allemagne avec des instructions conciliantes ; mais les États réunis à Smalcalde écoutèrent ces propositions avec peu de faveur ; on remercia François I®r de ses bonnes intentions , et la chose en resta là. Le roi renonça dès lors à renouveler ses démarches; les influences catholiques, n'étant plus contrebalancées par le désir de se rapprocher des Allemands, trop soupçonneux ou trop malveillants envers la France, regagnèrent leur empire sur son esprit mobile; d'ailleurs la reprise des hostilités avec l'empereur, en 1535, détourna son attention des questions théologiques; l'œuvre de conciliation fut abandonnée , au grand regret de du Bellay, de Sturm , de Bucer, et des autres hommes éclairés et pieux qui y avaient consacré leurs efforts *. Les persécutions recommencèrent en France , non-seulement contre les protestants de la capitale, mais aussi contre les Vaudois du midi. Beaucoup d'entre eux émigrèrent en Allemagne et en Suisse. En vain les cantons helvétiques, le magistrat de Strasbourg, le duc de Wurtemberg et le landgrave de Hesse intercédèrent-ils auprès du roi * ; repoussé par la méfiance des Allemands , celui-ci ne crut plus devoir écouter leurs plaintes. Ce n'est qu'alors que Sturm se résolut à quitter Paris; sans le désir de contribuer à la réconciliation , sur laquelle il fondait des espérances peut-

1 A Bucer, 17 nov. 1535 ; dans Strobel, Hiêt. du Gymnase, p. 114.

2 Lettres du magistrat de Strasbourg au roi de France et à Marguerite , 3 juillet 1536. — Lettre du magistrat de Bâle à celui de Strasbourg, 24 juiUet 1536.

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être exagérées*, il se serait décidé plus tôt à accepter les offres, que lui avait faites le magistrat strasbourgeois. Depuis longtemps déjà Carinus et son élève Érasme , comte de Limbourg , de quelques semaines plus âgé que Sturra et son ancien ami , l'avaient recommandé à Bucer et au Stettmeister Jacques Sturm , qui cherchaient à attirer à Strasbourg des savants distingués*. Il paraît qu'en 4534 déjà Bucer lui avait fait des propositions , avec l'espoir, à, peu près certain, de le voir les accepter ^ Quelques-uns de ses biographes assurent qu'au moment de recevoir sa vocation définitive pour Strasbourg, il était sur le point de prendre , avec son ami Gûnther d'Andernach , le grade de docteur en médecine * ; cela n'est pas vraisemblable , car depuis quelques années il ne s'était plus occupé que de dialectique et de philologie. Ce qui est plus positif, c'est qu'à la même époque il travaillait avec Jean Strassel à un dictionnaire latin % qu'il laissa inachevé pour aller à Strasbourg , où l'appelait une décision du magistrat et où l'attendaient des travaux infiniment plus importants. Avant de parler de son activité dans l'ancienne ville libre , il e^t nécessaire de dépeindre en quelques mots la scène sur laquelle nous allons désormais le rencontrer.

» sturm à Bucer, 17 nov. 1635 ; L c.

2 A Hoiman, juin 1562. »-^ au comte palatin Richard, déc. 1568 ; daasle« Epp, de morte Erasmi Episc.

3 Le 30 avril 1584 Bucer écrit à Ambroise Blaarer qu'il attend pour Técole dei Strasbourg un troisième professeur : « Veniet Uriius Par ùttj, àUmodum injtrtifilufii» tOA, :,. : ■! • ■ j ■"■■

^ yUa Sturmii Bericht von der ttratsb. Kirchenordnung^ p. 188.

FoppenSî BibÙotA. helgica^ Brux. 1739, in-4<>, t. II, p. 737, dit qu'il prit à Paris le grade de docteur en médecine.

5 A Théodose Rièhei;^Sf août 1586 ; en tète du Lexicon trilingue.

i^ CHAPITRE m.

L instruction publique à Strasbourg depuis la Renaissance jusqu'à l'arrivée de Sturm.

A Strasbourg, le grand mouvement intellectuel auquel Sturm devait s'associer, e^ qu'en partie il allait diriger^ avait commencé dès la fin du quinzième siècle. Dans quelques-uns des couvents de la ville il y avait des écoles , où les jeunes clercs étaient instruits dans les sept arts libéraux et dans la théologie scolastique. L'école des Franciscains surtout était célèbre dans toute la province rhénane * ; on la vantait pour ses leçons Ihéologiques et pour les cours sur l'architecture que donnait un des frères*^. Mais l'esprit de la Renaissance ne pénétra point d^ns ces sanctuaires , où dans les dernières années du quinzième siècle on expliquait encore Duns Scot'. Grâce à cet <)l?scurantisme', Strasbourg passait même pour être une ville superstitieuse , dénuée de science , sans sympathie pour les gens de lettres*. Le mpment n'était pas loin où elle ne dut

> Chronique ms. de Jérôme Guebwiler.

2Wimpheling, Cis Rhenum Germania ; Strasb. 1501, in-4o; — éd. Mçscherosch, Strasb. 1648, in-4o, p. 44.

^Petr. Schott, Lucubratiunculœ. Strasb., Martin Schott, 1498, in-4<»,

f^. ao*.

^ O.Luâcinius, dans VEpistola nuncupatoria , en tète de ses Progymnatmata grœeanicœ lileraturœ , éd. de 1521, in-8o, cite un distique qui ay^U été en usage parmi les humanistes :

« Doctrine vacuis est urbs Strasburgia matera doctis atque bonis esse noverca solet.»

Dans une lettre à Jean Schwebel, du 20 déc. 1521, Nicolas Gerbel appelle Strasbourg « urbs omnium super stitiosisêima.n Centuria epistolarum theologicarumad Joh. Schwebelium Deux-Ponts 1597, p. 25.

l'instruction publique, a .STRASBOURG ,ETC. 40

plus mériter ce reproche qui , à vrai dire , ne s'adressait qu'aux moines. C'est en dehors des cloîtres que s'opéra le mouvement réformateur, qui bientôt entraîna les meilleurs parmi les religieux eux-mêmes. Des chanoines de quelques chapitres , des curés , des laïques , furent les jl^rèmiers qui, malgré les résistances des partisans du vieux régime, répandirent en Alsace le goût des études classiques. A Strasbourg, ce furent Pierre Schott et Thomas Wolf, chanoines de Saint-Pierre-le-Jeune ; Philippe de Dhatin et Ôberstein, prévôt du grand-chapitre; le docteur Nicolas Wurmser, doyen de Saint-Thomas ; Geiler de Kaisersberg, curé, et Thomas Vogler, vicaire de la cathédrale; parmi les laïques il faut citer, en première ligne, Sébastien Brant, le spirituel auteur de la Nef des fous, et Jacques Sturm de Sturmeck , membre , comme Brant , dé la société littéraire de Strasbourg, et plus tard premier niâgistrat de la République*. La célèbre école de Schlesiàdl, d'où sont sortis tant d'hommes distingués; les sociétés littéraires fondées à Schlestadt et à Strasbourg par ^impheling ; les imprimeries établies dans ces deux villes et clans' celle de Haguenau, et dont les chefs étaient euxmêmes des érudits * ; les publications d'auteurs anciens , faites par le savant laïque Béatus Rhénanus , contribuèrent puissamment à la propagation du nouveau zèle pour les lettres '. Éclairés par leurs études, les humanistes alsa-

'^^Voicf cdmmefit," en I5î4, Érasme s'exprime sur Jacques Sturm : « Incomparabilis juvenis , qui majorum imagines , morum illustrât integritBtie\ fuvéntutem ornât sentit morum gravitate , doctrinam haud qua- 'iqûàrri i)iïlgàrèm incredibili modestià mire condecorat.» A Wimpheling, à la suite du traité d'Érasme De duplici copia verborum ac reruin. Strasb 1514 , in-40.

- L'imprimeur Matthieu Schurer,. docteur es arts , publia en 1501 une Grammatica nova Strasb., Martin Flach, in-40.

- 3$iir les humanistes à Strasbourg et en Alsace, voy. les intéressants chapflèèsf'de Strobel, dans' sa Vaterîœndisohe Geschichte des Elsasses, Strasb. 1843, T. m, p. 515, et T. IV, p. 122.

26 ■■'•' 'CHAi>itftE-Hi;'= ^"•- .."'■'•'

ciens reconnurent de bonne béxtve lesdéfafuls ef 'tMtàCtftièi de rinslruction telle qu'on la donnait ^dans leè'i^sife^^fertes' du temps. Wimpheling lui-même publia' de k^ourts^ tfàiC^Si de grammaire et de rhétorique*; il désirait-, dé&''45dt',.' qu'on établît à Strasbourg un c gymnase laïqiife»,'piiiM*<(itte' les jeunes gens pussent y recevoir leurs premîêt^ iyçeWJ^ sous les yeux mêmes de leurs parents, et se préparé** 'ttUi* études supérieures des universités d'aprte uàe taéthôdè' moins barbare que celle qui était alors généralômént'l^ôii pandue. Malgré l'opposition du moine Thotflas'Mfart^Ê|^, 'le savant et pieux littérateur était persuadé qileîee'>SëfaStlià> pour Strasbourg un nouveau titre de gloire *'. Le miagii^ilîi se contenta d'honorer ses propositions piàr' iitf» dofl^de 42 florins d'or. Cependant quelques chai)itres inWôdttî'-^ sirent un enseignement plus conforme aux HotîN^eallx^'beP soins de l'époque. Dans celui de Saint-Pierre-le-Jéiitlé', #edtf Gallinarius, de Heidelberg, ami de Wimphelinjg'Vfur^WÔ^ dant quelque temps professeur de grammaire et fieHiéte*^^ rique. La demande de créer une école publique ftftîtSilàé-è velée en 1504' et surtout en 4507, où eHe fut scfMéÛM^^ le chanoine Thomas Wolf, aussi érudit que géiiérëtilil èb par Geiler de Kaisersberg, dont l'éloquence briglnftlëiÔàw gellait si vigoureusement les folies et les péchés' «te sort» siècle. : r i//«iA|;o

Mais le moment n'était pas venu de réaliser t5€f'idteîi? dans toute la proportion que Wimpheling avait conçue. Geiler de Kaisersberg, qui avait demandé l'établissement

1 Libellus grammaticalis. Strasb. 1497, in-4<>. — Kheloricà puèYis utHÙ^ sima; dans ses Ele^cmtiœ majores, Tubingue 1499, in-4o. ' i

- Cis Rhenum Germania^ p. 25. Nous parlerons plus bas des tiraifés'ifj'êdagogiques de Wimpheling. • v -, .

3 « Meinè Herren XV sollen-hedencken voie manèîrieh frùiviràWn ^Hé9Ùrten mann haben mœcht, der die kind lehrt , und dasz demselben ein it€huszung und holtz geben wîrd.* 1504. Seb. Brant, iénna^ey, contenaht des extraite des actes du magistrat ; ms.

l'instruction PUBUQVE: A. STRASBOURG , ETC. M

d'uoe.grande école ecclésiastique dans les bâtimeots d'un canvent habité par -des religieuses de mœurs suspectes*, Q -obtint que la création d'une école latine, attachée à la cathédrale. En 1509 il en confia la direction à Jérôme Guebwiler, jusque-là supérieur de l'école de Sehlestadt*; quelques années plus tard on adjoignit à ce savant le poëte Otlmar -Luscinius , élève des universités de Paris, de Louv^n et de Vienne, et fort estimé par ses contemporains pour sa «rare érudition » '.

iCepend^int cet enseignement était trop incomplet, trop ioiparfaitement organisé pour avoir une longue durée au milieu des rapides progrès de cette époque.

.-.iOn a(vait bien compris que, pour faire revivre les études classiques , il fallait les baser sur une instruction grammaticale meilleure que celle qui s'était donnée jusque-là; 2^\i^ faisait-on quelques efforts pour la réformer, mais ces efl&3arta.J9iêinçs témoignent de l'incertitude qui régnait à cette! jépQque de transition. Pendant qu'on imprime encore à StÇftsbowg le Gemma Gemmarum et le commentaire de IJorfentinus suv le Doctrinale, on y publie aussi les traités de Heiiri Bébel^ de Tubingue, et de ses collègues Heinriehmiknn et Brassic^us , qui ramenaient la grammaire à (te^ régies plus simples et plus rationnelles. Jérôme Guebwiler lui-même fit une édition du manuel que Jean QcM^bléus avait composé pour l'école de Nuremberg , et qui

' Wimpheling, Vita Geileri, cap. 30; in Sermon, et var. tract, Geileri. Straj|rf). ^^8, Wql. -^ .Ci* Rhenum Ger mania ^ p. 31.

-En 1509, dans son édition de Polydorus VergUius, De inventoribus rer 1191, (StFasb»jjin-4P), Guebwiler se nomme * nobilissimœ Argentinensis Ecclenœ literarii ludi prœfectus;)) et, en 1514, Wimpheling le qualifie de nGj/mnasiisummç^.œdis Argent, moderator,* Sermoadjuvenes. Strasb. 1514 , ia,-V»,

.3« Ftr rarœ eruditionis glorià inter paucos. celebrandus.n Ulric Zasius à Rémius, 17 juin 1526 ; dans Zasii Epistolœ^ éd. Riegger. Ulml774, p. 456.

2S éflAPITRBT m. ' =

était plus systématique que ceux dé l'école de Ttifaîngti«^*v Comme à Strasbourg l'étude du grec surtout étafittrtiè ïiotft veauté, les amis des lettres, avides d'apprendrèi bèlté langue, firent venir, en 4515 , un disciple d'Érasme, "péhxt les instruire d'après les principes de Théodore de Gaza qui faisaient alors autorité*. Bientôt après, Luscinius p*Éfliâ lui-même une grammaire et quelques auteurs grecs '^. Isàù des premiers tâtonnements de la Renaissance , n'ayant encore ni plan ni méthode , cet enseignement était loin safté doute de satisfaire aux idées libérales de ses fondateii'f è^; mais il contribuait au moins à répandre à Strasbourg' lé goût des lettres anciennes , et à faire sentir, par son imperfection même, le besoin d'une école savante établie- ^tit de meilleures bases. Cette nécessité devint urgente' surtout depuis la Réforme. 'I *"

A Strasbourg, ce grand renouvellement de l'Église' s^iéièflt accompli sans trouble; plusieurs hommes d'un ës^Wt éclairé et d'un noble caractère y avaient introduit ; àVéclni ordre admirable, la réforme du culte et du dogme! Nlillè part les circonstances n'avaient été plus favorables à ce développement aussi régulier que libre; Strasbourg, "republique jalouse de ses franchises, avait une bourgeoisie intelligente et amie de la paix; son magistrat souverain, âla tête duquel se trouvaient des hommes comme Jacques Sturm de Sturmeck et Mathias Pfarrer*, la gouverhâtît avec une sagesse et une fermeté qui la faisaient respecter entre tous les autres États de l'Empire; des prédicateurs,

1 En 1512 ; dédié par Guebwiler à Wimpheling.

2 « Omnis eruditorum coetus » fait venir maître Conrad Mellissipolitanus. Luscinius , préface à son édition des Dialogues des dieux de Lucien. Slrasb. 1515,in-4o.

3 Progymnasmata grœcanicœ litleraturœ. Strasb. 1517 et 1521.

'* V. réloge que fait Th. de Bèze de ces deux hommes dans ses Icônes. Gen. 1580, in-4o.

l'instruction publique a STRASBOURG , ETC. 23

aimés du peuple, empêchaient celui-ci de sortir des voies de la modération et du respect des droits de tous. La Réformation ne fut imposée ni par le pouvoir civil ni par une foule avide de nouveautés ; elle fut le résultat de l'opinion publique, l'œuvre réfléchie d'une population éclairée; le magistrat n'eut qu'à suivre et à régulariser un mouvement qui: s'accomplit sans excès. Préparée par les essais tentés depuis la Renaissance, la réforme de l'instruction marcjia de pair à Strasbourg avec celle du culte. Les hommes supérieurs qui dirigeaient le mouvement avaient compris qu'il fallait satisfaire à un double besoin : d'un ûôté^ tout citoyen devait recevoir une instruction suffisante pour le former aux nécessités de la vie sociale et religieuse ; de l'autre, on avait besoin de ministres savants et pieux , capables à la fois d'exercer sur le peuple une j^çftuence heureuse et de défendre leur foi contre des ad- ,yçrsaires auxquels ne manquaient ni l'érudition ni le zèle. Un des premiers résultats de la Réformation à Strasbourg dut être la création d'écoles élémentaires pour le peuple, et d'écoles savantes pour tous ceux qui aspiraient à rendre à l'Église ou à la cité des services publics. Aussi Strasboni^ ne tarda -t-^il pas à devenir, comme dit Bossuet, jtune des villes les plus savantes de la Réforme, telle qu'on la proposait dès les premiers temps comme modèle de discipline à toutes les autres *. »

Dès 4524, les prédicateurs demandèrent au magistrat d'établir des écoles élémentaires dans les bâtiments des couvents supprimés, et de les entretenir au moyen des revenus de l'Église; ils émirent en même temps le vœu qu'il

' Histoire des variations des Églises protest, Paris 1688 , in-i», T. Il,

p. 6J5 Pour tout ce qui concerne l'histoire de la Réformation à Strasbourg,

voy les ouvrages de MM. Jung {Beitrœge zur Geschichte der Re formation t Strasb 1830) et Rœhrich {Geschichte der Re formation im Elsass , 3 T. Strasb. 1830).

âééignât ptusieure de> stô membees pour. àtre}|)répÈl$£t$iÀ tout ce qui concernait l'instruction de la jeuQôS8e;jii}sr)ii^ (baignaient pas de voir l'État prendre la dir^ticm^uprêtne de renseignement, pourvu que les intérêts d^ la relipo» fcrssent garantis. Cette pétition fut remise à l'examea d'uofl commission qui, en août 1525, en proposa l'adoptioa^ maia Je manque de ressources ne permit i^^ (^mor^i.^e Texteuter. Toutefois le besoin étaitsi pressant,, qu^on;^! s'établir successivement un assez grand Qpmbïfe).d'^(|ol^â élémentaires libres. Des gens de toute esp^fiÇi jsefiRftW^ maîtres d'école : d'anciens moines heureux d'êti^ aorUgide leurs cloîtres, de pauvres clercs, des artisans sans )Ou?t vrage : tantôt c'est un musicien de la ville ^ tantôt ^n'toMiSn neur , un relieur, un greffier d'une des tribus de lai ixwirn geoisie; tous vivent pauvrement du mince revenu i de îl^uf^ leçons ; ils enseignent le peu qu'ils savent eiux^mÔHiesipdq lecture, récriture y le catéchisme, un peu d'aritfcrité^iqud Il y a même pour le calcul quelques écoles spécialts^ Sb sortant de ces écoles primaires, les enfants qui deraknt recevoir une instruction plus complète entraient dans l'école latine qui avait succédé à celle de la çalhédvaji^,;et que dès 1524» on avait établie au couvent des Gar^mesl Elle était dirigée par Otton Brunfels , ancien chartreux 'de Mayence, à la fois médecin et botaniste distingué^' ^J^zeîe pédagogue , premier éditeur des traités de Hu,ss et dpfçn^eur de Hutten dans sa querelle avec Érasme. Brunfels avait déjà exposé dans plusieurs traités sur la réforme de l'instruction; des idées sages et pratiques, mais encore dénuées de méthode * ; il insistait surtout sur les grands principes remis en honneur depuis le seizième siècle, de ne point séparer ^instruction de l'éducation morale , de former le goût par Fétùdé des auteurs classiques, et de remplacer les stériles

ï V. livre II, chap. 1.

l'instruction publique a, STRASBOURG , ETC. 35

subtilitjte' ^a la dialectique ficolastique par une philosophie plu&^^rationnelle et une ihéologpie plus vivifiante S.: s.

iL'éqole de Brunfels était reconnue et adoptée pw«fet ville; une autre école latine était dirigée par Lucas Jl^ckr. furl, dit Bathodius, disciple de Wimpheling et ancie» membre de la société littéraire de Strasbourg et en m4i»e temps administrateur des aumônes publiques*; die jouisrsait également de la faveur du ms^istrat. Vers la même époque se prépare un enseignement supérieur parles cours pnbïics donnés par quelques pasteurs et par plusieurs chanoines du chapitre de Saint-Thomas. Cette collégiale devint le centre du motivement scientifique de Strasbourg protes^ tMffc< Déjà pendant le moyen âge elle avait compté parmi ses metwbres, qui appartenaient plus généralement. à la bour" gêoiàie qu'à la noblesse , une série d'hommes savants, le poëte^latin. Golfried de Haguenau , le chroniqueur Jacques Twinger? de Kœnigshofen , des médecins , des physiciens , dôb jurisconsultes '. Depuis la Réforme, elle ne fit que contUïttcr -cette: tradition ; elle ne cessa de mériter ce titre de

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' D^'f 525', bfunfels publie une série de préceptes moraux pour ses élèves : P^Ét^éMêsik de disciplina et instilutione pueroriim. Ce traité fut traduit eu ajfetpifq^^pfr FridoUn Meiger, sous le titre ; Von der Zucht und Undeir fpeisuifg^ der Kinder ; Jean Schwebel, qui le publia , le dédia à Lucas Hackfurt. Strasb. s.'d., in-16.

'^•■^ H iréèriMe de lâ dédicace de Schwebel que Bathodius a publié quelques Uvr«s ^idut^ la leuiièsse ; ils paraissent être perdus. Par une lettre du l« oc* t^^Q^i^^^^ ^^thindius pria Érasme de s'occuper d'une révision des livres scolaires.

^ Au quatorzième siècle on trouve parmi les chanoines de Saint-Thomas : lés maîtres Albert de Parma et Heydenreich, physiciens; maître WalterGrienbacâi^ /physicien, et médecin ; le jurisconsulte maître Jean de Khinstett ; au qfiiazjièçie., on remarque surtout des licenciés et des docteurs en droit,. A rbo^past £llenh^rt , Jean Gugel , Jean Simler, Christophe d'Utenheim y Paul Muntr hart. Ce dernier légua au chapitre sa riche bibliothèque de manuscrits et d'incunables. Déjà , du temps de Kœnigshofen , Saint-Thomas possédait une belle collection d'ouvrages de théologie et de droit canonique ,

26 CHAPITRE m.

dock chapitre dont on s'était habitué à l'honorer *v A i'é*^ poque qui nous occupe, le chanoine Capiton faisait ém cours sur les livres de l'Ancien Testament; Martin Bucer, qui bientôt après fut également admis à un canonicat, explîr quait ceux du Nouveau ; Hédion , prédicateur de la eatbé** drale, traitait des questions d'histoire et de théologie-; Chrétien Berlin enseignait les mathématiques, la géogri^ phie, l'art de la parole; George Casélius, l'hébreu. Ces cours se faisaient dans le couvent des Dominicains.

C'est ainsi que se forma peu à peu un ensemble d'instif* tutions pour l'instruction de la jeunesse; mais l'organiô»? tion, le plan, l'unité, manquaient encore; on ouvrait onè école là où le besoin s'en faisait sentir, sans la faire entrer dans le cadre général ; on augmentait le nombre des ooufs^ à mesure que des savants se présentaient pour les fairei tout était le résultat immédiat des circonstances^ -tfuô mouvement fortement prononcé, mais encore irréguliear:; pour y mettre de l'ordre et de la durée , il fallait un Ika commun, une direction uniforme. «^

Le magistrat ne perdait pas de vue la proposition faite en 152-4 par les prédicateurs; travailler pour l'instructicm de la jeunesse, était pour lui un moyen de contribuer au bien et à l'honneur publics. En 4526, il demanda sur l'organisation des écoles l'avis de Mélanchthon*, qui vë^ nait d'inaugurer le Gymnase de Nuremberg, et qu'on saluait déjà du nom de Prœceptor Germaniœ, On ignore si cet avis fut donné , de même qu'on ignore les raisons qui de nouveau firent ajourner l'exécution d'un projet dont à

' Grandidier, Histoire de VÉgUse de Strasbourg. Strasb. 1776» in-i« ; T. I, p. 387.

2 Nie. Gerbel à Mélanchthon, 1*^ sept. 1526 11 est dit dans cette lettre: « Senatut noster quant summo studio advigilat ut puerorum gymnasia erigantur... Opérant dat ut citissit le pwrorum necessitati tum honori publieo eonsulatur,»

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dèta reprises on avait reconnu la haute utilité. Ge n'est que deux années plus tard que des écoles ptibUqîies sont définitivement établies , que des honoraires sont assignés aux maîtres, et qu'on appelle des savants étrangers pour compléter l'enseignement. L'organisation et la surveillance de' tout l'ensemble de l'instruction sont confiées à trois membres du sénat, sous le titre de préfets des écoles ou de seolartjues; ce collège , représentant du souverain , forma dès lors ce qu'on pourrait appeler le ministère de Tinstf uction publique de la ville libre de Strasbourg. Les premiers scolarques furent Jacques Sturm, Nicolas Kniebs et Jacques Meyer. Kniebs et Meyer étaient dignes d'être en cette circonstance les collègues du Stettmeisler ; Kniebs , sénateur depuis 1512, joignait à la droiture et au zèle pour la religion la facilité de la parole et des connaissances étendues*; Meyer avait des qualités semblables; il leur dnty «n 1542, d'être choisi pour un des députés de Strasbourg à la diète de Spire.

On conserva l'école des Carmes dirigée par Brunfels et réorganisée d'après un nouveau plan : une classe y fut destinée à la grammaire latine, deux autres à l'explication des auteurs de cette langue et aux éléments du grec ; des exercices de rédaction et de déclamation, des représentations théâtrales , pour habituer les élèves à s'exprimer avec correction et à parler sans crainte, des leçons de musique pour polir 'les mœurs , des exercices gymnas tiques pour donner de la souplesse au corps, complétaient cet enseignement, qui sans doute avait des imperfections et de grandes lacunes , mais qui néanmoins était un progrès sur ce qui avait été fait jusque-là * .

I II existe une lettre de Zwin^li à Nie. Kniebs, du 10 octobre 4525; elle est aussi honorable pour Tun comme pour l'autre .

ï Brunfels, Catechesis puerorum. Francf. 1529, préface aux scolarques

Pf|ir,upfe|R eit^içs;.collabiora|tejurs^ (iont.lepri^çiB^)^^^ jQnfts.K|4ieF, chio^gé de r^îxplicaliQii du Donat, i^,iv^gJirt gèlent d'^m^urs aucune occas^qn poui; .faire. jr>ïnêai,^.f^ ^tejcprétanl les auteurs profenes, des exbortatiotts. mp^ ralies §j, pieuses, Brunfels étant parti en ^533 poui^ Berf^^a,; ou i| élAit, appelé pour remplir les fonctions dç. médiepijîi de ïa, ville;, an le remplaça par Pierre Dasypode, dQFraucfftr feld, en Suisse, très-versé dans les langue^ anc^enn^.V: U?ie se<îonde école latine fut établie à Saint-Pierfieri^T: Vieux,. sous la direction de Jean Schwebel, ,de BiscbQfr: fingen, assisté de Henri ZelL Elle eut aus^i trois jçl^s^çiç^j où Ton traitait à peu près les mêmes matières que dw%. celle des Carmes*. Une troisième se trouva auxiDo^iinicains , dirigée par Jean Sapidus , qui , après, avoir étrfidji^jl^i droit,- s'était jeté avec ardeur dans la carrière 4e Ten^eig^f^j inent littéraire ; il avait été professeur de lalia el lia gy^ç^,^^ récple de Schlestadt, où il avait propagé en.mêiïie,jtemp§| leS; principes de la Réforme. Pour les élèves qui nadjÇV^iQn»|. pas apprendre les langues anciennes, on établit un,^rf(irs gogiitm^ , sur lequel malheureusement les données nous manquent; enfin, on ouvrit une école française, destiijée principalement aux fils des réfugiés*. . . „..

Pour donner plus d'extension à l'enseignement des cAw» maniora)) et de la théologie, on transféra les cours dan^-' les bâtiments de Saint-Thomas; des savants étrangers vinrent successivement se joindre aux membres du cha.'-

' Dasypode fut recommandé à Bucer par Blaarer ; ms. — Dès 1535, il pu- . blia pour ses élèves un Dictionarium latino-germanicum et germanico^latinum^ réimprimé en 1536, recommandé par une préface de Bédrot :,«,S(u«>; diosis literarum adolescent ib us per Germanium.» Strasb., Wend. Rihel,.

in-40. V.

^De scholœ Àrgentinensis ortu; ms.

3 Pour les « Burgerskinder, >. Rapport ms. ;

^ Le maitre avait un traitement sur les revenus du couvent des RécoUeis.

l'instruction PUÈtlQtÈ A' SIHASBOURG , ETC. ^

j^itfè eff^ati^^piÉttténr^ ïwurôflffir à li jèuïiessie déè^'lë(jèlns gilHë'p1iilos6t)hîfe, suivies laingties àttciènnes et orifenrâWs','' sftft* îôiithàthéWaticïnés. Jacques Bédrot, des 6f isonsy ëtf-^ séighe !é grec et la dialectique ;' Nicolas Gef bel V^ de Pfôt^i* heîhi , 'docteur en droit et ami de Hutten, s'occupe déis' IttngrtéS anciennes ; Chrétien Berlin professe lés rriathéthàti^iteà^; k géographie et la rhétorique; Michel Déliûfe, Tllé^' bretï *;' A'^eine établi, cet enseignertient public attire Tàt-' teiïtioh'tfês étrîahgers , qui louent avec admiration la solli-' cilûdè^dfi itiagistrat strasbourgeois * ; les élèves affluent éh grBtai^iiôniîbre des pays voisins, et Strasbourg ne tardé pa^ à-'ên-avoir autant que Zurich et plus que Bâle*. ' ^Gëptenflatit', nous le répétons , tous ces généreux efforts ri'kVàïfetlf pas encôt*e réussi à créer une organisation vérî* tsâflé^i'lftt'y avait pas dé liaison entre les écoles, pas dè^ pfrôgïfefiàîôiiràiibrinelle d'une classe àTautre, pas asseîf de' pi*Wife?àbéWS'J^c?éùx^ étaient fréquemment des étrangers', dte^'t$rttteàlîEintS' chassés de leur patrie parla persécution,' et^ïitÏ!*Î^Ms'ttri accordait des subsides, à condition de faire '

^ ' Bedrot, qui s^était occupé en 1519 , à Fribourg, de mathématiques, s'est surtout distingué comme philologue. — Nie. Gerbel,dès 1515, * int^leptéé ' eniftm(mi0ieti>4oc(ar'n^«riti$Sîi/ntfi» (Zasii JKpp., p. 284), était avocat de Ia^Yfp.^jde^Çtrfi5l)oijr^ e^t f î5Y§at Uuma^iiste. — HerJin fut chargé en 153$ (i'eij- . soigner les mathématiques et les « artes dicendi; » on lui accorda des « mappàêiiéb^ù i pont ses levons de géographie. — Michel Délius, du diocèse de CoiWtlaihciëV efisèignà' rhébréè après là mort de Casélius, aiTivée en llsas. iii ' En 1533 et 1634, Barthélémy Fontius, réfugié vénitien, ancien ami de Pic de la Mirandole , fit à Strasbourg des leçons ; à la même époque enseigna Simotii Litbbnitts , eu. Valais.

^ En- «»»; André Cwitander dit, en parlant de la hiort de Jean Chélius et de^Oéorged Caiëlrtis ; « ^uos florentissimœ iliius urhis prudenti»simu8 sena^.' tuà4ùâi8ltierariit\ nupera sê pulcherrime et tnagfUfieenUssime insHu^ tiSf magnà spe adolescentiœ probe formandœ prœfecerat.* Épitre dédicfctoire au chancelier Ulric Varnbiiler ; Ciceronis Opéra: BâJe'15a8v«nHft)l., T. I. ■••-■ •• -iï

^Buoer à Àmbroise Blaarer, 8 juillet 1534 « . , . ,î

80 GflAPrmE III.

quelques leçons, mais sans les fixer ni par des Dominai lions en règle ni par des salaires suffisants ; tons d'aiUeuiâ étaient trop abandonnés à eux-mêmes , sans guide , sMS direction officielle. «i

Enseignant avec ardeur, mais sans méthode, pressés de communiquer à leurs élèves des connaissances supérieures avant d'avoir posé les fondements élémentaires, voulant former des orateurs ou des dialecticiens avant d'avoir enseigné la grammaire et l'orthographe, se mettant rarement au niveau d'une jeunesse dont la rudesse intellectuelle les irritait, leurs leçons ne produisaient souvent que très-peu de résultats.

Ces inconvénients ne lardèrent pas à se faire sentir ,. et dès 4534 le gouvernement de la cité dut s'occuper sérieur sèment de donner enfin une organisation systémaliqaeii l'instruction publique de Strasbourg. Il commença par dé-^ fendre d'ouvrir des écoles nouvelles, soit élémentaires, safl latines, sans le consentement des scolarques; ceux-cLfurent chargés de s'assurer de la capacité des candidats. L'année suivante, on institua des visiteurs pour inspecter tous les mois les écoles; on organisa des séances trimestrielles dés scolai*ques et des visiteurs, auxquelles devaient être apr pelés les professeurs et les maîtres pour exprimer leurs vœux ou leurs plaintes. Dans une des premières de ces séances, il fut décidé qu'on établirait des écoles élémenttaires dans les différents quartiers de la ville ; le nombi» en fût fixé à six pour les garçons et à quatre pour les filles»; on résolut en outre de faire une inspection générale de tous les établissements. Cette visite eut lieu en 4536 ; les scolarques firent au sénat un rapport et des propositions dignes de remarque; ils constatèrent le zèle des maîtres aussi bien que l'empressement des parents à envoyer leurs enfants dans les écoles ; mais celles-ci , dirent-ils , ne répondent pas à leur but , attendu que les maîtres , pas assez

l'instruction publique a STRASBOURG, ETC. SA

nombreux ) ont trop d'élèves pour s'occuper de chacun aU' laot ique c'est désirable, et que le même professeur est obligé d'enseigner trop de matières ; ils ajoutèrent que ces inconvénients résultent du manque de liaison entre les écoles; on pourrait bien y remédier en augmentant le nombre des maîtres , mais cela ne produirait pas encore tous les résultats qu'on recherche ; le moyen le plus simple et le plus sûr est donc de réunir les écoles latines en une seule,, suffisante pour la population de Strasbourg au seizième siècle; l'essentiel est de la diviser convenablement en classes progressives, et de lui donner des maîtres décidés à travailler d'après un plan uniforme; de celte façonv chaque classe n'aurait ni un trop grand ni un trop petit nombre d'élèves, il y en aurait assez pour que le maîtpe pût s'occuper de chacun en particulier et pour fpi'en môme temps il y eût de l'émulation parmi eux. i^miXA aux écoles élémentaires , il convient de les conser- -verv^car l'école latine ne doit être que pour ceux qui savent iire et écrire leur langue maternelle.

Ces idées furent adoptées par le magistrat. En sa qualité d'État souverain , il jouissait du droit régalien de fonder des écoles supérieures. Il en usa pour la gloire de la Ré' puhlicfue. Les scolarques délibérèrent longuement sur les moyens d'exéculiôYi , sur les fonds et le local à assigner à l'école nouvelle , sur les professeurs qu'il convenait d'y attadier, sur le savant auquel devait être confié, avec le litre de recteur, la tâche d'organiser un enseignement public lâKgne de la réputation de la ville. Nous avons dit plus haut que c'est Sturm qui fut choisi pour cette œuvre.

Fondation du Gymnase de Strasbotirg.

Slurm partit de Paris le 30 décembre 4536; il arriva â Strasbourg le 44 janvier suivant, non sans quelques appréî hensions au sujet de l'accueil que lui, jeune homme dg, trente ans, allait rencontrer de la part des homines graves qui lui imposaient une tâche si grande*. L'extrême bienveillance avec laquelle Jacques Sturm et Bucer le reçurenlV| dissipa facilement ces craintes*. jBucer lui donna rhospH talîté dans sa maison'. Mais à peine installé , il lomba gra-^ vement malade ; attribuant son mal air passage du climat de Paris au climat malsain de Strasbourg, il songea à repaHir pour la capitale. Les instances du magistrat ei de Bucer le retinrent ; il se trouvait heureux du reste d'êfre. dans une ville protestante*. Dès le mois de mars, on Iç, chargea des cours de rhétorique et de dialectique * sur^ le conseil de Bucer, il commença par rexplication çfu. livre d'Aristote irspi lpjjL'/;v€(a;. Il fit sa première Ijecon àr rentière satisfaction des savants venus pour l'entencire.V

ï Sturtn à Ant. Cook, en tête des traités de Bucer sur rEoclniri^e;"lM^'^ — Vortrab wider Jac. Andreœ ^ p. 21.

2 Antipappus IV, P. 1, p. 18. — « Pridie venit hue Joh, Sturmiuê ^.q%U^^,^ Lutètïœ aliqvot annos bonas literas maximà cum laude docuU . jutMfntf^r, docirinà êingulari moribusque elegantissimis. * Bédrot à Gamérarius ,14^ . ^ janv^ 1637 ; dans ÎÂbellus tertius epistolarum Eobani Hesêi et aliorum^ 1 Leifû: 1561, in-S» (sans pages).

3Jnft>. IV, P. IV, p. 107.

^ Sturm à son père, 7 mars 1537 ; Bibl. de Berne. — Antipap.y 1. c.

^-•Valde docte legit primam lectionem.» Rapport ms. — « S/urtntW a ■. magiitratu noitro conductus est , stipendia annuo flor. C, ni artes dicendi ac disserendi doceat, Incepit igitur to -rrepl cpfxyjvs^a; Aristotelis , in

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