FONDATION DU GYMNASE DE STRASBOURG. SS
Bientôt après, on lui confia les cours sur VOrganon complet; en même temps il déchargea Bucer de Texplication des Paraphrases apodicUcœ de Thémistius , afin que ce savant théologien pût employer tout son temps à l'interprétation des Écritures*. Sturm, qui tous les jours faisait deux leçons publiques, expliquait aussi des discours de Cicéron*. On ne lui assigna d'abord qu'un traitement de 40 florins; bientôt on le porta à 100 florins, à condition pour Sturm de s'engager pour un an'. Quelques mois après, les visir leurs des écoles rapportèrent qu'il enseignait avec ungrajowj succès^ et que les universités de Bàle et de Wittembe^rg vèhaîent de lui faire des oflres fort avantageuses ; les scolarques élevèrent alors son salaire à 140 florins ; en retour il s^éng^ea à servir pendant quatre ans la ville *. Un rapp<5rt''&ii aux scolarques quelques années plus tard, consitaU' au'il avaft « uiie intelligence merveilleuse et une rare ér^dition^» et que cependant il savait s'abaisser au niveau dé' 8^3 èipve.s qui admiraient sa parole élégante et facile ; tô'ui ce qu'on trouva à lui reprocher, c'est que , plein du désiir de réformer la science, il semblait mépriser les autcilrs ju6.(iue-lâ célèbres dans les écoles. L'empressement de suivre ses tours était si grand, que les visiteurs durent dé'çaaiiclèr aux scolarques s'il pouvait être permis aux madtresd école de négliger leurs leçons pour assister à cell«8ideSturxD^
qub ita*^liè' nos trié approbat^ tam diligentià quam eruditione, ut Deo OpV'tiax, plurimum debeamus, qui nostram scholam tanto viro difinatus'êsî ,:"i!iceroni est addictissimus y neque opinor a te multo dissentiet, JuvéHis'^èsi càtididissimus , atque tuœ amicitiœ inprimis cupidus.» Bédrot . à Camérarius, 4 févr. 1537, dans les Epistolœ Eobani Hessi.
• Antipjppus ly, P. I, p. 18.
^«...lh'5 quoiîdie docet.* Bédrot à Camérarius, 6 déc. 1537; daos les'
. 3 Bédrot à Camérarius , 4 févr. 1537 ; 1. c. 4 L. c, ttf e déc. 1537.
Mais faire fleurir à Strasbourg renseignémerit'(ie''râ^lb^ gique n'avail pas été le principal but de ceux qui 'âi^èiî^ appelé Sturm; il devait s'occuper avec eux de rôtgàttfààf'-^ tion de tout l'ensemble de l'instruction publique. -"^'"'^
Des conférences eurent lieu dans la maison de Bûfeià^ avec les principaux professeurs et les membres les^ plifi influents du gouvernement de la ville*. Les idées que Stuttti exposa avec une parfaite netteté et une conviction profôihfè firent la plus vive impression sur tous ces homittes'ènrf^ nents; Jacques Sturm surtout y applaudit et les appii^aTiSte la double autorité de son expérience et de son cata:ôtêî^: Ce grand magistrat, ce héros de Strasbourg comme Tdippëlaient nos pères du quinzième siècle*, cet homme întè^ qui ne recherchait en tout que l'honneur de la cité ët'^ft vraie prospérité de ses concitoyens, Jacques Sturm, tlfs^ciple de Wimpheling', élève de l'université de Hèîdelbè!^, maître es -arts de celle de Fribourg, professait éépîih longtemps des opinions analogues à celles du futuf'riéfet teur de notre école. Lorsqu'en 4522 l'électeur palatiti v6ttlut réformer l'université de Heidelberg , il fit dertiaind'éir l'avis de Jacques Sturm, dont la réputation était défi grande dans l'Empire germanique. Dans le mémoire (Jtf 11 fit pour répondre à cette marque de haute estimé j Stdrti proposa d'abandonner les étroites ornières du moyen 'âge pour entrer courageusement dans la voie' de progrès àûverte par la Réforme. Tl fut d'avis de remplacer les cotirs . faits sur Anstote , sans choix de ses ouvrages et à des auditeurs non préparés , par des leçons de grammaire et de rhétorique ; de renoncer dans l'enseignement de la dialec-
J sturm , Consolatio ad senatum de morte Jac Sturmii.
2 « Héros noster.» Bucer à Ambroise Blaarer, 1530.
3 Wimpheling lui dédia entre autres son Liber de integritate. Strasb. 150S, ln.40.