FONDATION DU ÇYMNASE DE STRASBOURG
Uft«|B,àr)^. méthode dçs scol^sliqye^, pour suivre celle de IjUdQ^i^he Agricola en rappliquant à Tart de la parole ; de cççapléter-rinstruction philosophique par des leçons de physique et de mathématiques d'après les ouvrages de Lefèvred'Blaples ; de se servir enfin dans Tinterprétation de la. Bible, des Pères de TÉglise au lieu des docteurs du moyen âge*. Plein de ces idées éclairées, l'illustre Slettii^^ter ne pouvait qu'approuver les projets du jeune savant daSleidje; et celui-ci, voyant ces heureuses dispositions des magistrats et l'ardeur des savants, s'écria: «j'espère qujÇjSqus peu il sortira de cette République des hommes jqw.lui feront honneur, en soutenant puissamment la cause ^erûotre Église»*. Tout ce que jusqu'ici il avait vu àStras- Jbo^rg j fit.une si vive impression sur lui, qu'encore dans ^iVieillesse il se rappelait, avec un bonheur mêlé de tristesse i^. le souvenir de ces beaux jours où l'on avait pu dire ^ayec.Ulric de Hutten : « c'est une joie que de vivre ! '» Dans plusieurs écrits des dernières années de sa vie, à une ,^Qque où l'esprit qui avait animé les hommes d'État et J$|5 -théologiens de Strasbourg du temps de la Réforme, ^yaitiait place à d'autres tendances, il a retracé les porijraits de ces hommes avec une fraîcheur qui prouve la propfonde vénération qu'ils lui avaient inspirée*. ...'Pour qu'il pût mieux étudier les besoins du pays, on adjoigjqdt Jean Sturm aux visiteurs pour inspecter les écoles latines ; il trouva que , malgré la bonne volonté et les con-
. ' Ce mémoire, daté du 22 juillet 1532, se trouve dans Mieg, Monumenta pietàtis etîiteraritt, Francf. 1701, in-4o, P. 1, p. 276. ~ w B%Iiecmiiià dieendi ratione , 1538 , p. 110.
3«0 sœculum! o literœ ! juvat vivere , etsi quiescere nondumjuvat! vigeni studio^ florent ingénia l »> A Bilibald Pirkheimer, 25 oct. 1518 ; 0pp. ^ éd. MUnch. Berlin 1823 , T. HI, p. 99.
* A Fr. Walsingham, 23 févr. 1577, en tête des Scripta anglicana de Bucer ; •<.- Antipappus II, p. 128 ; -^ Commonitio oder Erinnerungsschrift , 1581 {Antip, IV, P. 1), p. 5.
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naissances des maîtres, oH:négligeaiteAcorer.trop.|^jpyjf^tj9. du langage, qu'on suivait encore une méthode el j^es ifu^^ nuels très -imparfaits, qu'il n'y avait aucuflie liaiçic^^jg^, entre les diverses écoles, ni entre les classas de .çlnicipç. d'entre elles*. Il présenta auxscolarques* untTAYaiU.s^u^ solidement pensé qu'élégamment écrit , sur h néçyç^sitç jdè réunir les différentes écoles latines en une seule ; ,çai?,. dir, sait-il, là où les études sont concentrées dans d^.^^^i^ établissements , au lieu d'être dispersées dans TO.e4bj^J,^(de petits, il y a plus de progrès et des résultajts. pjus^r^^iy. plus le nombre des élèves d'une école est cpnsi4fir3J|p^e^, plus le zèle des maîtres et l'émulation des dis(4p]ç^j;çpi^|J excités. Il ajoutait que l'enseignement doit être grQg;r(^^sj^^ que les classes, au nombre de neuf, doivent gr!ef^ph^^j parfaitement entre elles, et qu'on doit suiyrpj e^ .tpfjj^ une méthode uniforme , afin que l'esprit des. él,èvep ^e §^^ pas brouillé par l'exposition de principes ^fférçnts., p^jejf^. pose ensuite le plan d'études du gymnase? dq Saiut-f é^â^^ de Liège, qu'il désire prendre pour base duapuye^^^j-^ blissement qui doit être fondé à Strasbourg. Jl tprgp]}^ d'installer celui-ci dans les vastes bâtiments du <iftW}jf|Kj des Dominicains. C'est là qu'il faudra réunir l.çs .écQi|es ^^^ existantes, en les modifiant pour les adapter au fnouv|m plan ; les élèves de Sapidus , de Schwebel et de D^^ypj^e seront répartis dans les classes inférieures, les plus,,ajrfifl,çéf constitueront les classes supérieures. L'enseignement .sei^* complété par des leçons publiques sur la philosophie, Uç^ langues anciennes, l'histoire, les mathématiques, la théologie. Pour les habitants des quartiers éloignés, qpiipjj^uyr; raient être empêchés d'envoyer leurs enfants dans la clai^se inférieure, il conviendra d^ laisser subsister quelques
' Sturm aux précepteurs du Gymnase , 4 férr. 1573, en tète dès Àdagia classica de Hauenreuter.
''Le24 févr. 1638.
FONDATION DU GYlinkASÏ! tt STRASBOURG. 9*1
éëdïes lâlineâ élémentaires. Quanl au recteur, Sturm perisèf a^éc raison qu'il ne derra pas être choisi parmi les maîtres dbs'dàsses , mais parmi les professeurs des cours publics,afin d'augmenter son autorité ; il ne devra être soumis qtf aux scolarques .
Le ï)lan d'orçanisation que Sturm joignit à ce mémoire fut adopté , et le 7 mars 4538 les scolarques décidèrent de reiéctitef*.
PDtilr donner connaissance au public de ce fait important' dans Thistoire intellectuelle et morale de Strasbourg, le^ ttfdfgi'stt*at le fit annoncer par les échevins dans les lieunt d^'réunltin dés corporations, et par les pasteurs du haut d^é chàn-éè' de toutes les églises. De plus, les scolarques ihHiffé1^feiit Stiïrm à publier un traité sur Tesprit qui avait pTëéldé 'à la réforme de l'instruction publique en notre vtoé. 11 lé fit par son beau livre sur la manière d'organi-^ sèfniile ëéblè ,'*i9(3 literantm ludis recte aperiendis , par léqWè^hS^iiiètugurâ dignement la nouvelle création, destinée kilti ^ long avenir. Il y exposa, avec une sagesse remar-
Sifàbië'éttin grand tact pédagogique, les principes et la Iféthtide de renseignement conforme aux idées du seiztéïAe sîèclè. Frappé de la barbarie intellectuelle et de là rtllîès^éâës mtéurs quMl voyait régner encore, il soutint qii*ïï''ëtàii du devoir des gouvernements de porter un pfeitt^VVèhièdé à ces maux; ce remède, c'est une bonne éducation dé la jeunesse, afin de préparer pour l'avenir des gériéfatioûs meilleures. Sturm dit éducation de la jeunesse; selon lui , les connaissances ne servent à rien^ si là discipliné et l'exercice de la vertu ne viennent pas s'y joindre; lé meilleur système d'instruction publique sera donc celui qui se proposera l'éducation morale et religieuse! autant que la culture de l'intelligence; celle-ci elle-même
1 sturm. De literarum ludis recte aperiendis, 1538, p. 1.
doit servir à la piété. Quant aux connaissances^ elLesaoïit peu utiles sans la faculté de les communiquer à d'aaU^^s au moyen d'une élocution élégante et claire ; la perfectioii du langage est aussi indispensable que tout le reste.Ainai, cultiver les facultés intellectuelles, former la jeunesse à.la pratique de la parole et l'élever pour une vie pieuse , tel est le but de toute instruction. Pendant toute sa vie Sturm est resté fidèle à ce principe fécond , sur lequel repose l'organisation donnée par lui au Gymnase; et c'est en le prêchant et en l'appliquant avec une admirable persévéranee, qu'il est devenu le réformateur de l'instruction pui^liq^.
Le traité par lequel Sturm inaugura la création duGyoïnase fut accueilli avec admiration par les hommes distingués qui se trouvaient à la tête de la République et de l'Église de Strasbourg. Ils en adoptèrent les principes iiet les appliquèrent au programme et à toute l'orgaaisaCion de la nouvelle école. Celle-ci fut solennellement ouverte, en mai 1538, dans les bâtiments du couvent des Dônaimcains, vacants par suite de la sortie des moines; par^î^te du 27 février le magistrat les avait cédés au GymnuMe en toute propriété. Pour célébrer la fêle de rinaupuraliffn, Jean Sapidus composa un drame latin sur la résurrection de Lazare; il le dédia à Érasme de Limbourg, alors ctostode du grand-chapitre, qui , quoique catholique , avait i^aoWimandé Sturm aux magistrats et aux savants protestante de Strasbourg*.
Le 24 juin , les scolarques offrirent à Sturm le rectorat de l'école; n'étant pas encore décidé à rester dans ime ville dont il ne croyait pas pouvoir supporter le climat > il n'accepta ces fonctions que provisoirement pour un an. On lui adjoignit trois visiteurs, les professeurs Hédion,
^ Anabion sive Lazarus redivivus. Sirasb. 1539, in-12; 1540, in-12. Cologne 1541, in-12.