AFFAIRE DES JÉSUITES. IHI
bune; M.Berryeràla Chambre des députés, M. de Montalembert à la Chambre des pairs ; d'un autre côté, M. de Vatisménii mettait à leur service son rare talent de jurisconsulte; de toute part, enfin, des hommes, également recommandables par leur mérite, leur position et leur caractère, s'efforçaient de ramener l'opinion publique à des sentiments plus équitables. Leurs efforts réunis ne purent empêcher l'orage d'éclater. Faute d'accusations précises, on fut réduit à incriminer des tendances supposées> et l'on vit, comme aux premiers temps du Christianisme, des hommes poursuivis pour des crimes attachés à un nom. Cependant les démarches de Cauchy et des autres défenseurs des Jésuites ne furent pas inutiles; elles servirent du moins à amortir le coup qui devait les .frapper et à préparer le retour des esprits. Après bien des hésitations, le Gouvernement s'arrêta à des moyens termes dont l'opinion publique dut se contenter, et qui laissaient aux religieux l'espoir d'un avenir meilleur. Il s'était d'abord agi d'une mesure radicale, d'une suppression absolue ; en réalité, on se borna à fermer certains établissements, surtout ceux d'éducation, et à diminuer l'importance de quelques autres. Le Père de Ravignan dut quitter la rue des Postes, mais il lui fut permis de résider à Paris, et il put continuer dans la retraite la préparation de ses conférences de Notre-Dame. Trois ans plus tard, la révolution de 1848 inaugurait pour la Compagnie une ère plus favorable. Le nouvel ordre de choses ne lui promettait pas sans doute des sympathies bien vives, mais elle devait au moins y rencontrer la liberté et l'indépendance, ce trésor inestimable, si cher à tous les cœurs nobles et généreux.
I2!l LA VIE d'aIHHJSTIN CÀUCHT.