‹ La vie et les travaux du Baron CauchyChapitre 42 sur 134 · SENTIMENTS CHRÉTIENS DE CAUCHY · texte numérisé non relu

SENTIMENTS CHRÉTIENS DE CAUCHY

Je me Bais enfoncé dans l'étude des sciences humaines, et j*al de plus en plus reconnu la Térité de ces paroles de Bacon : Que si un peu de philosophie nous rend incrédules, beaucoup de science nous ramène à être chrétiens.

AoG. Caochy.

Origine et nature de ces sentiments. — Profession de foi chrétienne. — Accord de la science et de la foi. — Appel à la jeunesse studieuse. — Droits de la vérité. — De la tolérance et de la liberté. — Jugement de Cauchy sur le xviii* siècle.

Lorsqu'on étudie la vie des hommes illustres, on y rencontre ordinairement un mobile général, une pensée fondamentale qui règle toutes leurs actions ; là se trouvent la source de leur supériorité et le secret de leurs succès. Cette unité de principes est ce qui rend une vie vraiment féconde; elle donne de la valeur même aux existences secondaires, et, dans une âme d'élite, elle rehausse singulièrement les dons précieux du génie.

Chez Augustin Cauchy, l'idée dominante était, de sa nature, essentiellement religieuse, et le principe général de sa conduite, profondément chrétien. Ce caractère intime se retrouve au fond de toutes ses actions, et il ne faut jamais l'oublier si on veut apprécier exactement l'ensemble de sa vie.

Il n'est pas rare de rencontrer chez les savants des sentiments religieux, on peut même dire que ces sentiments

sont le résultat immédiat de toute science élevée. L'homme qui passe sa vie a étudier les grandes lois de la nature et qui le fait avec un esprit vraiment philosophique, ens'appliquant à remonter à Torigine des choses et à la source de toutes les vérités, rencontre nécessairement sur sa route Tidée d'un Dieu créateur, dont la puissance et la sagesse éclatent partout dans l'univers. Mais il faut bien le reconnaître, le plus souvent l'idée religieuse demeure à l'étal de pure spéculation et se perd dans un certain vague philosophique, sans se traduire par des actes positifs dans le cours habituel de la vie. Augustin Gauchy devait se montrer à la fois plus rigoureux et plus logique.

Un Dieu créateur et maitre, principe de notre être et terme de nos destinées : tel était le point de départ de ses croyances. La fin de l'homme, ici-bas, est de le servir et de l'aimer, afin de mériter de le posséder éternellement dans le ciel. Tout le reste est secondaire et doit nous demeurer indifférent. La vie ou la mort» la santé ou la maladie, les richesses ou lés privations, les succès ou les épreuves, en un mot tous les événements de cette vie, ne sont que des incidents et n'ont de valeur que comme des moyens pour atteindre le but suprême. Telles étaient les grandes pensées qui l'inspiraient; c'est sous leur impulsion qu'il s'appliqua à développer les nobles facultés de son esprit et de son cœur.

Mais ce n'était point encore assez. H y a une religion révélée dans laquelle Dieu a fait connaître à l'homme le culte qu'il attend de lui. Cette religion a des mystères inaccessibles a la raison, des préceptes sévères aux passions; elle impose aux fidèles des devoirs précis dont on ne peut se dispenser sans résister à l'autorité même de Dieu. C'est la surtout ce qui révolte notre orgueil, et

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