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rête constamment le plus solide appui. Quelques faits Dcomplets ou mal interprétés peuvent d'abord inspirer les* doutes ; habilement exploités par des adversaires Passionnés, ils pourront jeter du trouble dans les esprits : aais bientôt la vérité se manifeste , les découvertes 'achèvent, les faits s'expliquent et apportent tout à coup i la vérité religieuse le secours d'une démonstration aattendue.
Cauchy avait été le témoin de quelques-unes de ces entreprises téméraires qui se produisirent dejson temps avec éclat, et dont le souvenir n'est pas encore effacé. Il avait assisté au triomphe momentané de Volney et de Dupuis; il avait vu le livre des Ruines et celui de V Origine des Cultes 9 éclipsés d'abord par le Génie du Christianisme, reprendre subitement une faveur nouvelle. La découverte de certains monuments antiques pendant la campagne d'Egypte leur avait procuré des arguments spécieux.En particulier Dupuis avait exercé son imagination inventive au sujet du zodiaque de Denderah; une interprétation arbitraire des hiéroglyphes qui y sont tracés lui avait donné lieu de faire remonter l'histoire à une date de dix à vingt mille ans, ce qui, le cas échéant, ruinait par la base les traditions bibliques. Toutefois, la vérité ne devait pas tarder à reprendre ses droits. Les travaux des Young et des Champollion vinrent bientôt dissiper les ténèbres de ces obscures questions, et ces fameux monuments, sur lesquels l'incrédulité fondait de si bruyantes espérances, sont allés, depuis longtemps déjà, reprendre modestement leur place parmi ceux qui se rapportent à l'époque de la domination romaine en Egypte. Cauchy ne se laissa jamais éblouir par cet étalage de fausse science et d'érudition factice; il ne cessa de protester contre ces doctrines menteuses et de prémunir la jeu-
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nesse contre ces attaques perfides. On lira avec plaisir les sages conseils qu'il avait l'habitude de lui adressera ce sujet.
c Eh quoi ! me dira le jeune homme qui n'a étudié le Christianisme que dans VOriginedes Cidles ou dans le livre des Ruines^ voudriez-vous donc me réduire à croire des mystères absurdes, des faits contredits par les monapients de l'antiquité ? Vous n'avez donc pas suivi la marche de Tesprit humain et le progrès des lumières? Vous igDorei donc que les sciences modernes ont dissipé» comme de vains fantômes, tous ces vieux préjugés qui avaient obscurci la raison de nos pères? — Non, je n'ignore pas les vains sophismes par lesquels des esprits superficieb ont cherché à ébranler les croyances les plus respectables et les mieux fondées. Je me suis enfoncé dans Fétude da sciences humaines^ particulièrement de celles qu'on nonmt sciences exactes ^ et J'ai déplus en plus reconnu la vérité de ces paroles de Bacon : c Que si un peu de philosophie nous > rend incrédules y beaucoup de philosophie nous ramène a » être chrétiens. > J'ai vu que toutes les attaques dirigées contre la révélation ont abouti à en fournir de nouvelles preuves. Je connais l'histoire de ces fameux zodiaques élevés, nous disait-on, dix ou douze mille ans avant l'époque où Moïse nous représente le monde sortant des mains du Créateur, et qui, après les savantes recherches des Visconti, des Testa, des Paravey, des Biot, des Champollion, ont été réduits à ne pas compter plus de vingt siècles, tellement, qu'on les croit maintenant construits sous les empereurs romains. Je sais ce qu'il faut penser d'autres assertions du même genre qui devaient fournir des arguments irrésistibles contre les livres saints, et sont entièrement discréditées aujourd'hui dans l'esprit des vrais savants; par exemple que l'homme descend du
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polype, qu'il a.existé sur la terre de toute éternité, que le déluge est une fable, que la création de l'homme et des animaux est un effet du hasard, et que de nos jours encore on le voit sortir des îles du grand Océan; que les Américains forment une espèce d'hommes bien distincte de la nôtre, etc. »
Mais ce n'était pas assez pour lui de s'adresser à Fesprii des jeunes gens pour les convaincre; il voulait surtout parler à leur cœur pour y réveiller ces sentiments généreux que les passions viennent trop souvent étouffer. II ne lui suffisait pas de les détourner de l'erreur et du vice, il s'efforçait encore de leur inspirer l'amour de la vérité et de la vertu ; il les excitait à combattre euxmêmes énergiquement pour la cause du vrai et du bien. Avec quelle insistance il les invitait à se livrer à l'étude ! Avec quelle éloquence persuasive il les pressait de renoncer à des plaisirs vulgaires et méprisables pour accueillir avec amour tout ce qui est digne d'honneur et de respect ! Avant tout, il voulait qu'ils conservassent en eux l'esprit de foi^ et qu'ils fussent des chrétiens convaincus et logiques.
€ Vous ne partagez pas cette conviction, leur disaitil, cela se peut; mais ce que je vous demande aujourd'hui, ce n'est pas de professer une religion que vous ne connaissez pas encore, ce n'est pas d'adopter sans examen des dogmes qui, sans être opposés à la raison de l'homme, surpassent son intelligence ; c'est au contraire d'étudier surtout ce qu'il importe de connaître, c'est de prêter une attention sérieuse à ce qui touche aux plus grands intérêts de l'humanité. Du reste, cultivez avec ardeur les sciences abstraites et les sciences naturelles, décomposez la matière, dévoilez à nos regards surpris les merveilles de la nature, explorez, s'il se peut, toutes les
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parties de cet univers; fouillez ensuite les annales des nations» les histoires des anciens peuples ; consultez, sur toute la surface du globe, les vieux monuments des siècles passés ; loin d'être alarmé de ces recherches, je les provoquerai sans cesse ; je les encouragerai de mes efforts et de mes vœux; je ne craindrai pas que la vérilé se trouve en contradiction avec elle-même, ni que les faits, les documents, par vous recueillis^ puissent jamais n'être pas d'accord avec nos livf es sacrés. Ce que je vons demande encore, c'est d'apporter dans la recherche de li vérité cette candeur, cette bonne foi qui aplanissent la voie pour arriver jusqu'à elle; c'est enfin, si vous avez eu le malheur d'adorer de vaines idoles, de vous laisser entraîner par les illusions de la jeunesse, de chercher uoe félicité fugitive dans de frivoles plaisirs, c'est de ne pas trop vous effrayer de la grandeur du but que je vous propose. Commencez par ne pas désespérer de vous-mêmes, par ne pas vous calomnier en vous supposant pires que vous n'êtes. Ayez le courage d'honorer la vertu, lors même que vous n'avez pas le courage de la suivre; soyez disposés à rendre hommage à la vérité, lors même qu'elle ne vous serait pas favorable. Si vous avez laissé corrompre votre cœur, au moins ne laissez pas corrompre votre intelligence. Prêts à périr dans les flots que vos passions soulèvent autour de vous, ne brisez pas la seule planche de salut qui vous reste, et si le présent doit vous laisser un jour des regrets, au moins préparez-vous des consolations dans l'avenir. Apprenez à vous vaincre, c'est là tout le secret de Théroïsme. Dans le chemin qui conduit au vrai bonheur, une victoire amène une autre victoire; et qui sait si, après avoir été le jouet des vents sur une mer agitée par la tempête, si même, après avoir bu ï longs traits dans la coupe de l'erredr et du mensonge,