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CHAPITRE XIV

L'INSTITUT CATHOLIQUE

M. Caachy aillait aa génie dot BalM*.

des Lagrange, des Laplace, des Gaass, des JacoM, une rare bonté, ane simplicité, une chaleur de cœar qu'il a conserréea Jnsqn'à la fin de ses Joorf .

Paroles de M. Combks (de l'Institut).

Dénouement de Canchy pour la jeunesse. — Son affection pour ses élèves.

. — Nécessité d'une ceuvre pour les jeunes gens. — Les écoles en i84a. Organisation de l'Institut catholique. — Création de conférences. — Part qu*y prend Cauchy. — Rapport de la foi avec les sciences et les lettres. — Sentiments de Cauchy sur cette question. — Poésie sur une Église catholique.

Aider les jeunes gens, encourager leurs premiers travaux» suppléer à leur inexpérience par d'utiles conseils» fut toujours, pour Cauchy, Tobjet de ses soins les plus assidus. Il était» du reste» admirablement doué des qualités propres à les attirer et à les persuader. La jeunesse honore naturellement ce qui est droit» pur et désintéressé ; elle sympathise avec les âmes franches» ouvertes et ardentes; elle admire les convictions profondes» les sacrifices généreux; elle trouvait tout cela dans Augustin Cauchy» et elle se plaisait à rendre hommage a son caractère et à sa vertu.

Nous avons déjà dit avec quelle abnégation il se prodiguait pour ses élèves; mais sa bonté n'était pas limitée à ses seuls disciples» il semblait que tous les jeunes gens eussent des droits à sa bienveillance. Il était accessible à

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désormais, on parlera moins et Ton agira davantage. Oi apportera un remède plus direct aux souffrances et au misères qui abondent partout : on ira trouver le paum dans son réduit et on lui portera des secours ; à raumône matérielle on joindra l'aumône infiniment plus précieott du bon conseil et du bon exemple. Ces généreux jeones gens iront plus loin encore. Ils sont chrétiens, ils savent que la religion est le seul fondement sérieux de tout progrès moral, Tàme de toute œuvre vraiment féconde; ib s'attacheront donc à réveiller chez les malheureux k sentiment de la foi ; ils s'efforceront d'abord de le maiih tenir et de le développer en eux-mêmes. Afin de biei préciser leur but et leurs moyens d'action, ils choisiront un patron ; ce sera l'homme qui a rempli le xvii* siècle des monuments de son inépuisable charité ; l'homnie que la Révolution elle-même avait respecté dans ses proscriptions, et qu'elle avait rangé parmi les bienfaiteurs de l'humanité; l'homme enfin que l'Église venait de placer sur ses autels et d'offrir au monde comme un modèle achevé de la charité chrétienne. Vincent de Paul devait être le patron de l'œuvre nouvelle ; ce nom, inscrit sur son drapeau, apprenait à tous qu'il s'agissait, non pas simplement d'une entreprise de bienfaisance ou de philanthropie, mais d'une œuvre inspirée par les préceptes les plus sublimes de l'Évangile.

C'est ainsi que huit jeunes étudiants, sans crédit, sans fortune, sans expérience, entreprirent de résoudre, au nom de la religion, un des grands problèmes sociaux de notre époque. Us ne se doutaient pas alors de l'avenir réservé par la Providence a leur pieuse tentative ; ils vonlaieut simplement mettre leurs efforts en commun poar exercer des œuvres de miséricorde ; ils voulaient aussi, jeunes et inexpérimentés comme ils l'étaient» se prémn

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nir eûx-mémès contre les dangers de leur âge, et mettre, mivant l'heureuse expression d'un orateur célèbre, « leur ehasteté sous la protection de leur charité. > Et cependant la Société de Saint- Vincent de Paul, partie d'une origine si modeste, a bientôt pris un accroissement merveilleux; son développement inattendu est venu réveiller notre siècle au milieu de son indifférence, et inquiéter jusqu'aux hommes politiques, peu habitués à croire à des dévouements désintéressés et n'ayant pour base que la charité et l'amour des pauvres.

On comprend combien une telle œuvre dut rencontrer de sympathie dans l'àme ardente et généreuse de Cauchy. Lorsque la Société de Saint-Vincent de Paul s'organisa, il était hors de France ; il ne put donc prendre part k son établissement; mais, à peine de retour, il s'empressa de lui apporter le concours le plus actif et le plus dévoué. Membre de la Conférence de Sceaux , qui avait été fondée par ses soins, il fut, à ce titre, pendant de longues années, le soutien de toutes les infortunes et la providence de tous les malheureux.

Il nous reste à faire ressortir, en terminant ce chapitre, un dernier trait du caractère religieux de Cauchy ; c'est ce qu'on peut appeler l'esprit d'apostolat chrétien. Il excellait dans l'art de toucher les cœurs endurcis et de ramener à la foi les âmes égarées. On résistait rarement à ses paroles bienveillantes, à ses manières simples et affectueuses : on cédait volontiers à la bonté sympathique qui débordait de son cœur et rayonnait au dehors dans toute sa personne. Son influence, d'ailleurs, ne s'exerçait pas seulement sur les pauvres qu'il assistait, et qui, à cause même de ses bienfaits, se trouvaient mieux préparés à recevoir ses pieuses exhortations; elle s'étendait aussi à une foule de personnes de tout âge et de toute

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condition. Il ne laissait passer aucune occasion de placer une parole d'édification^ un conseil de vertu ; et lorsque les circonstances le permettaient, il engageait volontiers, avec ses interlocuteurs, des discussions en règle sur ce vérités de la religion dont il était si vivement pénétré. Il savait se maintenir dans les bornes d'une réserve si prudente, il donnait son avis avec tant de courtoisie et de bienveillance, et sa discussion était toujours remplie de tant d'aménité et de bon goût, que personne ne pouvait s'oiTenser d'une piété animée d'un zèle si pur. Cette propagande charitable produisit souvent des résultats aussi efficaces qu'inattendus, et, si nous ne craignions de franchir en cela les bornes de la discrétion, il ne nous serait pas difficile de citer plusieurs familles honorables qui ont été ramenées par elle à la foi, et des ministres anglicans, des plus distingués, qui lui doivent leur conversion aa catholicisme.

l'institut catholique. ^oi

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