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CHAPITRE XIV

L'INSTITUT CATHOLIQUE

M. Caacby aillait aa génie dot BbIm*.

des Lagrange, des Laplace, des Gaatt, des JacoM, une rare bonté, ane simplicité, une chaleur de cœur qu'il a conserréea Jnsqn'à la fin de ses Joorf .

Paroles de M. Combks (de l'Instltot).

Déyouement de Canchy pour la jeunesse. — Son affection pour ses élèves. . — Nécessité d'une ceuvre pour les jeunes gens. — Les écoles en 1842. Organisation de l'Institut catholique. — Création de conférences. — Part qu'y prend Cauchy. — Rapport de la foi avec les sciences et les lettres. — Sentiments de Cauchy sur cette question. — Poésie sur une Église catholique.

Aider les jeunes gens, encourager leurs premiers travaux» suppléer à leur inexpérience par d'uliles conseils» fut toujours, pour Cauchy» l'objet de ses soins les plus assidus. Il était» du reste, admirablement doué des qualités propres à les attirer et à les persuader. La jeunesse honore naturellement ce qui est droit» pur et désintéressé ; elle sympathise avec les âmes franches» ouvertes et ardentes; elle admire les convictions profondes» les sacrifices généreux; elle trouvait tout cela dans Augustin Cauchy, et elle se plaisait à rendre hommage à son caractère et à sa vertu.

Nous avons déjà dit avec quelle abnégation il se prodiguait pour ses élèves; mais sa bonté n'était pas limitée à ses seuls disciples, il semblait que tous les jeunes gens eussent des droits à sa bienveillance. Il était accesisible à

aO^ LA VIE D AUGUSTIH GAUCHT.

tous» sa porte leur était toujours ouverte, et, pendant h durée de son professorat, il conserva l'habitude de la réunir dans son salon une fois par semaine. En les attirant à lui, il n'était pas mû simplement par un seatiment de sympathie naturelle; il voulait surtout les rendre meilleurs et les amener, s'il était possible, à la piété pir la foi. Ennemi de tout ce qui sentait la dissimulation et l'intolérance, il ne leur aurait jamais demandé d'afficher au dehors, sans conviction, les apparences de sentimeati qu'ils n'auraient pas eus dans leur cœur; mais, à l'occasion, il ne manquait pas de donner à ses paroles et à ses conseils une tendance religieuse. Ce n'étaient point de longs discours ni d* ennuyeux sermons, c'étaient quelques mots dits avec bonté, c'était même une simple et gracieuse invitation à revenir; d'ailleurs, sa grande influence, sa prédication la plus efficace, était celle de l'exemple.

Ce sentiment général de bienveillance pour les jeunes gens se transformait en une vive afTection lorsqu'il rencontrait chez l'un d'entre eux, non-seulement la foi et la piété du chrétien, mais encore l'amour du travail et les dons de l'intelligence. Alors il n'y avait pas de marque d'intérêt qu'il ne lui donnât, pas de démarcbe qu'il ne fit pour lui être utile. Sa protection s'exerçait enfin avee tant de délicatesse et de discrétion que, le plus souvent, ceux qui en étaient l'objet l'ignoraient eux-mêmes, et recueillaient, pour ainsi dire sans le savoir, les heureux effets d'une amitié qui se faisait sentir sans se montrer. Un de ses disciples, devenu depuis l'un des savants les plus éminents de notre époque, exprimait un jour à M"*** la baronne Cauchy sa profonde reconnaissance pour tous les services que M. Cauchy lui avait rendus; c vous avez bien raison, lui répondit-elle, et son affection pour

l'institut catholique. 3o3

f^ous est encore plus grande que vous ne pensez, car il y a telle circonstance où il a fait pour vous plus que ne ierait un père pour son fils. >

f Mais, quel que fût son dévouement pour la jeunesse» =2auchy comprenait que de^ efforts personnels étaient insuffisants. Son action, limitée à un cercle restreint de jeunes gens assez heureux pour approcher dé sa personne, n'atteignait pas la foule de ceux qui, moins bien partagés, ne rencontraient pas ailleurs un accueil aussi tmicah N'y avait-il rien à faire pour ces derniers? Ne serait-il pas possible de créer pour eux une sorte de patronage qui, généreusement offert et volontairement accepté, produirait les meilleurs résultats? Cette ques- .tion le préoccupait vivement, et il en avait cherché nombre de fois la solution, de concert avec plusieurs personnes distinguées comme lui par le talent et la piété. Telle est l'origine de l'utile établissement connu sous le nom à* Institut catholique ou de Cercle du Luxembourg^ qui, depuis un nombre d'années déjà considérable, rend d'immenses services à la jeunesse studieuse et chrétienne de la capitale. Nous allons essayer de faire connaître cette œuvre importante et de caractériser la part que Cauchy prit à son organisation.

On sait assez les dangers sans nombre auxquels sont exposés les jeunes gens qui viennent, chaque année, de la province à Paris, pour compléter les études d'où dépend leur avenir. Éloignés d'une famille au sein de laquelle ils avaient été jusqu'alors entourés de bons exemples, soutenus par de sages conseils, ils se voient tout à coup transportés dans un monde nouveau dont ils soupçonnent à peine les périls. Quelle sera leur défense en face de l'ennemi ? Qui pourrait dire les soucis des parents et souvent leur douleur en présence de ruines profondes.

aoS LA. VIE d'augustiit caucht.

rÉglise catholique, dont Tautorité se fonde sur la parole même de Dieu, et les mobiles croyances de ceux qui ont le malheur de prendre pour guide et pour appui les caprices fugitifs de la raison individuelle ou le flot inconstant des opinions humaines? L'exacte vérité n'estelle pas ce qui distingue la vraie et la fausse philosophie, l'histoire et le roman? N'est-elle pas ce que nous reche^ chons, ce que nous aimons à retrouver dans les plus belles productions de l'esprit humain» même dans la littérature, même dans la poésie ? Le choix du mot propre à exprimer nettement la pensée, la clarté du discours, la fidèle peinture du genre humain» ne sont-ils pas les éléments essentiels de la perfection à laquelle s'élèvent les vers de Racine? Les fictions mêmes, pour nous plaire, ne doivent-elles pas nous oiTrir une image sensible de la vérité? L'exactitude des descriptions, la reproduction fidèle des grands tableaux que nous offre la nature, n'est-elle pas ce qui nous charme dans Virgile ou dans Homère? Et sans l'exactitude, sans la candeur naive avec laquelle l'inimitable la Fontaine nous raconte, sous des noms supposés, notre propre histoire, ses fables auraient-elles pour nous tant d'attraits ? »

Si l'étude des sciences dessèche le cœur de certains hommes, la cause en est ailleurs, c L'homme, hélas! peut abuser de tout, il lui arrive trop souvent de tourner les dons de Dieu contre Dieu lui-même, les créatures contre le créateur; il peut abuser de l'analyse, delà physique, des sciences naturelles, comme il abuse de la création, comme il abuse de la raison, comme il abuse de la philosophie. Tout, dans le monde des âmes comme dans celui des corps, a été disposé, suivant la parole des livres saints, avec nombre, poids et mesure. Si Diea se retire, aussitôt ces caractères divins disparaissent et

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