‹ La vie et les travaux du Baron CauchyChapitre 5 sur 134 · INTRODUCTION . XV| I · texte numérisé non relu

INTRODUCTION . XV| I

l'auteur du Dictionnaire des athées prouva bien qu'il était inspiré, moins par une convidion sincère que par une vanité désordonnée et par la nnanie de faire parler de lui.

Mais laissons de côté ces tristes et rares exceptions, elles ne font que mieux ressortir toute la grandeur et la beauté du génie chrétien.

Un dernier caractère bien remarquable de la véritable science, c'est la simplicité et la modestie qui résultent d'un vif sentiment de la faiblesse et de la petitesse de

pouvez y compter, reprit M. Émery; comme prêtre, jo dois être disposié à me rendre auprès de tout homme qui réclame les secoufs de la religion; à plus forte raison, s'il s'agissait d'un homme qui serai f, comme yous, mon compatriofe, mon ami et mon parent. Mais, ajou(a-t-il, si je venais à apprendre que vous êfes malade et que vous ne pensassiez pas à me faire demander, me permettriez-vous d'aller vous rappeler 1rs sentiments que vous me témoignez aujourd'hui? — Oh! si le cas arrivait, répondit Lalande, vous me feriez plaisir d'en user de la sorte. »

Ce cas ne tarda pas, en efiet, à arriver. M. Émery, ayant appris que Lalande était en danger de mort, s'empressa do se rendre chez lui pour lui rappeler sa promesse; mais les amis du malade faisaient bonne garde autour de lui dans la crainte qu*il ne rétractât ses erreurs. Ils protestèrent donc que l'état de M. Lalande n'avait rien d'alarmant, qu'il était en ce moment très-accablé et que le médecin avait recommandé qu'il ne parlât à personne. M. Émery insista inutilement en se faisant connaître comme parent et ami de Lalande. Il ne put le voir ce jour-là et consentit, quoique avec beaucoup de regret, à différer sa visite au lendemain, comme on l'en priait. Mais le lendemain il apprit que Lalande était mort pendant la nuit. Profondément affligé de cette nouvelle, il se rendit au Collège de France pour témoigner sa peine à la nièce du défunt. Le regret qu'il ressentit de ce fâcheux accident fut encore augmenté, quelques jours après, par les détails qu'il apprit de la bouche do la servante qui avait soigné Lalande pendant sa dernière maladie. Celte femme, qu'il rencontra par hasard, lui dit avec une vive émotion : « Oh ! monsieur, combien mon cher maître vous a demandé pendant la nuit de sa mort! Il a prié et conjuré ces messieurs qui étaient là de permettre qu'on vousenvojât chercher, et il s'est rais en colère contre eux parce qu'ils lui refusaient cette consolation. Oh ! que de fois ce pauvre défunt vous a réclamé l » I. b

XVIII L\ VIE d' AUGUSTIN CAUCHY.

l'homme, en présence des merveilles de la création et des horizons immenses ouverts à son intelligence. Que sommes-nous en effet devant Dieu? et que sont à ses yeux les plus magnifiques découvertes ? Newton va nous le dire avec toute l'autorité de son nom et l'expérience de plus de soixante ans d'incessantes recherches. On le félicitait un jour au sujet de ses admirables ouvrages; il se contenta de répondre : < Je ne sais ce que le monde pensera de mes travaux; mais pour moi, il me semble que je n'ai été autre chose qu'un enfant, jouant sur le bord de la mer et trouvant; tantôt un caillou un peu plus poli, tantôt une coquille un peu plus agréablement variée, tandis que le grand océan delà vérité s'étendait inexploré devant moi. > Ainsi, celui que l'on regarde avec raison comme le plus grand des génies scientifiques, se compare à un enfant; ses magnifiques découvertes, objets de l'admiration du monde entier, ne sont pour lui que des grains de sable, comparées à l'immensité des choses qu'il ignore. Quelle leçon pour notre orgueil! et quelles devront être nos pensées, à nous, qui marchant de loin sur ses traces, nous estimons heureux quand, à force d'étude, nous avons pu le suivre dans ses hautes conceptions?

Pourquoi faut-il que ces vérités capitales soient si fréquemment oubliées et que tant d'âmes bien douées, que tant d'esprits distingués méconnaissent, à leur détriment, le secret de la véritable grandeur? On se prend souvent à déplorer une erreur si funeste et à verser des larmes amëres, en voyant des hommes appelés, parleurs talents, à être les modèles de leurs semblables, s'évanouir dans

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