L'ABUS DES MÉTAPHORES EN
aux fleurettes, » dès qu'ils plaisantent, dès qu’ils sourient, sont désarmés contre la métaphore et retombent dans leur ancien défaut.
Ces ridicules grandissent encore chez les précieux de second ordre. La fameuse Carte de Tendre n'est, suivant l’expression mèmede Mie deScudéry,quele développement galant d’une locution courante, « savoir la carte d'un pays!. » Somaize, à son tour, se fera « l’historiographe des Terres inconrues?, » prudemment laissées de côté par la bonne demoiselle, et le même procédé, manié par Sorel3,aboutiraencore àlaniaiserieetà la grossièreté pures. Sachons du moins gré à ce dernier de nous avoir donné une indication juste et originale; il a très bien senti que ce faux goût, auquel il sacrifiait comme tout le monde, n'était rien de nouveau, et que les précieux revenaient#, sans le savoir, à une ancienne mode.
Et en effet, ce mauvais goût si commun en 1659, la France et toutes les nations voisines l’avaient déjà connu
la lettre de M. de Coulanges à demi-payée ; mais qui nous paicra Île temps que nous passons ici sans vous? Cette perte est si grande que vous seule pouvez m'en récompenser, mais vous ne payez point ces sortes de dettes-là. J'en ai perdu bien d’autres et pour être ancien créancier, je n’en suis que plus exposé à de telles banqueroutes. »
(1) Clélie, tome I, livre 1, p. 392. — « Du moins, répliqua Herminius, ne serais-je pas marri de savoir combien il y a de Noxvelle Amitié à Tendre — À mon avis, reprit Aronce, peu dC £@nS SAVENT LA CARTE DE CE pays-LA » L'expression revient encore trois ou quatre fois avant la
description de la carte elle-même. — Comparez Sorel, Bibliothèque française de 1664, p.153, et Saint-Simon, cilé par Littré ‘« Madame des Ursins savair LA carTe de la cour,» — On dit encore aujourd'hui: