‹ La Vie et les Œuvres de Charles Sorel Sieur de SovignyChapitre 127 sur 176 · NULLITÉ DES TRAITÉS HISTORIQUES DE SOREL · texte numérisé non relu

NULLITÉ DES TRAITÉS HISTORIQUES DE SOREL

clefs du château ; il est obligé d’y entrer par effraction, comme un malfaiteur!.

Ces missions, souvent périlleuses, n'étaient pas du goût de Sorel. [alléguait sans doute son rang, ses prérogatives et l’ancienneté de sa charge : le premier historiographe, de France doit rester à Paris, voir les choses de haut et de loin; mais qu’on lui demande des pièces d’éloquence, ilen fera tant qu'on voudra. En 1642, quand les armées françaises envahissent les Flandres et la Catalogne, il appelle les peuples à la délivrance, il fulmine contre les exactions des Espagnols, dans un livre qu'un deses amis comparait trop complaisamment aux Verrines. En 1662, Sorel défend encore l'établissement du canal de Riquet par toutes sortes de raisons divines et humaines ; il ne faisait que recopier textuellementun vieux traité, consacré par son oncle au canal du Charolais; mais qui pouvait s’en douter? En 1666, pour soutenir la préséance de Louis XIV sur les rois d'Angleterre etd’Espagne, ilremonteau déluge, comme ses confrères; aucune fable ne lui semble plus trop absurde. En même temps il rappelle les droits du roi de France, légitime héritier de Charlemagne, sur la Lorraine et même sur l’Empire, et il menace l'Empereur d’une nouvelle ligue du Rhin. Tous ces traités firent grand bruit en Allemagne?, et y provoquèrent de véhémentes réfutations ; ils se vendirent même très bien à Paris, si l’on en croit la Lettre de Mayolas, du 22 août 1666 :

(1) Mémoires de Mathieu Molé, Société de l'Histoire de France,tomel, p. 267, Année 1622.

(2) Tous ces traités sont londéssur le système des colonies gauloises qui excitait à ce moment même une controverse interminable en Allemagne. Voir les OEuvres d’Auguslin Thierry, librairie Garnier, tome IT, p. 47.

Un auteur illustre et fameux

De qui l'esprit est merveilleux, Plein de savoir et d’éloquence, Dont nous avons la connaissance Par la docte variété,

Agrément, force et netteté

De ses livres scientifiques, Philosophiques, historiques, Monsieur Sorel, sans le nommer, Qu'on doit justement estimer.

A mis depuis peu en lumière

Un ouvrage dont la matière

Et le titre contient en soi

La préséance de son roi

Sur tous les monarques du monde, Tant de la terre que de l’onde, Au Palais, ce livre est vendu, Et tous ceux qui l’ont déjà lu, En louent avec avantage

Le dessein, l’ordre et le langage.

Tous, c'était beaucoup dire, car l'ami de Colbert, Dionys de Sallo critiquait durement ce traité dans le Journal des Savants!, et Sorel lui-même l’estimait à son prix, il n’en était pas dupe.

Il avait courbé la tête ; il n'avait pas brûlé ce qu’il avait adoré, ni réciproquement. Mézeray?, qui appréciait l’érudition chez les autres, estimait le talent de Sorel et échangeait avec lui ses ouvrages ; lerude écrivain n'aurait

(1) Supplément du Journal des Savants, 5 Janvier 1665. p.124.

(2) Nous avons vu un exemplaire de la Maison de Jeux de Sorel, éd. de 1657, portant cette note écrite de la main de Mézeray: « Don de l’auteur, esprit très ingénieux et très sain, »

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