‹ La Vie et les Œuvres de Charles Sorel Sieur de SovignyChapitre 130 sur 176 · LA DISGRACE DE SOREL DO · texte numérisé non relu

LA DISGRACE DE SOREL DO

ses réclamations ne servirent qu'à le rendre ridicule. Presque au même temps, sa fortune personnelle, déjà très amoindrie, était gravement compromise par le retranchement des rentes de l'Hôtel-de-Ville et par diverses pertes d'argent. Son beau-frère Parmentier et lui, furent obligés de vendre leur maison de la rue Saint-Germainl’'Auxerrois et d'aller demander l'hospitalité à leur gendre et neveu, Simon de Riencourt. C’est dans la maison de ce neveu, rue des Bourdonnois, que Sorel passa ses dernières années, occupé à d'obscurs travaux de librairie, et complètement oublié. Un instant seulement, une sotte querelle que lui chercha son ancien ami Furetière, vint faire autour de lui un bruit, dont il se serait bien passé.

Sorel polygraphe. — Sa querelle avec Furetière. — Le cercle de Guy Patin. — Les derniers amis et les derniers livres de Sorel. — Variété de leurs sujets, et services qu'ils peuvent rendre. — 40 Les traités de bibliographie et les mémoires manuscrits de Sorel. — Anecdotes sur le théâtre qui sont sorties de ces manuscrits perdus. — Sorel auteur probable du Jugement du Cid, composé par un bourgeois de Paris, marguillier de sa paroîsse. — Le Cid et l’Amour tyrannique. — Les dates du Polyeucte, Au Menteur et de la Suite du Menteur. — Sorel combat la règle des trois unités et finit par attaquer les tragédies de Corneille. — Ses préférences pour la comédie et ses opinions comparées à celles de Molière. — Ce qu’il dit de Molière. — 20 Les ouvrages de pédagogie et de sciences. — La Science universelle et le Traité de la perfection de l’homme. — Une préface de Sorel comparte à la préface du Traité du vide de Pascal. — La comparaison du Ciron chez Pascal, chez Cyrano de Bergerac et chez Sorel. — Les emprunts de Cyrano de Bergerac à Sorel. — 39 Les ouvrages de morale. — Les emprunts de La Bruyère à Sorel. — Les dernières annces de Sorel. — Conclusion.

Une des tristesses de l’homme qui compte beaucoup d'années, c’est de perdre peu à peu tous ses amis, les uns séparés de lui par la mort, les autres par leur faute. Nul doute que Sorel n’ait cruellement ressenti les injures et la haine tardive de Furetière. C’étaient deux esprits de la même famille que ces deux bourgeois du vieux Paris, si bien faits pour s’entendre, et qui s’étaiententendus pendant des années. Tousdeux grandsliseurs et grands travailleurs,

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