‹ La Vie et les Œuvres de Charles Sorel Sieur de SovignyChapitre 21 sur 176 · LES PREMIERS CERCLES DU XVI SIÈCLE · texte numérisé non relu

LES PREMIERS CERCLES DU XVI SIÈCLE

des grands romans et des conversations galantes. S'il se heurte alors à quelque grand seigneur impertinent, si son amour-propre froissé le rappelle au sentiment de sa condition, il se dédommage par la raillerie et la colère. Ces sentiments vont dominer dans |’ Histoire comique de Francion, qui n’est point l’œuvre d’un satirique de cabinet, mais le récit d’un témoin.

L'Histoire comique de Francion, ou le roman de Gil-Blas en 1623. — Les diverses éditions du Francion. — Dans quelles circonstances Sorel a écrit ce livre: son but, et ses modèles. — Sorel imite les romanciers picaresques, les conteurs français et les farceurs du Pont-Neuf. — La littérature et la langue populaires dans le Francion. -— Les souvenirs personnels de l’auteur. — Originalité du roman. — La peinture des mœurs ; les nobles, les bourgeois, les gens de lettres. — La querelle de Sorel et de Balzac. — Les défauts et les qualités du roman.

Les imitateurs de Sorel. — Les emprunts de Furetière à Sorel. — Les emprunts de Molière pour Sganarelle et pour lPAvare. — Les emprunts de Chappuzeau et la date des Précieuses ridicules. — Sorel se prépare à continuer sa Campagne contre les romans romanesques.

Jusqu'ici Sorel n’a fait qu'essayer ses forces; il aborde maintenant une œuvre de plus longue haleine, l'Histoire comique de Francion, le plus connu de ses romans. Le Francionobtintun succès retentissant,et cependantSorel en répudia toujours la paternité; jamais il ne voulut le reconnaitre comme sien, ni le signer de son nom. Pourquoi? Était-ce la crainte de ses ennemis qui le retenait ?

tougissait-il de son œuvre et la jugeait-il lui-même trop grossière ? Sans doute il a connu ces scrupules, mais il obéissait aussi à son esprit ordinaire de dissimulation, il comptait sur le mystère pour exciter la curiosité des lecteurs, et il y réussit,

En moins de dix ans, le Francion, bien qu’inachevé, eut quinze éditions, toutes anonymes. Les badauds ne cessérent pas de réclamer le nom de l’auteur et la conclusion

Page 1