‹ La vie et les œuvres de Du BartasChapitre 12 sur 52 · LE SUJET ET LA COMPOSITION; L'INVENTION DANS DU BARTAS · texte numérisé non relu

LE SUJET ET LA COMPOSITION; L'INVENTION DANS DU BARTAS

L'Uranie, le Triomphe de la Foi et les Neuf Muses Pyrénées. — La Judith: 1e choix du sujet s'explique par les persécutions que le protestantisme avait alors à subir; analyse et appréciation du poème. — La Première Semaine: date de sa publication. — Les devanciers de du Bartas. — Georges Pisidas : analyse de l’Hexahéméron ; du Bartas ne doit à Pisidas que la première idée de sa Création et quelques détails fort peu importants. — Maurice Scève etle Microcosme. — Dans le sujet de sa première Semaine, du Bartas trouve de quoi satisfaire aux aspirations religieuses de son âme et déployer la magnificence de son génie; c’est d’ailleurs un thème encyclopédique où son érudition peut se donner pleine carrière. — Plan du poème. — L'invention, chez du Bartas, au sens le plus élevé du mot, est à peu près nulle, comme d’ailleurs chez la plupart de ses contemporains; mais la Première Semaine est animée tout entière d’un souffle puissant et marquée d’un caractère bien personnel. — La Seconde Semaine: brève analyse; quelle devait être la matière des derniers jours. — La composition du poème ne mérite pas les critiques dont elle a été l’objet; mais il n’est trop souvent qu'une compilation rimée. — Prolixité du poète ; il ne sait pas se borner. — La Lépanthe: simple traduction. — Le Cantique d’'Ivry : il clôt noblement la carrière de du Bartas.

Dans sa Defence et illustration de la langue française, J. du Bellay fait d'avance appel au poète prédestiné qui consacrera par une grande œuvre la réforme dont lui-même donne le signal. Il sera « doué d’une excellente félicité de nature, instruit de tous bons arts et sciences, principalement naturelles et mathématiques, versé en tous genres de bons auteurs grecs et latins, non ignorant des parties et offices de la vie humaine, non de trop haute condition ou appelé au régime public, non aussi abject et pauvre, non troublé d’afflictions domestiques, mais en repos et tranquillité d'esprit, acquise premièrement par la magnanimité de son courage, puis entretenue par sa prudence et sage gouvernement » (1). Lorsque du Bartas fit paraitre ses œuvres, il y avait déjà une vingtaine d'années

(1) Chap. V. Du long poème françois.

et plus que du Bellay avait écrit ces lignes, et, malgré tant de productions aimables et gracieuses dont la Renaissance avait enrichi la poésie française, le poète qu'un de ses chefs évoquait n'avait pas encore paru. Nous trouvons peut-être en du Bartas ce poète doué d’une heureuse nature, instruit, de condition moyenne ; et, si l’auz teur des Semaines jouit rarement de cette tranquillité d’esprit que lui souhaite du Bellay, il peut du moins goûter quelquefois dans son château, où il se retire aussi souvent que possible, le repos et le calme nécessaires aux œuvres de longue haleine. Sans doute, on ne saurait dire que du Bartas ait été près d’ « égaler » (1) la poésie française à celle de l'antiquité; mais, quelles que soient ses imperfections, il est encore celui de tous les poètes du XVI siècle auquel peut le mieux s’adresser l'appel de Joachim du Bellay. C’est ce que nous essaierons de montrer, quand nous aurons jeté un coup d’œil sur les poèmes qu'il nous a laissés, et dont il nous faut tout d’abord donner une brève analyse.

L'Uranie, qui nous a déjà fait apprécier chez lui l'élévation du caractère moral et la pureté de l'inspiration, nous donnerait de son talent poétique une idée peu avantageuse; hors quelques beaux vers, c'est un poème faible, diffus, et prolixe dans sa brièveté. Il ne faudrait pas non plus juger du Bartas par le Triomphe de la Foy (2), qui est peut-être inférieur encore à l'Uranie. Dans le premier chant, il décrit le char triomphal, auquel il enchaîne la Raison et qu'il fait précéder des tyrans et des persécuteurs de l'Église. Dans le deuxième, nous voyons passer captifs les ennemis de la Foi, anciens sages, philosophes, rabbins, hérétiques. Le troisième nous montre les champions de l'Évangile, et le quatrième, suivant les termes de l'argument (3), « représente certaines notables victoires de la Foi, tendant à établir qu’elle surmonte tous ses ennemis ». Chacun de ces chants est très bref; le poète n’a guère le temps que d’énumérer, en passant rapidement, les adversaires et les défenseurs de l'Église ;

(1) C’est l’horoscope de la Defence.

(2) Nous nous contentons de mentionner ici le dialogue en trois langues (française, latine, gasconne), que trois jeunes filles récitèrent devant Marguerite de Navarre, à son arrivée dans Nérac. La muse gasconne, représentée par une demoiselle Sauvage, devait naturellement triompher : Marguerite détacha de son cou un mouchoir de gaze et le donna à la jeune fille. (V. Villeneuve-Bargemont. Notice sur Nérac, p.18.)

(3) Edit. de 1611.

c’est un catalogue sec et froid ; du Bartas l'a bien senti lui-même, et dans sa préface il va jusqu’à prononcer le mot d’ « ennuyeux ». Le seul passage remarquable est celui dans lequel il fait un retour sur son siècle, et, dépeignant avec vigueur les misères d’un temps impie, se console cependant par l'espérance d’un triomphe définitif pour la Foi.

Nous ne dirons rien des Muses Pyrénées ; dans ces neuf sonnets où du Bartas présente les Muses à Henri de Navarre, nous ne trouvons à noter qu’une belle comparaison entre les monts Pyrénées et le géant Briarée (1). Les huit autres pièces sont faibles et ne méritent pas de nous arrêter.

Le premier poème d’une étendue considérable que composa du Bartas, c'est sa Judith. Bien que le poète soit surtout connu par la Création, le seul peut-être de ses ouvrages qui n’est pas entièrement tombé dans l'oubli, nous ne devons pas laisser passer la Judith sans lui attribuer la place qu’elle mérite dans l’œuvre de son auteur. Il la publia à Bordeaux en 1573. Ce poème lui avait été commandé par « feue tres illustre et tres vertueuse Princesse, Jeanne, reine de Navarre », Jeanne d’Albret : les troubles du royaume, à cette époque et les persécutions dont le protestantisme avait à souffrir expliquent suffisamment le choix du sujet. Dans sa préface, le poète réclame l’indulgence, comme « estant le premier de la France qui, par un juste poème, ait traitté en nostre langue des choses sacrées ». Ajoutons que, la Judith ayant été composée, du moins en grande partie, longtemps avant sa publication, cette tentative épique doit être considérée comme la première au XVIe siècle.

Du Bartas accuse la stérilité du sujet qui lui avait été imposé. Mais on peut lui adresser le reproche d’en avoir tiré six chants ; il y a dans le poème des digressions fréquentes et beaucoup trop longues, des épisodes rattachés artificiellement au récit, des développements tout factices ; d’ailleurs, l’on y rencontre aussi tant de passages re-

(1) . . . Passant, ce que tu vois n’est pas une montagne, C’est un grand Briarée, un géant haut monté, Qui garde ce passage, et défend indomté De l'Espagne la France, et de France l'Espagne. Il tend à l’une l’un, à l’autre l’autre bras, 11 porte sur son chef l’antique faix d'Atlas, Dans deux contraires mers il pose ses deux plantes ; Les espaisses forests sont ses cheveux espais, Les rochers sont ses os, les rivières bruyantes L’éternelle sueur que lui cause ce faix.

NT Ce marquables, qu’il est permis de s'étonner comment, malgré de telles œuvres, nous devrons attendre encore pendant plus d’un demi-siècle la floraison de notre poésie classique.

Après un exorde bref et simple, suivi d’une invocation à Dieu, le poète peint Holopherne envahissant la Judée et les Hébreux fuyant devant son approche. Le grand prêtre Joachim convoque à Solyme le peuple d'Israël et adresse au ciel une éloquente prière.que déparent seulement quelques termes surannés (1). « L'office estant finy », il rassemble les principaux chefs de la Judée et les exhorte à sauver leur patrie. Dans sa préface, du Bartas nous dit qu'il a imité Homère et Virgile ; c’est en effet à leur exemple qu’il nous introduit dans les assemblées des chefs, et nous fait entendre les discours qui y sont : prononcés ; quelques-unes de ces harangues sont assez belles pour que le souvenir de l’Iliade et de l'Enéide ne leur fasse pas trop grand tort. Telle est celle du chef Cambris qui, dans un langage plein de véhémence, repousse le conseil d’un «traistre vieillard » invitant les Israélites à se soumettre.

Plus tost, Ô juste ciel, lance sur moi ce foudre Dont tu mis courroucé jadis Sodome en poudre, Que, sous un voile sainct ma malice cachant,

Je donne aux fils d’'Isac un conseil si méchant!

Il faudrait citer le discours entier. Il y a là, toutes proportions gar-

(1) Évoque donc, à Dieu, nostre procez peu seur Du siège de justice au throne de douceur, Absous-nous de tout crime, et loin, loin de nos testes, Escarte, Ô Père sainct, les prochaines tempestes. Hélas ! que nous sert-il que ta robuste main Ait allégé nos corps de ce joug inhumain Dont les tyrans d'Assur ont grevé mainte année Sur les Tygrides bords l’Isacide lignée, S’il faut que ces beaux champs de nouveau cultivez, S'il faut que ces hostels freschement relevez, S’il faut, Ô grand douleur ! que nos femmes plus belles, Que nos tendres enfants, que nos chastes pucelles, Soyent la solde d’Ammon et le riche butin Du Perse, du Chaldée et du Parthe mutin, Et s’il faut qu’en nos jours dessus ces autels tombe A l'honneur d’un faux dieu maint souëf hécatombe ?.… Destourne, Ô Tout-Puissant, les Chaldaïques torches De ces voûtes de cèdre et de ces riches porches, Préserve ces plats d'or, ces cuivres, ces bassins, Des sacrilèges doigts de nos cruels voisins, Et que la mort des boucs bruslez devant ta face A ton sainct jugement pour Isac satisfasse !

Lu QU dées, comme un accent cornélien ; c’est le même souffle puissant, la même vigueur que nous admirons dans le grand Corneille; et, si le poète du XVI° siècle n’est pas assez sobre, on trouve chez lui un éclat, une richesse de couleurs que la langue du XVII: siècle ne connaissait plus, et qui d’ailleurs conviendraient moins à la tragédie qu’à l’épopée.

Cependant; après le discours de Cambris, la guerre est décidée, et du Bartas termine le premier chant en nous décrivant les préparatifs avec une abondance d'images, un luxe de comparaisons qui gagneraient à se ménager un peu plus. Le poète, malheureusement, ne sait pas toujours se borner.

Dans le deuxième chant, Holopherne, étonné que les Hébreux se préparent à lui résister, demande quel est ce peuple assez téméraire pour oser défendre contre lui son indépendance. C’est un artifice du poète pour faire ainsi raconter, par le chef d’Ammon, l’histoire des Juifs depuis Jacob. Il est difficile de ne pas rappeler à ce propos la belle scène des Perses d'Eschyle (1) où Atossa demande ce que sont les Grecs. Mais ici, du Bartas profite d’un détour ingénieux pour mettre dans la bouche de l’Ammonite une fastidieuse et peu vraisemblable narration, qui semble la grossière ébauche de la seconde Semaine. Trop long pour la situation, trop court pour intéresser le lecteur, cet épisode n’est pas cependant dépourvu de mouvement et de couleur. Le chef d’Ammon est, quoique païen, inspiré par l'esprit de Dieu; aussi l’auteur de Judilh peut-il parler lui-même par sa bouche, et c’est bien du Bartas que nous entendons partout où des mouvements animent le récit, dans ces apostrophes que le poète adresse à Pharaon pour maudire sa cruauté, à Moïse pour célébrer le miracle par lequel il a été sauvé, au peuple juif pour l’exhorter à servir toujours le vrai Dieu.

Le livre troisième commence par une description de l’armée ennemie ; du Bartas nous peint tour à tour le Perse, qui

Fait les escailles d’or de ses armes roluire,

les «chefs crestez » des Arméniens, les peuples qui, «sur des civières »,

Promènent leurs maisons couvertes de fougères.

(1) Vers 235 et suivants.

(ee Quand il en vient aux Ephraïmites, traîtres à leurs frères, il s'élève dans une digression éloquente contre les hypocrites de son temps. — Les préparatifs du siège de Béthulie sont ensuite décrits. Du Bartas nous introduit, suivant son habitude, au conseil des chefs infidèles. On y décide d'occuper la source qui fournit leur eau aux Hébreux. Dans la peinture vive et saisissante du combat qui se livre à l’entour, nous remarquons surtout les portraits de Cambris et de Carmis, défenseurs de la ville (1). On croirait voir deux des chefs qu'Eschyle peint avec tant d'éclat et de vigueur en sa Thébaïde. Bientôt, quand le poète décrit les souffrances qu'éprouvent les Juifs, réduits à la plus affreuse disette, certains traits énergiques nous font songer à Lucrèce (2). — Osias, contraint par les murmures du peuple, promet- de livrer la ville dans cinq jours, si Dieu ne le secourt pas auparavant. C’est alors seulement que parait Judith ; le poète nous la montre lisant les Saintes-Écritures, .y trouvant l'exemple d'Ahod et celui de Jahel, et prenant la résolution de les

imiter. Elle reproche aux chefs d’avoir voulu limiter la puissance de Dieu

Qui peut tout ce qu’il veut, qui veut tout ce qu'il doit,

et elle annonce, sans s'expliquer autrement, l'intention de pénétrer dans le camp des infidèles pour « désassiéger » la ville.

Le livre suivant s'ouvre par une prière de Judith. Le poète nous la fait voir ensuite parée de tous ses atours ; quoique nous soyons en Orient, la toilette de son héroïne ne laisse pas de paraitre un peu chargée ; il insiste trop sur le muse et l’ambre gris, qui

Laissent d’elle longtemps une odorante trace.

D'ailleurs, ajoute-t-il avec quelque naïveté, elle « avait emprunté

(UN) ar RE En leurs dextres ils tiennent Pour deux lances, deux mats ; ils ont au col pendus Deux grands boucliers d'acier; leurs corps sont défendus Non par deux haubergeons, ainçois par deux enclumes, Et sur leurs morions ondoient deux grandes plumes. 11s sont esgaux en aage, ils sont esgaux en Cœur, Et leurs corps sont esgaux en force et en grandeur; Tels que deux verds peupliers qui bessons dans les nues Cachent esgalement leurs testes non tonducs Sur les rives d’un fleuve, et, secouez du vent, Comme frères germains s’entrechoquent souvent.

(2) Livre VI. Peste d’Atnènes.:

Cr

LG 6e ses habits en partie des dames de haut lieu. » Cependant Achior, en la voyant passer, s’informe d’elle auprès de Carmis. C’est encore là un expédient du poète, grâce auquel il nous fait raconter l’enfance de Judith, et nous apprend de quelle façon elle fut élevée par son père, le « prudent » Mérari, comment elle épousa Manassé, en quelle union de cœur vécurent les deux époux, et quelle inconsolable douleur lui causa la mort prématurée de son mari. La plus grande partie du livre est consacrée à ce récit beaucoup trop long, bien qu'il soit dans les traditions de l'épopée. Une grande élévation y règne d'’ailleurs, et, dans le portrait de Manassé, dans le tableau de son existence heureuse et tranquille, du Bartas semble préluder au beau morceau sur la retraite et la vie des champs qui termine la troisième journée de la première Semaine.

Cependant Judith entre dans le camp ennemi; on la mène au « Duc: » c'est une occasion pour le poète de nous tracer d'elle un portrait emphatique et affecté, où le faux goût du temps se mêle aux souvenirs bibliques. Bin accueillie par Holopherne, elle se retire en un « valon obscur », et là, elle adresse au ciel une fervente prière qui termine le quatrième livre.

Dans le cinquième, du Bartas nous montre Holopherne en proie à l'amour que lui a inspiré Judith, et qui lui « navre le sein d’une incufable playe.» Le chef syrien exhale ses plaintes dans un assez beau monologue que tachent bien des traits de mauvais goût, et ordonne à son confident, l’eunuque Bagos, d’aller trouver la veuve Juive. Le poète saisit en passant l’occasion qui lui est offerte d’une violente invective contre les Bagos de son temps : aucune Muse ne l'inspire mieux que celle de l’indignation. Cependant, Judith, amenée devant Holopherne, l’abuse par maints détours en attendant le moment propice à ses desseins ; le Syrien vantard, dans un long discours, raconte avec complaisance tous ses exploits; cette fin du cinquième livre est froide et peu intéressante.

Le sixième s'ouvre par le festin auquel Holopherne a invité Judith. Le poète en profite pour s’élever contre les « gosiers affamés » dont la voracité dépeuple l’air et

Souille le sacré sein de la bleüe Thétis.

Il ne faut voir là qu'une déclamation d'école : le thème en a été rebattu par Sénèque et par Juvénal. — Cependant Judith laisse Ho-

EN

lopkerne se coucher, étourdi par le vin qu'il a bu. Nous pouvons omettre les détails d’un passage où le poète nous le montre « se déboutonnant et tirant ses bas. » Pendant qu'il dort, au moment où elle va faire le coup, Judith éprouve des scrupules et des hésitations qui ne lui étaient pas venus naguère : c’est là une vue profonde du cœur humain; les plus résolus avant l’action se sentent le cœur faillir à l'instant suprême. — Nous trouvons ici un des plus beaux morceaux du poème. La lutte qui se livre dans l'âme de Judith est éminemment dramatique; c’est à l'avance une de ces scènes fameuses de notre tragédie classique, qui repose tout entière sur les combats intérieurs. Dans ce dialogue à un personnage, les objections et les répliques se croisent avec une rapidité, une vigueur incomparables ; il faut aller jusqu'à Corneille pour trouver quelque chose d’analogue, ou, si l’on veut, remonter jusqu'à Sénèque, un des maitres de Corneille comme de notre poète :

Las! pour faire un tel coup ton bras a peu de force. — Allez! fort est celuy que l'Éternel renforce. — Mais, ayant fait le coup, qui te guarantira? — Dieu m’a conduite icy, Dieu me ramènera.

— Et si ton Dieu te livre ès mains des infidèles ? — Mort le Duc, je ne crains les morts les plus cruelles. — Mais quoi”? tu souleras leur impudicité.

— Mon corps peut être à eux, mais non ma volonté.

Après avoir triomphé de ses hésitations, Judith puise dans une prière la force d'accomplir son dessein, et elle tue Holopherne :

L'âme fuit en Enfer, le corps chet bas du lict, Et la teste demeure en la main de Judith.

L'héroïne revient alors au milieu des siens. Le puète rend gloire à Dieu en son propre nom : puissent les princes de son temps ne plus arroser la province d’un sang fidèle, mais tourner leurs armes contre les païens! — Cependant, les ennemis des Juifs s’enfuient en désordre; le corps d'Holopherne est reconnu parmi les morts. Du Bartas peint d’une façon saisissante la fureur des Hébreux qui déchirent le cadavre de leur ennemi :

Il n’y a dans Jacob si malotru coquin Qui de sa chair ne veuille avoir quelque lopin.

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