USAGE DES ADVERBES
AILLEURS. — Est mis quelquefois pour à autre chose. Ex. : Mon âme ailleurs ne songe (II, Troph.). Cf. Corneille : Ainsi j'aspire ailleurs (lus. 195). Ni d’être ailleurs sensible (Veuve, 334). Racine dit, en faisant d’ailleurs un emploi analogue: Son âme ailleurs éprise (Andr. 549).
ARRIÈRE. — Suivant l’usage du XVI siècle, est mis pour en arrière. Ex. : Tout ainsi que l'ombre tourne arrière (Il, Déc.).
AVANT. — Est fréquemment employé dans les locutions aralogues aux suivantes : Du haut tillac avant dans la mer on le pousse (Jonas). Le pilote Pense du pôle avant voir l'enfer (Ibid.).
Ça. — Est mis pour ici. Ex. : Ça bas — ici-bas (passim.).
DEvanT. — Est employé d'une manière absolue comme adverbe. Ex. : Cequ'il a devant (11, Ed.). Les siècles de devant (IL, Col.). Cf. : Je suis gros Jean comme devant (Lafont. Fab. VII, 10). Tout ce qui est arrivé devant ou après (Bossuet, Hist., Dessein général).
Donr. — Se met pour d’où. Ex.'": Rentre dont il sort (II, Imp.).
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L'étymologie autorise ce sens. Vaugelas (II, 31) dit que c’est très mal parler; mais les meilleurs écrivains ne se conforment pas à la règle qu'il donne. Cf. Racine : Rentre dans le néant dont je t'ai fait sortir (Baj. II, 1). Voltaire : Abimes redoutés dont Ninus est sorti (Sémir, V, 5).
Du tour. — A le sens de entièrement quand il n’est pas joint à une négation. Ex. : Quitte du tout la place (II, Voc.). Cf. Malherbe : Ils vont du tout finir (VI, 6); Bossuet : Cela est du tout admirable (3° Serm. pour la Purific.).
ENCORE, — Pour encore équivaut à encore alors, pour lors. Ex.: Nos ayeux pour encor suyvent plus le désir Des affamez boyaux que du goust le plaisir (II, Artif.).
Jamais. — Nostre aïeul n’eust jamais passé le sacré seuil... que la voix éternelle Jà tonnante adjourna... (II, Fur.) — sitôt que notre aïeul, etc.
Mais. — Entre dans la locution à toujours mais. Ex. : A toujours mais reluise (II, Schis.). Rendre à toujours mais plus honteux nostre sault (II, Déc.).
Môme. — Du Bartas met un s à méme dans des cas où il n’en prend point aujourd'hui. Ex. : Soy-mesmes il se tue (IT, Troph.}. Et toy-mesmes encor (Ibid.). Cf. Corneille : Les blasphèmes Qu'ils ont vomis tous deux contre Jupiter mêmes ; Boileau : Que si mesmes un jour.
Ou. — S’emploie souvent pour dans lequel. Ex. : Bethsabée où toujours paisible avait logé l'honneur. Cet emploi de où est si fréquentau XVII siécle qu’il est inutile d’en citer des exemples.
Possigce. — Est mis pour peut étre. Ex. : Me diras-tu possible (II, Ciss). « Ceux qui veulent écrire poliment, dit Vaugelas (I, 248) ne feront pas mal de s’en abstenir ». Toutefois La Fontaine a dit encore : Ne tardera possible guère; Et Molière : Son heure doit venir et c’est à vous possible Qu’est réservé l'honneur de la rendre
sensible (Princ. d’EL. I, 4).
= TanDis. — A le sens de pendant ce temps. Ex. : Tandis la sainte nef navigeoit (I, 2). Vaugelas (I, 141) condamne cet emploi de tandis. On le retrouve cependant chez La Fontaine et Corneille. Ex. : Tandis permettez-moi de vous entretenir. (Théod., 354).
TANT. — Devant un adjectif ou un adverbe s'emploie pour si. Ex. : Tant bien l'ouvrier subtil Répare les défauts d’un imparfait